Return to LIBRARY OF MARINE BIOLOGICflL LABORflTORY WOODS HOLE, MASS. LoANED BY American Muséum of Natural History I B R A R V , .A.3SriT-A.LES DS LA SOCIÉTÉ EOYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE ANNALES DE LA DB BELŒIQ'U'E TOME XVIII (TROISIÈME SÉRIE, TOME III) ANNEE 1883 BRUXELLES p. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 45, RUE OU PO INÇON, 45 ^ 5^3 i IDESOmi^TIOIST D UNE NOUVELLE HUITRE WEMMELIENNE SUIVIE D'ON COUP D'ŒIL SUR LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DE LA COLLINE ST-PIERRE ET SUR LES ALLUYIONS QUI FORMENT LE SUBSTRATUM DE LA VILLE DE GAND E!. 33 E: L- 'V -A. XJ SL (PLAN'CHES I-Il) — SEANCE DU 5 AOUT 1883 - Nous avons l'honneur de mettre sous les yeux de la Société une nouvelle huître wemmelienne, qui rappelle par ses dimensions extraor- dinaires 1 celle que nos confrères ont admirée à Boom, en 1881, lors de l'excursion annuelle. Malgré certaines analogies qui, à première vue, semblent autoriser l'identification de cet ostracé avec Ostrea giganteci^ un examen attentif de notre exemplaire nous a permis de constater des différences assez nom- breuses, affectant les caractères essentiels et la structure celluleuse inter- lamellaire, qui nous engagent à en faire une espèce nouvelle. On sait combien les espèces de ce genre sont difficiles à distinguer, et surtout à caractériser; nous donnons plus loin, sous le nom dJOstrea hlandiniensis , une description provisoire de la nôtre, nous réservant d'y apporter dans la suite les rectifications qui pourraient nous être suggérées par des confrères plus versés que nous dans ces études spéciales. La pièce soumise à l'examen de la Société a été recueillie par nous à la colline de Gand, dans une des nombreuses tranchées pratiquées pour l'établissement des fondations du bâtiment de l'Université. D'autres exem- > Envu'on 51 centimètres de circouférence. 2 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE plaires (quatre ou cinq en tout, croyons-nous), ont été trouvés au même niveau, mais dans des conditions de conservation et de taille bien infé- rieures à celles de l'hiiitre que nous exposons. Nous n'avons pu acquérir ces dernières : elles sont destinées à faire partie des collections de l'Uni- versité. Nous avons fait reproduire, au moyen de la photographie, notre nou- velle espèce ; les épreuves que nous mettons sous les yeux de nos confrères, nous les offrons à la Société. Les numéros 1 et 2 montrent les deux faces de chaque valve et le crochet avec sa dépression ; les numéros 3 et 4 donnent une idée du tissu celluleux interlamellaire. Ostrea blandiniensis, E. Delvaux. Planches I-II. Description générale. — Coquille irrégulière, inéquivalve, inéquila- térale, grossièrement feuilletée, fixe ; à sommet central, cavité ligamen- taire triangulaire, charnière sans dents ; structure subuacrée, avec substance cellulaire irrégulièrement prismatique. Valve gauche. — Globuleuse, très épaisse vers le sommet, s'amincissant et devenant translucide vers les bords. La face externe est irrégulièrement convexe, à sommet central déve- loppé en forme de talon ; la proéminence est creusée d'un sillon rectiligne, . long de 50 millimètres, large de 10 et profond de 7, paraissant moulé sur un corps cylindrique, auquel la valve était fixée.Extrémité antérieure largement plissée; bord cardinal droit, avec fossette centrale triangulaire pour l'insertion du cartilage. Les bords inférieurs lisses, minces, translu- cides, presque tranchants, à peine émoussés. Surface calleuse, foliacée, à larges lamelles imbriquées, couverte de quelques rares parasites. Substance interlamellaire subnacrée, à structure celluleuse, prisma- tique, formée de cellules de carbonate de chaux translucide gros- sièrement hexagonales. Vides et à tissu lâche au centre, plus petites, plus serrées et remplies de substance calcaire vers la périphérie, toutes ces cellules forment des couches concentriques d'inégale épaisseur, nettement délimitées par des lames de tissu écailleux subnacré. La face interne est lisse, nacrée, à charnière édentule ; impressions d'attache ligamentaire antérieure et postérieure rugueuses, sillonnées de stries ou cannelures saillantes, irrégulières, revêtues d'un léger dépôt limoniteux; ligament subintérieur de moyenne longueur, inséré dans une fossette cardinale oblongue, composé de fibres ou filaments cylin- MÉMOIRES 3 driques encore élastiques, fins, soyeux, à reflets brillants, irisés; les extrémités s'épanouissent largement aux points d'insertion, qui offrent des surfaces rugueuses très développées. Vahe droite. — Plate, operculiforme, plus petite que la valve gauche; épaisseur faible aux environs de la charnière, moyenne au centre et vers le muscle adducteur, très considérable vers les bords opposés. La face externe, largement plissée par des ondulations concentriques enveloppant un renflement rectiligne perpendiculaire au bord cardinal ; surface calleuse, bord épais, lisse, subarrondi, usé vers la partie exté- rieure périphérique. La face interne lisse, sauf aux points ou surfaces d'insertion ligamen- taire, où elle est sillonnée de stries ondulées, profondes, sensiblement parallèles entre elles et colorées par un enduit limoniteux qui apparaît aux mêmes endroits sur l'autre valve. Organisme. — L'animal, dont la matière organique se trouve trans- formée, par épigénie, en une masse limoniteuse à tissu grossièrement bulleux, scoriacé, celluleux, présente la forme extérieure mamelonnée qui caractérise les nodules de la Delvaiicciie \ Les restes du ligament interne fibreux sont bien conservés, fins, soyeux, brillants et irisés. Contrairement à ce qui s'observe le plus souvent chez les bivalves à test épais, notre huître n'est pas perforée en tous sens par les trous cylindriques des spongiaires. Dimensions. — Diamètre longitudinal, O^IS; diamètre latitudinal, O^IT; épaisseur maxima, environ 0"07. Rapports et àiffèrences. — Cette espèce n'a pas encore été décrite. On est tenté, au premier examen, de lui attribuer quelque degré de parenté avec l'huître de Boom, ou bien de la confondre avec Ostrea rarilamella, Desh., var. major, del'ypresien et avec Ostrea g igantea du laekenien, que l'on trouve en beaux exemplaires à Leuze, où la première est en place, et la seconde à Cassel, où elle est roulée. La taille de ces ostracés se rap- proche effectivement de celle de l'espèce que nous décrivons, et la forme générale n'en est pas fort éloignée; mais là s'arrêtent les rapports. La valve droite ^Ostrea blandiniensis est presque circulaire, tandis qu'elle est elliptique et singulièrement rétrécie, vers le bord cardinal, chez les autres espèces. La valve gauche de notre exemplaire est plus globuleuse, le sommet en forme de talon beaucoup plus développé; la charnière rectiligne, extraordinairement étendue, offre une longueur au moins double qui » 4 (Fe« 03 A12 03) 2 PhO + 7 H»0. 4 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE détermine le pourtour, sensiblement circulaire, de notre coquille; enfin, la fossette est triangulaire. L'examen microscopique de notre espèce montre les lamelles moins rapprochées, séparées par des épaisseurs considérables de tissu celluleux. L'impression du muscle adducteur est située beaucoup plus bas, et les surfaces d'insertion des extrémités ligamentaires, ordinai- rement peu apparentes, sont très accusées chez notre espèce. On peut considérer la différenciation qui se manifeste dans ces carac- tères comme étant le résultat de l'évolution et comme acquise par adaptation aux conditions nouvelles d'existence du milieu où elle s'est développée. L'huître qui vit dans les eaux agitées de forts courants, parfois au milieu des galets qui se déplacent sans cesse, a besoin d'une coquille solide, résistante, mais en même temps légère et susceptible de s'ouvrir et de se fermer avec facilité. Si l'on compare les espèces que nous avons citées avec notre exemplaire, on ne manquera pas de constater de sen- sibles progrès. La substance des deux valves n'a pas la même densité; en effet, l'une est destinée à rester immobile, fixée au banc, l'autre doit être susceptible de mouvements incessants. Il est évident que la coquille wemmelienne est en même temps plus' légère et plus résistante que celle des espèces qui l'ont ataviquement pré- cédée. L'effort du ligament, amoindri par suite de son grand développe- ment en longueur et par les causes que nous avons énumérées, moins susceptible d'usure, n'a plus nécessité des contractions anta- gonistes aussi énergiques, de la part du muscle adducteur, pour tenir la coquille fermée. L'animal, pouvant ouvrir sa valve avec moins de fatigue, plus souvent par conséquent, absorbait plus de nourriture ; la fermant plus rapidement pour éviter l'ennemi, il était dans des conditions plus avan- tageuses que ses prédécesseurs dans la lutte pour l'existence. Gisement. — Ostrea blandiniensis hivalve, a été trouvée par nous vers la partie supérieure des sables wemmeliens à Nummulites wemmeletisis , où elle est en place et assez abondante ; les autres exemplaires de la même espèce que nous avons pu examiner, bivalves également, étaient d'une taille beaucoup moins développée. Localité. — Notre espèce provient de la colline St-Pierre, à Gand, (3Ions Sancti Pétri Bla7idiniensis) , où elle a été recueillie dans une des tranchées pratiquées pour asseoir les fondations de l'Université, à l'alti- tude de 24"'30. MEMOIRES COUP D'ŒIL SUR LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DE LA COLLINE ST-PIERRE ET SUR LES ALLUYIONS QUI FORMENT LE SUBSTRATUM DE LA VILLE DE G AND. Après avoir fait connaître le fossile, il nous reste à dire quelques mots des superpositions au sommet desquelles il se rencontre et des cir- constances qui l'ont fait arriver en notre possession. On se rappelle saus doute que, dans l'une des précédentes séances, notre collègue M. de Limburg-Stirum avait appelé l'attention de la Société sur les travaux considérables qui s'exécutent à la colline de Gand, où ils con- stituent des affleurements temporaires que l'on n'a pas tous les jours occa- sion de rencontrer. Les intéressantes observations de notre collègue avaient pour objet la série des couches que nous avions observées en 1875, et surtout en 1878, époque de la démolition de la citadelle, alorsfqu'en compagnie de MM. E. De Jaer, A. Rutot, G. Vincent et J. Faly, nous nous sommes livrés à l'étude de ces dépôts : elles continuaient, vers le bas, la suite des assises directement relevées en 1882, par M. Rutot, dont le détail a figuré dernièrement dans nos annales *. Désireux de posséder la coupe, avec cotes d'altitude, de ces nouvelles tranchées,signalées par notre collègue, et d'étudier en détail les travaux en profondeur qui s'exécutent actuellement ^ entre le haut et le bas Escaut, vers le faubourg de Gendbrugge et la porte d'Anvers, nous nous déci- dâmes, afin de donner toute la précision désirable aux indications concer- nant la pente générale des assises tertiaires de la région dont nous achevons le levé géologique, à consacrer quelques courses à ces obser- vations. La colline de Gand, si intéressante, puisqu'elle constitue le dernier monticule où les assises tertiaires de la mo^'enne Belgique sont directe- ment visibles en affleurement, avant de s'enfoncer et de disparaître sous les alluviuns de la plaine maritime, dresse brusquement, comme on sait, sa butte au sud de la ville, atteint 29 mètres d'altitude et descend en pente adoucie vers l'extrémité opposée jusqu'au marché du Vendredi, qu'elle dépasse à peine. Ce promontoire allongé, beaucoup plus développé jadis, sépare l'Escaut de la Lys et retarde ainsi, un instant, la jonction de ces deux fleuves. 1 Constitution géologique de la colline de Gand, par M. A. Rutot. Annales de la Société roj'ale malacologiquede Belgique. Procès-verbal de la séance du 1" octobre 1882, p. CLXXix. 2 Juin 1883. 6 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE L'histoire et les chroniques locales nous apprennent qu'à diverses époques on a trouvé, au pied de la colline, ensevelis sous l'argile poldé- rienne et sous la tourbe ^ sous-jacente, des ossements fossiles, des débris de cétacés, des dents de squales et, plus haut, des ossements de castor, etc., qui ont toujours vivement excité la curiosité publique. Le cours des fleuves que nous venons de citer, les déplacements de leur lit, la nature et la constitution géologique des alluvions de la plaine elle- même qu'ils drainent: les changements survenus au niveau de cette der- nière, le séjour des eaux marines et leur retrait de sa surface, enfin, son assèchement définitif et sa mise en culture progressive, sont autant de questions sur lesquelles on a controversé dans tous les temps et que la géologie est seule appelée à résoudre. Avec l'espoir d'apporter des éléments nouveaux, c'est-à-dire des faits propres à hâter la solution de ce complexe problème, nous avons observé avec soin les divers points où le terrain tertiaire, mis à découvert, est direc- tement accessible; nous nous sommes mis en rapport avec le personnel dirigeant les travaux, et nous avons pu réunir des données, obtenir des chiffres précis, empruntés aux plans mêmes, et examiner les fossiles qui ont été recueillis. Le résultat de nos études sur le cours primitif et les déplacements suc- cessifs des deux fleuves qui se joignent actuellement à Gand, la Lys et l'Escaut, a dépassé nos espérances : la solution de ce problème géologique fera l'objet d'un travail qui sera présenté ailleurs. En attendant, nous avons cru qu'il ne déplairait pas à nos confrères de posséder quelques chiffres et des données exactes sur les travaux qui s'exécutent dans le bas de la ville de Gand. Les ren^seignements succincts que nous avons l'honneur de présenter à la Société sont résumés dans les coupes suivantes, disposées en escalier, qui se complètent l'une l'autre. COUPE DES FONDATIONS DE l'uNIVERSITÉ. — A. De haut en bas : e. Remanié avec traces de limon et cailloux roulés quaternaires ; ces derniers s'observent surtout au point culminant, situé actuellement à 40 mètres ouest des réservoirs d'eau de la ville, construits, comme on sait, au nord des casernes . . de 28"'25 à 27"'! 5 0. Argile glauconifère, altérée vers le haut, gris verdâtre, avec lignes de glauconie (principalement vers la face sud du bâtiment) , de 27™15 à "I^'^IO y. Argile sableuse passant au sable très argileux, plus ou moins glau- conifère, jaunâtre avec anneaux limoniteux jaune d'ocre . . de 25°'70 à 24™60 ' Il y avait anciennement, au lieu dit « Torfbriel «, un marché où l'on vendait ce com- bustible, très recherché en ces temps-là et très abondamment répandu dans toute la plaine, où il forme deux couches de qualités différentes. MEMOIRES 7 (3, Bande noire graveleuse, épaisse de 30 centimètres, se dédoublant parfois, très bien caractérisée, fossilifère, avec Pecten corneus extraordinairement abondant de 24'"60 à 2i"40 a. Sable de Wemmel avec Nummulites ivemmelensis et Ostrea blan- diniensù bivalve de 24">40 à aS-^GO a'. Banc de grès wemmelien, calcareux, avec Oslrea gryphina, Nau- tilus Lamarcki et Nummulites variolaria de SS^QO à IQ'nSO Le gravier base du système wemmelien, qui est en dessous, n'a pas été atteint par les tranchées; heureusement, un puits de service, profond de 18 mètres, que l'on vient de creuser au centre des bâtiments, et dont nous avous pu voir les déblais, continue la série descendante. COUPE DU PUITS DE l'uNIVERSITÉ. — B. Le niveau de l'orifice est à la cote + 26.00. La profondeur absolue est 18 mètres. On observe à partir de la surface : Ç". Argile glauconifère, bien caractérisée de 26'"00 à 25"'60 Ç'. Sable argileux, plus ou moins glauconifère, jaunâtre, avec ann.^aux limoniteux jaune d'ocre de aS^'ôO à Si^SO C. Bande noire graveleuse, épaisse de 30 centimètres, se dédoublant parfois, très bien caractérisée, avec Peclen corneus extrême- ment abondant de 24'°50 à 24">35 e". Sable de Wemmel avec Nummuliles weminelensis et Ostrea blan- diniensis bivalve • de 2i'"35 à 23'"80 e'. Grès wemmeliens calcareux, avec Ostrea gryphina, Nautilus Lamarcki el Nummulites variolaria de 23""80 à IG^TO e. Gravier wemmelien, avec iV^f^m»? î/iiïes mnotona, etc. . . . de IQ^TO à 19™50 8. Laekenien, avec gravier à la base, renfermant des silex crétacés très altérés, roulés, des grès perforés par les lithophages, des dcni s de poiss"5ns et iV//mm«/i7e5 teyiga^a abondante. . . de iG^SO à IS^SS y. Sable d'Aeltre, jaune verdâtre, avec ses fossiles caractéristiques : Turriiella édita, Cardita planicosta, eic de 18"55 à 16.70 p. Sables paniseliens quartzeux fins, glauconifères, gris blanc, à strati- fication croisée, offrant des bancs discontinus de grès micacé, plus ou moins cohérent de 16'"70 à IC^OO «. Sables paniseliens, plus ou moins argileux, glauconifères, avec bancs de grès luslré de lO-^OO à S'^SO Les derniers centimètres de ce sable renferment une nappe aquifère (sables boulants des ouvriers), qui repose sur les sables argileux glauco- nifères du sj'-stème. Les eaux pluviales qui tombent sur la colline traversent les sables supérieurs, se rassemblent et forment, à la surface des sables argileux, un bassin elliptique, profond de 0'"80 sur les bords et de l'"20 vers le centre. Telles sont les superpositions directement accessibles et les couches dont 8 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE nous possédons les échantillons. Quant à l'argilite et l'argile base du paniselien, qui descendent, d'après M. Mourlon \ jusqu'à la cote zéro (niveau de la mer), nous n'avons pu en constater les épaisseurs relatives à la colline St-Pierre. On comprendra la difficulté que l'on éprouve à atteindre ces couches, en se rappelant qu'à part l'isthme étroit qui réunissait autrefois le Mont- Blandin à la colline de Saint-Amand, la plus grande partie de la ville de Gand est bâtie sur les alluvions de la Lys et de l'Escaut, daus un site qui constituait jadis, à l'extrémité sud de la plaine maritime, une profonde dépression. Celle-ci s'est peu à peu comblée et a été transformée, dans la suite des temps, en un immense marécage où la tourbe s'est développée, enfin en polder i, où s'élevèrent les premières habitations. Le niveau de surface des alluvions accumulées est actuellement à la cote 6 en amont, à l'entrée de ces deux cours d'eau, tandis qu'en aval, à la sortie du fleuve, ce même niveau descend à la cote 5. Avant l'exécution des travaux en profondeur qui se poursuivent actuel- lement aux ponts de Gendbrugge, de St-Liévin, à la porte d'Anvers et au canal de Terneuzen, ce n'était guère que dans la ville haute qu'il était possible de rencontrer le terrain en place. Or, le pied de la colline, qu'il importerait surtout de connaître, est précisément voilé par des dépôts d'alluvion gris bleu, simulant des lits d'argile et recouverts d'une couche d'éboulis accumulés, dont l'épaisseur va croissant rapidement vers le bas. Dans la vieille ville% c'est-à-dire dans l'isthme qui renferme la cathédrale de St-Bavon, l'hôtel de ville, le beffroi, etc. (l'ancien Portus Ganda), le sôus-sol, que nous avons eu l'heureuse chance de pouvoir^étudier, en sep- tembre 1875, dans des tranchées exécutées rue du Gouvernement, nous a fourni les superpositions suivantes, qui offrent des particularités non dépourvues d'intérêt : COUPE DE LA TRANCHÉE DE LA RUE DU GOUVERNEMENT. — G. Niveau de suiface du pavé 'î°'80 Ç Sable noir \aseux,avec briques, détritus et débris de poterie de différonts âges de 7'»80 à 6"°T0 e Sable cohérent, dur, argileux, vert grisâtre, formant des amas lenticulaires, peu étendus et peu épais de 6'"70 à 6™55 ' Géologie de la Belgique, I, p. 241. Coupe du puits artésien de M. de Hemptinne. * Il y a encore une rue du Polder à Gand, de même que le marché de la Tourbe, etc. 3 Le véritable berceau de Gand {Castrum Gandavum) est situé sur la rive gauche du bas Escaut, un peu au sud (180 mètres) du confluent actuel de la Lys, au pied de St- Macariusberg. En effet, ce lieu est appelé CœnobiuTn Gandense dans les plus anciens cartulaires, tandis que Cœnobium Blandiniense estvens,e\gné, à&ns, les mêmes documents, comme étant situé prope Gandam. MÉMOIRES 9 S AUuvions argilo-sableuses durcies, vert noirâtre ; nous y avons remarqué des pieux ou pilotis en chêne, enfoncés verticale- ment, irrégulièrement espacés, reliés entre eux, à la partie moyenne et supérieure, par des traverses liorizonlales ; le bois altéré, noir jusqu'au centie', était couvert d'etilorescences binnchâtres et, par places, revêtu d'un enduit de vivianite bleue, de G^SS à 5'"75 Y Couche de charbon de bois, avec ossements de mammifères actuels, épaisse de 20 centimètres environ. Nous y avons constaté la présence de nombreuses espèces, entre autres : Eqiius caballiis. Bos taurus.- Sus familiaris. Ovis aries. Sus scrofa. Capi'a hircus. Cervus elaphus. Canis familiaris. Tous ces ossements, brunis ou noircis, plus ou moins enduits do vivianite, constituaient un amoncellement de rejets ou débris de cuisine, sorte deKjôkkenmôdding, s'étendant sur une surface dont nous avons estimé la longueur à plus de 60 mètres. Les os que nous avons recueillis ^ sont pour la plupai't brisés et portent la trace du feu. Quelques-uns offrent des incisions ou sections d'une remarquable netteté, qui ne permettent pas de les rapporter aux âges do la pierre ou du bronze, mais plutôt à des temps plus rapprochés, postérieurs à l'occupation romaine. Les pieux dont nous avons parlé tout à l'heure et sur lesquels étaient sans doute établies les cabanes ou huttes des habitants de l'isthme, traversaient, de part en part, le dépôt à ossements et s'enfonçaient environ de 40 à 60 centimètres dans les aliu- vions immédiatement inférieures , de 5"°75 à f>™55 P Sables de transport, blanc sale jaunâtre, lavés, meubles ... de 5™oS à 4'"55 a Sable gris blanc, à grains moyens, glauconifère, encore alluvial, que nous considérons comme formé en grande partie aux dépens du paniselien sableux, entraîné des collines voisines par les eaux de i'^SS à 4™3G Les tranchées ne descendaient malheureusement pas plus bas. Cette coupe, dont la hauteur totale était de 3°50, nous permet d'atteindre la cote 4.30. D'un autre côté, la construction des ponts de Gendbrugge et de St- Liévin, situés entre le haut et le bas Escaut, a nécessité des travaux en profondeur qui ont presque atteint le niveau de la mer '. Nous ne pouvions laisser passer sans profit pour la science une occasion qui ne se reproduira plus, et nous l'avons saisie pour constater directement la i Comme certains bois que nous avons rencontrés dans les tourbières de l'Irlande. ' Principalement des mandibules. Soit dit en passant, nous avons constaté l'existence d'une semblable couche d'ossements dans le sous-sol de la ville de Bruges, lors des tra- vaux exécutés danà la rue Flamande, en 1875. 3 Cote . 40, les palanques ou pilotis descendent à la cote — 3. ^0 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE nature et le mode de superposition des assises qui forment le substratum de la ville. COUPE DU PONT DE GENDBRUGGE. — D. Le niveau de surface est à la cote + 7.00. Les épaisseurs varient. ; Remanié argilo-sobleux, détritus, briques et débris de poteries de toutes les époques de 2"55 à 1™50 e Alluvions argileuses, brun noirâtre, avec coquilles actuelles d'eau douce, Anodon, Unio, Planorbis, Breissena, etc., très abon- dantes; dans les dépressions, on trouve des ossements brisés de mammifères, principalement : Eguus, Bos, Ovis, Sus, Canis,e\c de 0'"32 à C^IG S Sable de transport, non glauconifère, blanc sale, plus ou moins stratifié, très lavé de C^aO à O-^ôS r Galets de quartz nombreux, assez volumineux, cailloux roulés de silex, moyens et petits, éclats de silex, grès paniseliens et gravier fin, où dominent les quartzites de 0™08 à 0'"16 P Sableglauconifèrepaniselien, plus ou moins argileux, vert noirâtre, très pur vers le bas, imprégné d'eau et décoloré à sa partie supérieure de 3n>45 à 4'»25 Soit à 40 centimètres au-dessus du niveau de la mer. . . e-^ôO G^^ôO Cette coupe est complétée par celle du pont de St-Liévin, distante de 420 mètres sud, où on a rencontré, sous le même sable glauconifère paniselien imprég-né d'eau, les psammites en place, à la profondeur de l^eO, soit à 1-20 sous la cote zéro. Les psammites sont très fossilifères, nous y avons trouvé des cardium en abondance ; Cardium paniselense,Cardita platiicosta, Cytlerea proximay Tellina, etc., sont les espèces les plus communes. Ces psammites forment des bancs continus que l'on a dû rompre pour eufoncer les pilotis. L'argilite paniselienne est en dessous ; d'après nos calculs, elle descend assez bas. A ces données sur le sous-sol de la partie sud de la ville, nous pouvons comparer celles que nous avons recueillies à l'extrémité opposée. Les travaux d'approfondissement du canal de Terneuzen, que nous suivons, ne sont pas sortis des alluvions. Les dragages exécutés dans le canal ont entamé les alluvions sableuses à la profondeur de 8 mètres sous la surface, et les caissons ont atteint la cote — 5.30. COUPE DU CANAL DE TERNEUZEN. — E. Niveau de surface des prairies -\- 5.00. E Alluvions limoneuses, brun noirâtre de S^OO à 4'"60 8 Tourbe imparfaite, avec coquilles d'eau douce nombreuses, Pla- norbes, Lymnées, Succinées, Cyclas, Pisidies, etc. ... de 4'"60 à 4'"25 MÉMOIRES M Y Alluvions argileuses, brun noir vers le haut, limoniteuses au milieu(rouge jaunâtre), devenant sableuses vers le bas. . de 4"'25 à S'^TO P Alluvions sableuses, à éléments moyens et fins ; c'est un sable lavé, glauconifère, gris verdâtre de S-^TO à — 0™40 a Alluvions sableuses, formées de gros sable quartzeux, plus ou moins glauconifère, lavé, avec grès friable glauconifère pani- selien, à spicules de spongiaires, renfermant des Cardila flanicosta brisées, Nummulites planiilata, Nummulites wemmelensis, Nummulites var Maria roulées et de rares petits cailloux de silex de — 0"^40 à — 5'"30 On rencontre dans ce sable, à divers niveaux, mais principalement vers le bas, de l'argile plastique \ grisâtre, que nous assimilons à l'argile des polders ; elle forme des amas lenticulaires, peu étendus et peu épais. Le point précis où ont été faites ces constatations est situé à 180 mètres nord du pont du chemin de fer qui franchit le canal, au lieu dit Won- delghemschemeerschen, COUPE DE l'écluse DE LA PORTE d' AN VERS. — F. Niveau de surface (rails) à la cote + 8'"32. Ç Remblai sableux, avec briques, tessons, blocs de maçonnerie, détritus, vieux sol, anciens lits de ruisseaux où s'observent des exemplaires de Anodonia cygnœa de grande taille . . de S^SS \ i^SO e Sable à grains irréguliers, remanié, alluvial, gris vert sale, paraissant stratifié. .de 4"'30 à S'-IS S Tourbe en couche mince, discontinue, de quelques centimè- tres à peine. On y a observé : l» des troncs de chêne, cou- chés horizontalement, absolument noirs, durs et suscepti- bles d'être sculptés et polis comme le bois des tourbières de l'Irlande ; 2° des feuilles de tilleul, bien conservées; S" des noisettes, en très grande quantité; 4° des pommes de pin; 5° deux fragments de bois paniselien silicifié, avec perfora- tions dues aux tarets et aux xylophages, et cavités tapissées de petits cristaux de quartz et de concrétions de silice mame- lonnée ; ce bois avait passé du blanc mat aux tons brunâtres caractéristiques des corps ayant séjourné dans la tourbe . de 2'"13 à l'"90 y' Sables jadis glauconifères, lavés, gris blanc sale, renfermant, à leur partie moyenne, une grande quantité de coquilles d'eau douce, bivalves, in situ. Ces anciens sables glauco- nifères paniseliens (marins par conséquent) se sont con- crétionnés et forment maintenant un grès moderne, assez cohérent, pétri de coquilles d'eau douce, bivalves, principalement des Unio, Cyclas, Pisidies, Bithynies, etc. de 0'"40 à — O'-SO Y Cailloux roulés, avec galets de quartz et gravier d'épaisseur variable, depuis O-^OS de — O^'SO à — l^OO ï Cette argile paraissait très recherchée des habitants du faubourg, qui la payaient aux ouvriers à raison de 1 fr. la brouettée. 12 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE P Sable glauconifère paniselien en place ; gris verdâtre quand il est sec, vert noirâtre quand il est humide, renfermant un banc, sensiblement* horizontal, de grès plus ou moins cohérent; on a dû garnir la pointe des pieux ou pilotis, d'un sabot en fer, pour les enfoncer dans ce banc, qui se trouve à la cote —2.00. . . de — l^OO à — 4'"00 a Argilite sableuse glauconifère paniselienne, un peu altérée vers le haut, vert intense vers le bas ; nous possédons un échan- tillon de cette roche, qui a été ramené, par le sabot déformé d'un pieu, de la profondeur de — 5»"00 Celle-ci n'a pas été dépassée dans les travaux de la porte d'Anvers. Enfin, nous devons à l'oblig-eance de notre collègue M. le baron 0. van Ertborn quelques indications concernant le puits de M. de Hemptinne, rue Cliarles-Quint, situé à peu près à mi-distance des travaux du canal de Terneuzen et du pont de Gendbrugge. COUPE DU PUITS DE M. DE HEMPTINNE. — G. Niveau de l'orifice -\- l'"QO. e Ancien puits en briques, épaisseur. . , 5'"00 8 Gros sable coquillier 3™50 Y Sable vert, légèrement argileux . . . . 8™00 P Argile sableuse verte 0™50 a Sable argileux vert, avec rognons de grès . 11 «00 L'échantillon S, dit « sable coquillier », que nous a gracieusement remis notre confrère, est très intéressant ; nous y avons observé : Nummulites planulala, Brug. Ditrupa planata, Sow. Cardita elegans?, Lmk. de T'^eO à 2™60 de 2™60 à — I-^IO de — 1«10 à — 9'"10 de — 9"10 à — o^eo de — G-^eo à — 20'"60 Cardium porulosum, Lmk. Cijtherea proxima, Desh. Planorbis sp? Solarium sp? Corhula pisum, Sow. Ostrea submissa, Desh. iSerpitla heptagona, Sow. Turbinolia sulcata, Lmk. Cardita planicosla, Lmk. Vermeius Nysti, Sow. Cylherea sp? Ces espèces représentent, comme on voit, assez exactement la faune de l'horizon à Nummulites planulatay des sables ypresiens supérieurs, couche que nous sommes habitué à rencontrer depuis Tournai, dans toute l'étendue de la région comprise entre la Dendre et la Lys, toujours vers les dix mètres supérieurs de l'assise. D'un côté, l'état de conservation de certaines coquilles fragiles ou délicates et, en particulier, l'abondance des Nummulites i)lan%lata, peu émoussées, démontre à l'évidence que ces éléments roulés n'ont pas été entraînés de bien loin. De l'autre, leur présence, dans les travaux du canal de Terneuzen, au milieu du sable grossier, remanié, alluvial, est signi- ficative. MÉMOIRES 13 Nous pouvons donc conclure, dès à présent, que les érosions du fleuve n'ont jamais entamé, au pied de la colline St-Pierre, les sables ypresiens supérieurs ; que le paniselieu sableux, avec bancs de grès, puis argiliteux, avec psammites fossilifères et bois silicifié, forme le substratum de la ville et descend assez bas, peut-être à plus de 15 mètres sous la cote zéro; enfin, que les affouillements de l'Escaut ont atteint quelque part, en amont de Ledeberg, la couche à Nummulites 'planulata de l'ypresien supérieur et que ce sont les fossiles roulés de ce niveau que nous ren- controns, accumulés ou disséminés, suivant les endroits, dans les allu- vions épaisses qui s'étendent sous la vieille cité. Nous avons constaté que le dépôt connu sous le nom d'argile des polders, réduit, atténué, mince, discontinu, s'est étendu, dans la plaine du nord, jusque Gand, (entre les cotes — 0.40 et — 5.00, canal de Terneuzen), et nous estimons que l'expression Portiis Gandavum des cartulaires et des anciennes chroniques doit être prise, comme nous le démontrerons bien- tôt, dans son sens littéral précis. -r~>vc-'0"«û5«esA'0va — ->- IsTOTE SUR LES CROCHETS REMARQUABLES DE CERTAINES COQUILLES DE LAMELLIBRANCHES IL.. IDOX-IL-O (planche m) SEANCE DU 5 AOUT 1883 - En faisant cette communication à la Société, notre but est de sou- mettre à l'appréciation de nos collèg-ues quelques réflexions, qui nous ont été suggérées par l'examen d'un certain nombre de coquilles de Lamelli- branches remarquables par leurs énormes crochets contournés en spirale. Nous voulons parler, notamment, des genres Dlceras et Isocardia. Comme on le sait, les Dlceras ', Lmk. {Heterodiceras^ Mun. Chalmas ; Pseudodiceras, Gemellaro) sont des mollusques de la famille des Cha- mid(B, que l'on rencontre fréquemment dans le jurassique supérieur et qui, d'après Pictet, atteignent même la base du crétacé. Ils se distinguent, ainsi que leur nom l'indique, par le développement cousidérable de leurs crochets. Ces crochets ont longtemps été pour nous une énigme et nous nous sommes demandé, bien des fois, quelle pouvait être leur fonction. Sans prétendre avoir résolu actuellement cette intéressante question, nous croyons être en possession d'une explication plausible et de nature à mettre sur la voie d'une solution définitive. Lorsque l'on examine une coquille de Dlceras^ l'on s'aperçoit immé- ï K.A. Zittel, Handbuch der Palceontologie . Bd. I; 2'« Abth.; l^to Lief., p. 72. Munich, 1881. MÉMOIRES ^g diatement que le ligament, au lieu d'être relégué en arrière des crochets comme chez beaucoup de Lamellibranches, se continue sur ces organes' s enroulant comme eux en spirale et ne s'arrêtant qu'à leur extrémité II semble donc que, dans le genre prémentionné, il existe une sorte de dépendance entre les crochets et le ligament. Ceci n'est point un fait isolé, ainsi que l'on peut s'en convaincre par l'énumération suivante qui ne comprend pas moins de dix genres appartenant à trois familles diffé- rentes. Fam. des MEGALODONTID^E ', Zitt. Coquille équivalve, très épaisse, libre. Pachyrisma, Morris et Lycett. Croclets : proéminents, enroulés vers l'avant. Ligament : externe, épais, se bifurquant au niveau des crochets, sur chacun desquels il se prolonge dans un sillon spécial. Fa^tension dans le temps : Ce genre paraît dériver de 3fegaIodon, qu'il remplace dans la formation jurassique. DiCERocARDiuM, Stoppaui. Crochets : très proéminents, allongés et enroulés semblablement vers le dehors. _ ligament : externe, placé dans un sillon profond et se continuant jusquà 1 extrémité des crochets. Extension dans le temjis : Couches supérieures du trias des Alpes méri- dionales et de l'Inde. ^ Fam. des CHAMID^ ^ Lamk. Coquille inéquivalve, épaisse, le plus souvent fixée par l'extrémité d'un des crochets. DicERAs, Lamk. Faiblement inéquivalve. Fixée tantôt par le crochet droit, tantôt par le crochet gauche. CrocJiets : fort proéminents, enroulés latéralement en spirale et plus ou moins allongés. Ligament : externe, bifurqué et se prolongeant vers l'avant jusqu'à 1 extrémité des crochets. Extension dans le temps : jurassique supérieur et, d'après Pictet base du crétacé. ' ., \Fr' f */^y^°? ^^ P^^^'ï"^ t^^^^té des renseignements ci-après de l'admirable ffand- buch der Paléontologie du Prof. K. A. Zittel, déjà cité (Zittel. op. cit., p. 69). Nous ne reproduisons naturellement que les caractères pouvant être utiles dans la discussion qui va suivre. -»»»wu «i«» 2 Zittel., op. cit., p. 71. 16 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Requienia, Math. Coquille très inéquivalve. Fixée par le crochet de la plus grande valve, qui est la gauche. Valve droite, petite, fréquemment plate et operculiforme. Crochet de la grande valve fort allongé et enroulé en spirale. Ligament : externe, se continuant jusqu'à l'extrémité du crochet de la grande valve. Extension dans le temps : crétacé. Chama, Lin. Coquille inéquivalve. Fixée, le plus souvent, par le crochet de la valve droite, mais parfois aussi à l'aide de celui de la gauche. Crochets des deux valves enroulés vers l'avant. Ligament externe placé dans un sillon profond qui se bifurque et se prolonge jusqu'à l'extrémité des crochets. Extension dans U temps : Du crétacé inférieur à nos jours. MoNOPLEURA, Math. Coquille très inéquivalve. Fixée par le sommet de la plus grande valve, qui est la droite. Valve gauche operculiforme, conique ou aplatie. Crochet de la valve droite volumineux, mais généralement peu enroulé. Ligament : bifurqué et se continuant sur chaque valve jusqu'à l'extré- mité des crochets. Extension dans le temps : crétacé inférieur. Caprotina, d'Orb. Coquille très inéquivalve. Fixée par la plus grande valve, qui est la droite, laquelle est soit conique, soit enroulée en spirale. Crochet de la valve droite volumineux, enroulé ou non. Ligament : sillon ligamentaire seulement sur la grande valve ou absent. Extension dans le temps : crétacé. Caprina, d'Orb. Coquille très inéquivalve. Fixée fréquemment par la valve droite, qui est la plus petite et qui est conique. Valve gauche libre fort prolongée et enroulée en spirale ^ Crochet : droit, conique; gauche, -enroulé en spirale. Ligament: externe, bifurqué, se prolongeant jusqu'à l'extrémité des deux crochets. Extension dans le temps : crétacé moyen et supérieur. Plagioptychus, Math, Coquille inéquivalve. Fixée le plus souvent par la plus grande valve, qui est la droite, laquelle est allongée, conique ou enroulée en spirale. Valve gauche ventrue. 1 Le mode de fixation indiqué par Zittel (op. cit., p. 77) ne paraît pas bien certain, attendu que nous lisons dans Woodward {Manuel de conchyliologie, Éd. fr. Paris, 1870, p. 465) :« Lorsque la coquille est jeune, elle est fixée par le sommet de la valve droite, mais ensuite elle se détache, car l'on trouve les grands échantillons enfouis la spire eu bas (Sa3mann). » Cette remarque a son intérêt, comme nous le verrons plus loin. MEMOIRES 17 Crochets : de la plus grande valve, allongé et enroulé en spirale ; de la petite, enroulé tout contre la charnière. Ligament : sillon ligamentaire présent seulement sur la plus grande valve, oi^ il se continue jusqu'à l'extrémité du crochet. Extension dans le temps : crétacé moyen. IcHTHYOSARCOLiTHES, Dcsm. Coquille très inéquivalve. Libre ou fixée par la plus grande valve, qui est la droite, laquelle est conique, plus ou moins allongée, parfois enroulée en spirale. Crocliets: droit, conique ou recourbé; gauche, enroulé. Ligament: se prolongeant sur les deux valves jusqu'à l'extrémité des crochets. Extension dans le temps : crétacé moyen. Fam. des CYPRINID^E \ Lamk. Isocardia, Lamk. Coquille assez épaisse, ventrue, libre. Crochets : fort renflés et enroulés en spirale. Ligament : se hiîuTquant vers Vdivant et se continuant jusqu'à l'extré- mité des crochets. Extension dans le temps : du jurassique à nos jours. CiCATR^A, Stoliczka. Coquille triangulaire, épaisse et ventrue. Crochets : renflés et enroulés en spirale. Ligament : se bifurquant et se prolongeant jusqu'à l'extrémité des crochets. Extension dans le temps: crétacé. Il résulte de ce qui précède que : J'' Dans les genres cités par nous, à des crochets volumineux et enroulés en spirale, correspond un ligament se bifurquant à leur niveau et se con- tinuant jusqu'à leur extrémité ; 2° La dépendance entre le ligament et les crochets est tellement intime, que, lorsqu'une valve perd son caractère primitif ^ d'enroulement et devient operculiforme, la seconde ne changeant pas, c'est sur cette der- nière que le ligament se continue (Gaprotinaj Reqiàenia, Plagiopty- chus, etc.) ^; 1 Zittel, op. cit., p. 106. 2 Nous disons primitif, car le Dicerocardium triasique est équivalve, ainsi que le Pachy- yt'sma jurassique. Dicera5, encore jurassique, n'est que faiblement inéquivalve. Le crétacé seul nous montre des coquilles (parmi celles dont nous nous occupons) franchement inéquivalves. 3 L'exception de Mwfiopleura n'est qu'apparente, ainsi que nous le démontrerons plus loin. 18 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 3° L'enroulement des crochets et du ligament semble devoir être consi- déré, non comme liéféditaire, mais plutôt comme une adaptation, puisque, quoique nous le retrouvions dans deux familles voisines (les Megalo- dontida et les CTiamidcB), nous l'observons également dans une troisième (les Cyp'inidœ) très éloignée des deux premières. En raison même de cette nature adaptive, la disposition dont noua nous occupons se rencontrera sans doute encore chez d'autres Lamellibranches, et si on ne l'a point signalée jusqu'à ce jour, c'est probablement qu'elle y est moins nettement exprimée que chez les Diceras et les Isocardia. Des recherches dans ce sens sont nécessaires, et nous serions heureux de voir l'un de nos collègues entreprendre systématiquement ce travail. Ceci posé, demandons-nous maintenant quelle a pu être la cause du développement énorme des crochets, de leur enroulement et de celui du ligament. Pour cela, rappelons-nous la fonction de ce dernier. C'est un fait élémentaire que les coquilles de Brachiopodes et de Lamellibranches, — si différentes à bien des égards, comme les animaux qu'elles renferment d'ailleurs, — se comportent d'une manière tout à fait opposée quant au mode d'écartement des valves. Chez les premières, l'attitude naturelle, passive, est que les valves soient closes. Il y a une musculature spéciale pour les ouvrir comme pour les fermer. Chez les secondes, au contraire, la situation normale est l'entrebâillement. Cet entrebâillement est produit par un ligament élastique situé généralement en arrière de la charnière. Les muscles adducteurs, en rapprochant les valves, amènent un élargissement transversal de ce ligament, qui, lorsque les muscles précités cessent d'agir, se détend et revient sur lui-même comme un ressort, entraînant dans sa course les valves, qui se trouvent ainsi écartées de nouveau quand l'équilibre est rétabli. Examinant ce méca- nisme d'un peu plus près, nous pouvons le décomposer comme suit : 1" Les adducteurs ferment la coquille, causant de cette façon une ten- sion du ligament qui équivaut à la production de forces dirigées en sens inverse de la traction des adducteurs et qui se manifesteront tout à l'heure ; 2° Lesdits adducteurs cessent d'agir, mais ne font rien par eux-mêmes pour l'écartemeut des valves ; 3° Le ligament se détend, ou, en d'autres termes, les forces développées par l'action des adducteurs (lesquelles peuvent se résoudre en deux com- posantes égales et de sens contraires, si la coquille est équivalve et libre) font exécuter aux valves une rotation autour de la charnière jusqu'à ce que l'équilibre soit atteint. Tout se passe donc comme si, les muscles adducteurs n'existant pas^ les MÉMOIRES 49 deux valves étaient simplement posées l'une sur l'autre, le ligament ayant à produire une rotatiou desdites valves autour de la charnière. Dans ces conditions, il est évident que plus les valves seront lourdes, ou, ce qui revient au même, plus elles seront épaisses et massives, plus l'action exercée parle ligament devra être énergique. Ceci entraîne nécessairement l'idée d'un ligament plus fort. En effet, comme les valves pesantes tendent, d^une part, à conserver leur contact, en vertu de l'inertie, et le ligament,' d'autre part, à reprendre sa position première en raison de son élasticité^ si ces deux parties ne sont point très solidement réunies, il arrivera iné- vitablement qu'elles se sépareront. Par conséquent, notre analyse nous conduit à admettre quà des coquilles épaisses et massives, il faut un ligament fort et solidement attaché. Ce qui précède ne s'applique naturellement qu'au ligament externe, le seul dont nous voulions nous occuper ici. Comment, à présent, obtenir cette solide fixation, qui est indispensable? Les moyens sont divers. On pourrait, par exemple, avoir une area s'éten- dant entre les crochets {Pectunculus,Arca)et augmentant ainsi la surface d'insertion. On pourrait encore avoir une série de fossettes remplissant le même but le long du bord cardinal {InoceranhicB). Mais, sans nous étendre plus longuement sur la série des dispositions employées, ou à employer, chez les Lamellibranches, passons immédiatement à un système qui nous ramènera au point de départ de ce travail. Lorsque nous voulons exercer, par l'intermédiaire d'un lien flexible, une traction assez forte sur un corps pesant, nous ne nous contentons point de saisir le lien dans la main. Trouvant le procédé insuffisant, nous enroulons la corde, si c'en est une, autour du bras. 11 me semble que ce sont ces mêmes conditions qui sont réalisées dans le cas des Diceras, des Isocardia, etc.. Nous avions affaire là à des coquilles épaisses, ventrues : le ligament s'est enroulé autour des crochets et ceux-ci, pour lui offrir une large surface d'insertion, ont pris le développement considérable que nous savons. C'est donc ici un cas identique à celui des fortes apophyses pour l'attache des muscles puissants chez les Vertébrés. Telle est notre explication. Est-elle bonne? Est-elle mauvaise? C'est ce que nous laissons aux spécialistes le soin de décider. Nous ferons seulement remarquer que nous n'avons pas eu la prétention d'établir que toutes les coquilles épaisses doivent avoir des crochets enroulés et vice versa Avant de terminer, nous désirerions présenter encore quelques consé- quences intéressantes qui paraissent découler de ladite interprétation. La première est relative aux muscles adducteurs. Si le ligament est 20 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE indépendant des adducteurs, ce serait une erreur de croire que la réci- proque est vraie. En effet, de même que le ligament doit vaincre la résis- tance du poids des valves, de même les adducteurs doivent vaincre la résis- tance du ligament, sinon la coquille ne pourrait se fermer. Donc, si le ligament est fort, les adducteurs devront être puissamment développés. Or, c'est précisément ce que l'on constate : Chez les Megalodontidce : les genres à crochets fortement enroulés (Pachyrisma, Dicerocardium) ont les plus larges insertions pour les adducteurs ; Chez les CJiamidce : les adducteurs sont énormes. Nous sommes moins bien renseigné en ce qui concerne Isocardia et C^icdtTûia . La seconde conséquence à laquelle nous avons fait allusion ci-dessus se rapporte à la fixation de la coquille chez les Chamidœ, Nous sommes, à cet égard, en possession de trois faits : 1" Les crochets sont volumineux ; 2" Ils sont creux ; 3" La coquille est fixée par l'extrémité d'un des crochets. Dès lors, il est évident que, par le seul effet de son propre poids, l'animal doit tendre à occuper le nouvel espace ainsi mis à sa disposition dans la valve inférieure. C'est ce qu'il fait en réalité, car, chez les Ghama actuels \ la cavité du crochet de la valve gauche (inférieure) est remplie par le foie et l'ovaire. Un résultat direct de cette transformation est que, si notre mollusque n'a pas changé de volume, il n'habite plus maintenant une portion aussi considérable de la valve supérieure. Celle-ci n'a donc plus besoin d'être aussi spacieuse et tend à devenir opercuhforme. C'est le cas àesEequie?iia, 3fonople%ra, Caprotina, etc. Examinons maintenant ce qui va se passer pour le ligament chez ces dernières formes. La valve inférieure, la plus grande % ne peut plus se déplacer ; la valve supérieure, réduite considérablement, a perdu beaucoup de son poids. En un mot, nous n'avons plus deux valves épaisses à écarter, mais une seule, qui est operculiforme. Il n'est donc pas nécessaire de conser- ver plus longtemps les dispositions accessoires tendant à rendre particuliè- rement solide l'insertion du ligament. Ce dernier reprendra donc sa forme primordiale en arrière des crochets, ou plutôt sera remplacé par un ligament interne. Mais comment disparaîtra-t-il ? Brusquement? Non, graduellement. ^ "Woodward.op. cîf ., p. 452. 2 Caprina semble échapper à cette régie, mais nous avons dit plus haut que son mode de fixation n'était pas encore bien déterminé. MÉMOIRES 21 Nous aurons des formes presque éqnivaives (Diceras), où le ligament se prolongera sur les deux valves. Puis d'autres, comme 3fonopïeura, déjà très inéquivalves, mais qui auront pourtant conservé le ligament sur les deux valves. D'autres encore {Requienia, Plagiopyclms, etc.), chez lesquelles le ligament a disparu de la petite valve operculiforme, qui est la plus modifiée. Il est, au contraire, préservé sur la grande, qui a encore sa forme et son volume primitifs. D'autres, enfin {Gaprotina), où le ligament n'apparaît plus que d'une manière pour ainsi dire atavistiqiie. Et ceci est très intéressant, car Caprotina, par cette absence de ligament externe, par la présence d'une valve operculiforme, par sa fixa- tion au moyen de la grande valve droite peu ou point enroulée, par la structure de sa charnière, etc., s'approche de très près des Budistes, dont elle semble être le précurseur. Nous voici arrivé au terme de cette petite notice. Comme on a pu le voir, ce ne sont que des idées que nous avons développées et, pour donner main- tenant de l'intérêt au sujet que nous avons traité, il faudrait entrer dans la voie des recherches originales. Nous espérons qu'il se trouvera, parmi nos collègues, une plume plus autorisée que la nôtre pour reprendre et résoudre définitivement les questions que nous n'avons fait que poser. DE UEXCURSION ANNUELLE FAITE AUX ENVIRONS DE LOUVAIN LES 5 ET 6 AOUT 1883 PAR D. RAEYMAEKERS et 0. VAN ERTBORN. - SEANCE DU 5 AVRIL 1884. — La Société, en désignant les environs de Louvain comme but de son excursion annuelle, avait en vue non seulement l'exploration des couches tertiaires fossilifères qui s'observent dans les environs de cette ville, mais encore l'étude de quelques questions géologiques intéressantes, qui, dans ces derniers temps, avaient donné lieu, au sein de la Société, à de nom- breuses controverses. L'attention avait été spécialement attirée sur l'âge relatif des salles cJiocolatés, rangés par les uns dans le tongrien inférieur, par les autres dans l'assise supérieure du même étage et sur une couche de cailloux découverte par M. Velge, à la base d'un sable rapporté par ce géologue au tongrien supérieur. Deux journées d'explorations préparatoires avaient été faites, la pre- mière par MM. Cogels, Hennequin, Lefèvre et Raejmaekers; la seconde, par les mêmes membres, auxquels s'était joint M. 0. van Ertborn. Afin de faciliter les explications, il ne sera pas inutile de donner, au préalable, un tableau succinct des diverses couches tertiaires qui se trouvent dans les environs de Louvain et qui ont été l'objet des explo- rations de la Société. MÉMOIRES ^23 Ce tableau nous permettra d'user de certaines abréviations dans le texte. PLIOCÈNE OLIGOCÈNE. SUPERIEUR. MOYEN INFERLEUR SUPERIEUR. Diestien (D) . Bolderien(Bd). Rupelien sup. (R*). Rupelien infér. (R*). Tongrien sup. (T"^). Tongrien iufér. (T'). Wemmelien (W). . Selon M. Van den Broeck. Ass. sup. (a) — moyen. (P) — infér. (y) Tongrien inf. de Dumont. Son existence aux environs de Lou- vain est contestée. EOCÉNE MOYEN Laekenien (LKj. Bruxellien (B). INFÉRIEUR. I Ypresien sup. (Y2). Le paniselien n'a pas encore été reconnu dans les environs de Louvain. L'ypresien inférieur, les deux assises landeniennes et le heersien ont été atteints par les grands sondages. Le montien fait défaut. Le maastriclitien et le sénonien représentent seuls les terrains secondaires. Première journée. Dimanche 5 août. La réunion des excursionnistes était fixée à la gare de Louvain, le dimanche 5 août, à 8 heures du matin. Étaient présents au rendez-vous: MM. H. Denis, vice-président de la Société; Bâillon, Biilter, P. Cogels, H. de Dorlodot, G. Ebeu, major Hennequin, baron A. de Loë, Th. Le- fèvre, comte A. de Limburg-Stirum, G. Velge, D. Raeymaekers et baron 0. van Ertborn. MM. A. Van der Linden et L. Raeymaekers participaient à l'excursion. Le programme de la première journée comportait deux parties : La première, au S.-O. de Louvain, avait pour but l'observation du sable avec cailloux à la base, rapporté par M. Velge à l'assise supérieure de l'étage tongrien, l'argile glauconifère T', le gîte laekenien et bruxellien d'Eegenboven, le diestien et le quaternaire du moulin de Velthem. La .seconde, au N.-O. delà même ville, était réservée à l'étude des sables R' au nord de la station de Corbeek-Loo, du gîte diestien de Steenrots, de la sablonnière R', u" 18 du levé géologique de la planchette de Lubbeek par MM. Cogels et van Ertborn, et de.5 briqueteries situées le long de la chaussée de Diest. On accorde une visite à l'hôtel de ville de Louvain, magnifique monument de style gothique, commencé en 1447, achevé en 1463, et dont les frais de construction s'élevèrent à 32,790 florins, somme énorme pour l'époque. 24 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Le monument entier est construit en grès bruxelliens, provenant des carrières de Saventhem, Crainhem et Everbergh. Chemin faisant, les excursionnistes jettent un coup d'œil rapide sur l'église Saint-Jacques, édifice qui présente certains caractères du style roman et affecte la forme d'une croix latine. Déjà, en suivant la rue de Bruxelles, ils avaient eu l'occasion d'examiner un vieux portique d'architecture romane, malheu- reusement masqué par une clôture en planches. Sortant bientôt de la ville, nous suivons la chaussée de Tervueren jus- qu'au couvent de Terbank. Précisément en face de l'angle N.-O. du couvent et de l'autre côté de la chaussée, nous explorons une sablonnière vers la cote 56 ou 57 ; elle est creusée dans une couche de sable blanc fin ^ doux au toucher, renfermant des zones colorées en jaune et en brun, par suite d'altérations, et parfois bizarrement contournées. Ce sable est certainement supérieur à l'argile glauconifère T' ^, que nous reconnaissons dans le talus du chemin qui suit le mur du couvent 3. Dans le talus du chemin, quelques-uns de nos confrères recueillent parmi les herbes un certain nombre de mollusques vivants. Voici la liste des espèces que l'on peut y observer: Bulimus obscunis, Miill. Cœcilianella acicula, L. Clausilia nigricans, Jeff. — biplicata, Leach. (dont quel- ques individus de longueur anormale). *Pupa muscorum, L. Vertigo pygmœa, Drap. Vilrinapellucida, Mùll. Zonites nitiduhis, Drap, * — cellarws*, Mûll. 'Hélix rolundata, Mûll. — coslala, Mùll. (très commune). — aspersa, Miill . — hispida, L . Bulimus subcylindricus, L. A l'angle S.-E. du mur de clôture du couvent, l'attention est attirée sur une borne formée d'un bloc de grès landenien supérieur, mamelonné, pro- venant probablement des carrières d'Overlaer, Hougaerde, etc., des environs de Tirlemont. 1 Dumont rapporte ce sable au rupelien inférieur. {Mémoires sur les terrains crétacé et tertiaires, préparés par A. Dumont, édités par M. Mourlon, t. III, p. 429.) A la page suivante, Dumont signale, à 100 métrés au sud de Terbank, un gravier supérieur à l'argile sableuse glauconifère T'. « Ce gravier, dit-il, par sa position supérieure au sable glauco- nifère argileux, doit être la base du système rupelien. « 2 C'est à proximité de ce point que Dumont a constaté la présence de VOstrea ventilabrum. En effet, nous lisons, Mémoires sur les terrains, etc., t. III, p. 422: « Au sud-ouest et prés de Terbank, petit escarpement de sable argileux glauconifère, analogue à celui de Grim- mersingen.dans lequel on trouve des débris à'Ostrea ventilabrum. » Le petit escarpement n'existe plus. La même observation se trouve également consignée p. 430. * Ce chemin, perpendiculaire à la chaussée de Tervueren, conduit au château d'Héverlé. ^ Les noms précédés d'un astérisque indiquent les espèces recueillies pendant l'excur- sion. M. Raeymaekers a trouvé en ce pointun exemplaire de Clausilia nigricans présentant deux bouches adossées l'une à l'autre. MÉMOIRES 25 Nous suivons ensuite le chemin indiqué précédemment, et à 360 mètres de la chaussée, vers la cote 45, nous observons dans le talus un gravier que nous considérons comme formant la base du sable laekenien. Ce gravier, très peu épais, est caché par la végétation. Un peu plus bas, dans la même tranchée, nous trouvons le sable bruxel- lien, dont la partie supérieure présente un massif ferrugineux et cohérent, en dessous duquel le sable est fossilifère. Nous y recueillons : Belosepia Cuvieri, Desh . Solarium distinctum , Vinc. et But. Lucina discors, Desh. Solen projcimus, Ucsh. (débris). Lucinapulchella,Xg. Spatangus, sp. Nucula Bronni, Desh . Descendant toujours le même chemin, nous atteignons les vestiges d'une voie ferrée, dont les travaux, commencés il y a de longues années, ont été abandonnés, dit-on, à cause des difficultés qu'offrait, à cette époque, le percement d'un tunnel dans le Mont César, à Louvain. L'abon- dance des eaux souterraines aurait présenté, paraît -il, un obstacle insur- montable. Nous suivons cette voie sur environ 300 mètres dans la direction de i'O.-S.-O., laissant à gauche le château d'Héverlé, appartenant au duc d'Arenberg ; les deux tours carrées flanquant les extrémités de l'antique manoir des chambellans de Brabant produisent l'effet le plus pittoresque au sein de l'épais rideau de verdure qui l'entoure. Prenant ensuite la direc- tion de rO., nous laissons également à gauche le château des Joséphites ^ et nous gagnons le gîte d'Eegenhoven, situé dans le chemin creux pavé et immédiatement en dessous de la maison de campagne des Jésuites. Les coordonnées de ce point sont: Long. 0°17'34" E. de Brux. Lat. 50°52'0". Cote 47. La base graveleuse du sable laekenien avec rognons de grès fossihfères se trouve vers la cote 45. Elle recouvre à peu près trois mètres de sable bruxellien visible. Nous y relevons la coupe suivante : A. Limon quaternaire peu épais, avec cailloux à la base. B. Sable laekenien avec gravier à la base. Nyst y a trouvé les plus ' La carte militaire fait erreur en indiquant Jésuites. 26 SOCIÉTÉ ROYALE MALÂCOLOGIQUE DE BELGIQUE grandes Ostrea cariosa^ Desh. qu'il ait rencontrées. Le gravier est très fossilifère et présente certaines formes de fossiles tout à fait locales. Les crassatelles, les cypricardes, les cliames et les cardites, mollusques géné- ralement rares, y sont très abondants. C. Sable bruxellien, fin, calcareux, doux au toucher, de coloration blancbâtre ou jaunâtre, renfermant des fossiles dont le test est devenu fra- gile par suite d'altérations dues aux infiltrations d'eau pluviale. Le sable renferme des rognons de grès ferrugineux semblables à ceux de Groenendael et présentant de rares vestiges de fossiles indéterminables. Au niveau fossilifère, on peut recueillir ^ : LISTE DES FOSSILES LAEKENIENS DU GISEMENT d'eEGENHOVEN. POISSONS, Cœlorhynchus reclus , Ag. Enchoius Bleckeri, WinkI . Picnodus toliapiciis, Ag, Plicodus Thielensi, WinkL Corax fissuratm, Winkl. Carcharodon disauris, Ag. Oxyrhina nova, Winkl . Galeocerdo latidens , Ag. Trigonodus ter tins, WinkL Lamna cuspidata, Ag, * — elegans, Ag. — verticalis, Ag. ^Otodus macrotus, Ag. * — Fî«ce?i 4.80 ( noir roulés, cote 44.40 0.05 ) 7. Sable blanc fin (non percé) 0.40 Tong. inf. 48.00 COUPE DE LA CARRIÈRE OUVERTE EN 1883. Quaternaire avec cailloux à base 0'"30 Sable jaunâtre 3™80 Argile sableuse 4'"o0 Gravievs (grains de liz) , 0'"20 Sable blanc 3"'70 Galets noirs et graviers (j;mw5 de m) 0"'20 Sable blanc. L'ancienne sablonnière est comblée, mais on en a ouvert une nouvelle à quelques mètres plus loin, dans la direction du nord. Le sable diestien et l'argile R^ n'y sont pas visibles, mais toute la série B! y est fort bien représentée. Le sable jaunâtre E' passe insensiblement à une argile sableuse, reposant à son tour sur le gravier quartzeux désigné sous le nom de grains de riz. Immédiatement en-dessous de cette couche graveleuse se trouve un sable fin dont la puissance est d'environ 3 mètres 50 centi- 32 SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE mètres; un coup de pelle donné dans le fond de l'excavation met à nu une seconde couche de grains de riz avec galets de silex noir, et au-dessous un sable blanc fin, pointillé de glauconie. Un sondage pratiqué en 1880, par MM. van Ertborn et Cogels, au fond de Tancienne sablonnière, a fait voir que cette dernière couche a 1 m. 75 c. de puissance et qu'elle se termine à la base par une troisième couche de grains de riz avec cailloux informes et roulés de silex noir, reposant sur du sable blanc fin rapporté par MM. van Ertborn et Cogels à l'assise inférieure de l'étage tongrien. Tous les dépôts supérieurs aux trois couches de grains de riz furent rapportés, à cette époque, par les auteurs du levé géologique de la planche deLubbeek,au rupelien inférieur, ces explorateurs considérant ces niveaux comme sporadiques. Un membre fait remarquer que la dernière couche de 1 m. 75 c. avec grains de riz et cailloux pourrait être l'équivalent des sables avec gravier caillouteux à la base observés dans la matinée près de Terbank et rapportés par M. Velge au tongrien supérieur. Remarquons encore que les couches à éléments grossiers de la sablon- nière n° 18 se trouvent respectivement aux cotes 44.40, 46.30 et 50 et que celle de Terbank se trouve à la cote 50; mais il y a lieu de tenir compte de l'inflexion des couches vers le nord. Rappelons aussi qu'en un point intermédiaire entre la sablonnière nM8 et Terbank, mais situé à 6,300 mètres plus au sud et précisément sous le méridien de Louvain, on peut observer, à proximité du village de Blanden ^ le passage par tran- sition insensible des couches marines T' aux couches fluvio-marines T-. Les points culminants voisins atteignent les cotes 92 et 93 et sont cou- ronnés par le sable R' et même, en un point situé par long. 0»20'40" E et lat. 50''49'58", on observe un petit lambeau d'argile de Boom R^. Ce lambeau d'argile R" paraît être le dernier de cet âge dans la direction du sud-ouest, car à l'ouest du méridien de Louvain, on ne la retrouve plus vers le sud. La Société se rend ensuite au gîte de Steenrots S situé dans le chemin creux et à 300 mètres à l'est de la sablonnière n" 18. On y observe le sable jaune R' recouvert par une mince strate d'argile R^ ^ et couronné par les sables et grès diestiens. A quelques décimètres au-dessus de la couche de cailloux se trouve le gîte fossilifère déjà signalé par Dumont *. En 1870, MM. P. Cogels et 1 Les coordonnées de ce point sont : Long. 0o21' E. Lat. 50"49'44" pL de Louvain, 2 N° 19 du levé géologique de la pi. de Lubbeek par MM. van Ertborn et Cogels. 3 M. Raeymaekers y a recueilli la Leda Dehayesiana, Duch., à l'état d'empreinte sur un Septaria carié et un bloc argilo-calcaire avec empreintes de polypiers. * Note à la suite de son observation no5728, rouge. MÉMOIRES 33 A. Proost, y ont recueilli des fossiles à l'état de moules; ce gisement fut retrouvé par M. Van, den Broeck en 1881. Les membres de la Société y recueillent : Tereh'atnla grandis, Blum. Cafdium decorticatum, L. Astarte Omalmsi, Lajonk. Reprenant ensuite la direction de l'ouest, nous passons dans le chemin creux au pied de la chapelle ^ ; dans le talus de la tranchée, nous avons encore l'occasion d'observer, à la cote 50, une couche graveleuse (^ram^ f?e m) se rapportant à R'. Nous gagnons ensuite la chaussée de Louvain à Diest et nous visitons une briqueterie située le long de la route ~. Les membres de la Société constatent qu'il n'y a pas de ligne séparative de gravier entre l'argile T' et le sable jaunâtre qui la recouvre. En effet, le sable supérieur à l'argile occupe un niveau inférieur à celui que nous venons d'observer dans le fond de la grande sablonnière. Celui- ci se trouve compris entre les cotes 44.40 et 46.30, tandis que celui de la briqueterie est compris entre les cotes 37 et 39, et ne peut se trouver dans la grande sablonnière qu'à la cote 40, l'inflexion des couches tongriennes n'étant que de 4 0/00 vers le nord dans cette zone. La Société regagne ensuite la chaussée de Diest et prend place dans un omnibus, véhicule antique, qui la ramène à Louvain. Après le dîner traditionnel à V Hôtel de la Cour de Mons, auquel prend part notre nouveau confrère, M. le docteur Albrecht, les membres de la Société se séparent pour reprendre le lendemain la suite de l'excursion. 1 N° 22 du levé géologique de la pi. de Lubbeek par MM. van Ertborn et Cogels. Long. 0^23'59" E. Lat. SQooS'lO". 2 N° 23 du levé géologique de la pi. de Lubbeek. Long. 0°î;3 55" E. Lat. 50°53'24". Cote 40. l Limon et cailloux 0.45 J f Sable graveleux, diestien remanié et cailloux. 0.55 \ ' ! Sable jaunâtre 2.00 J Argile sableuse micacée 2.35 > 4.55 Tong. inf. Sable, gravier et cailloux 0.20 ] 3 . Sable jaunâtre (non percé) 0.30 Laekenien . (Cette coupe fait suite à celle de la sablonnière n" 18.) 34 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Deuxième journée. Lundi 6 août. Le programme de cette journée comportait l'exploration des gisements Y^, B et Lk du territoire de la pi. de Lubbeek et des roches tongriennes du carrefour de Brempt ; l'étude d'îlots sableux rapportés par les uns à R', par d'autres à T'"; l'exploration des couches fossilifères T"^ de Kleyn Heyde et de Quaebeek-Daelen ; l'examen des sables chocolatés de Mont- Saint-Martin ; l'exploration des gîtes bolderien et diestien de Pellenberg et l'étude des couches de la briqueterie Tops. Les membres de la Société prennent à Louvain le train de 7 h. 40 min. et descendent quelques instants plus tard à la station de Coorbeek-Loo. Nous suivons le chemin longeant la voie ferrée dans la direction du sud-est, pour atteindre le territoire de la planchette de Lubbeek '. Arrivés à la hauteur du petit bois de sapins indiqué sous le n° 127 dans le levé géologique de la planchette de Lubbeek par MM. Cogels et van Ertborn, et situé de l'autre côté de la voie, les membres de l'excursion renoncent à l'exploration du gisement de sable ypresien supérieur, l'accès de ce gîte nécessitant un détour assez considérable. Ce gisement, découvert en 1880 par MM. van Ertborn et Cogels, a déjà été l'objet d'une exploration spé- ciale, lors de l'excursion du 21 septembre 1880 -. La fouille, fraîchement ouverte à l'époque des premières observations, est actuellement en grande partie masquée par des éboulis. Nous consta- tons d'ailleurs la présence du sable Y^ dans des déblais de taupinière au pied du remblai de la voie ferrée. A proximité de ce point, il existe une carrière abandonnée; elle est creusée dans le sable bruxellien fossilifère. On peut y recueillir : Lamna elegans, Ag . Tiiritella Wateleli, Desh, Roslellaria fissurella, Lmk. Fusus longœvus , Lmk. BuUa cijlindroides , Desh, Solen proximus, Desh. Corbulagallica, Lmk. — gaUicula, Desh. Cytherea proxima, Desh. Cytherea nitidula, Lmk. Liicina albella, Lmk, — discors, Desh. — elegans, Dofr. — Volderiana, Nysl. Nucula Bronni, Lesh, Solemya Lamarckana, Nyst et Le H. Spatangus pes-equuli, Le H, Strates de Lignite. • Carte topographique du royaume au 20,000°, f, xxxii, pi, 3, 2 P. Cogels et O. van Ertborn {Mél. géol., fasc, 2, p. 51). Compte-rendu d'une explo- ration de la colline de Pellenberg et de quelques localités voisines, par le major d'état- major Henuequin. MÉMO[RES 35 Tournant ensuite au sud-ouest, nous suivons le chemin qui conduit au carrefour de Brempt. Après avoir fait quelques pas dans le che- min creux, nous avons l'occasion d'observer dans le talus le gravier à NummnliUs lemgata, base du laekenien, situé en ce point à la cote 55 environ. Les membres de la Société atteignent bientôt le carrefour de Brempt, formé par le croisement de chemins creux profonds. On y observe le grès jaunâtre T' très cohérent; les recherches paléontologiques ne donnent malheureusement aucun résultat. Dans le talus opposé aux roches et à un niveau supérieur, il existe une strate d'argile de Henis recouverte par du sable jaunâtre. Une discussion s'engage entre plusieurs membres de l'excursion au sujet de l'âge de ce sable. Lors du levé géologique de la planchette de Lubbeek, MM. van Ertborn et Cogels ont rapporté ce sable au rupelien inférieur, à cause de la ressemblance minéralogique qu'il présente avec le sable R' des couches types; toutefois, il n'est pas séparé de l'argile de Henis par la couche de galets de silex noir, base de R'. M. E. Van den Broeck a émis l'opinion ^ que le sable de Brempt et celui de quelques îlots voisins rapportés, par les auteurs du levé géologique de la planchette de Lubbeek, au rupelien inférieur et reposant immédiatement sur l'argile de Henis, sans interposition de galets, sont d'âge tongrien supérieur. Ils représenteraient une des nombreuses cou- ches de sable qui séparent les couches de glaise verte. M. van Ertborn, en exposant la question, fait remarquer que les auteurs du levé géologique de la planchette de Lubbeek n'ont aucune pré- tention à l'infaillibilité et que le vieil adage si connu : Effare humanum est paraît avoir été créé tout spécialement pour les géologues, un grand nombre d'entre eux ayant largement payé leur tribut à la loi commune. Le même membre rappelle ensuite qu'à l'époque du levé géologique de la pi. de Lubbeek, on croyait généralement que la base à éléments grossiers du rupelien inférieur et l'argile de Henis s'excluaient mutuellement et que, faute de preuves paléontologiques, on n'avait pour guide que la ressemblance minéralogique presque toujours insuffisante. Il reconnaît que l'opinion émise par M. Van den Broeck est parfaitement admissible et il ajoute que certaines différences de niveau semblent militer en faveur de cette manière de voir -. 1 Procès-verbal de la séance de la Soc. Malac. l""" avril 1882, p. lxxxii. M. Van den Broeck ne parle que de TUot de Groote Hej'de, de celui de Brempt et d'un troisième situé plus à l'est. - A Kleyn Heyde, point non contesté, la base de R' se trouve à la cote 90 ; au nord-est de Bautersôm, dans la direction de Bost, elle se trouve à la cote 79 ; il en résulte une 36 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE La Société se dirige ensuite par les sentiers vers le point indiqué sous le n° 154 dans le levé géologique de la pi. de Lubbeek et dont les coordonnées sont : Long. 0''24'31" E. Lat. 50''49'52'', cote 78. Une fouille, commencée la veille dans les couches tongriennes supé- rieures, est continuée en présence des excursionnistes. On recueille les fossiles en grande abondance. Cerithium elegans, Desh. — plicalitm, Lmk. \ar. GaleoUi, Sandb. — Lainarcki, Desh. Neritina Duchastelli, Desh. Planorbis Schulzimius, Dunk, — depressus, Nyst. — sp.? Limnœa longiscala, Brorig. Bilhynia Duchasteli? Nyst. — plicata, d'Arch. et Vern. — piipa, Nyst. Melania Nysti, Duch. Melania costata, Sow. — muricata, S. Wood. Pechinculus lunulaius, Nyst. Lucina Omaliusi, Desh. Cardium scobinulum, Mez. Ci/rena semistriata (hi\a\\e) , Desh, — neglecla, Nyst. Psammobia stampinensis, Desh. VÉGÉTAUX. Chara Wrigti, Forbes. — tuberculala, Lyell. — hœlicteres, Bro. Laissant ensuite à droite l'îlot bolderien découvert en 1880 par MM. Cogels et van Ertborn, nous marchons directement à l'est. A 200 mètres de la fouille, M. van Ertborn fait remarquer que le tracé de la limite de R' doit, au point culminant, dépasser un peu le chemin vers le nord. Avant d'arriver à la ferme de Holspoel, il signale également, mais pente de 0.73 p. c. vers le nord, qui nous permet de donner les chiffres de la troisième colonne. N" du levé delà pi. de Lubbeek. Altitude Altitude indiquée des sommets, pour la base de R'. Altitude calculée. Différence. Nos 150 80"> IS'^ 80°> — 2"» 149 Brempt. 80 77 82 — 5 147 Groote Heyde. 85 80 88 — 8 145 82 80 85 — 5 X. au sud-est de Brempt. 81 80 85 — 5 Il faut admettre, pour que les chiffres de la troisième colonne soient exacts, que la base de R' forme un plan rigoureux, ce qui n'est guère probable. La pente de 0.73 p. c. est forte pour un terrain tertiaire, hormis le diestien, qui a pro- fondément raviné les couches sous-jacentes et qui présente des pentes de 3.75 p. c. (Voir texte explicatif du levé géologique de la pi. de Lubbeek.) Des pentes supérieures à 0.70 p. c. s'observent encore. Ainsi, nous avons trouvé pour la base de l'argile glauconifère: D'Aertselaar à Anvers 0.755 p. c. De Cruybeke à Anvers 0.775 p. c. De Breendonck à Boom 0.793 p. c. MÉMOIRES 37 à la cote 95, un tout petit îlot d'argile R^ quia échappé aux investigations lors du levé géologique. Au point culminant indiqué sous le n' 165 ^ dans le levé géologique, les membres de la Société ont l'occasion, d'observer l'argile R"^ reposant sur le sable R'. A une centaine de mètres de ce point et à niveau inférieur, une nouvelle fouille est pratiquée dans les couches tongriennes supérieures. On y recueille les fossiles suivants : Cerithium elegans, Desh. | Cyre7ia semistriata, Desh. Traversant ensuite la voie ferrée à la gare de Vertryck, la Société prend la direction de Mont-Saint-Martin. Chemin faisant, nous observons dans le talus une puissante assise d'argile de Henis ^ et nous atteignons ensuite la sablonnière n° 119 ^ où, en 1880, la coupe suivante fut levée : 1. Terre végétale sableuse mêlée de cailloux 0.50 / Sable jaunâtre 0.70 2 I Sable blanchâtre avec strates ligniteuses très nombreuses (sable \ chocolaté) 1.70 ( Sable blanc assez grossier (non percé) 0.50 M. van Ertborn fait remarquer que le sable chocolaté et le sable blanc sous-jacentsetrouvent à un niveau sensiblement inférieure celui de la puissante couche d'argile de Henis que nous venons d'observer au n" 122, ce qui l'avait engagé à les ranger dans l'assise inférieure de l'étage ton- grien. M. Van den Broeck a reconnu depuis qu'ils appartiennent à l'assise supérieure du même étage ^. M. van Ertborn convient de son erreur et fait remarquera cette occasion que les sables chocolatés et les sables grossiers sous-jacents de Mont-Saint- Martin représentent des gisements locaux et qui ne s'observent pas dans les coupes où l'on peut voir passer, par transition insensible, le tongrien infé- rieur marin au tongrien supérieur fluvio-marin. Il se pourrait, ajoute le même membre, que les dépôts en question eussent une origine aérienne. En effet, une formation fluvio-marine ou polderienne se termine au littoral par une région dunale; à la suite de violentes tempêtes, nous voyons encore les dunesde notre littoral maritime diminuer 1 Long. 0°26'23'' E. Lat. 50O:l9'47". Cote 96. 2 No 122. Long. 0°27'10" E. Lat. 50°51'24". Cote 70. 3 Long. 0°21'8'' E. Lat. 50o5r42". Cote 65. * Procès-verbal de la séance de la Soc. du 6 mai 1882, p. cxvii. 38 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE de plusieurs mètres de hauteur en quelques jours et de grandes quantités de sables projetées sur le limon polderien. Des phénomènes analogues ont dû se produire dans les temps reculés et ont pu répandre sur les couches de glaise les sables que nous avons sous les yeux. Mêlés à des débris de végétaux flottants, dans les lagunes, il ont acquis cette teinte chocolatée. L'extrême régularité de minces couches de glaise intercalées entre deux couches de sable semble militer en faveur de l'origine aérienne de ces sables, car si ceux-ci avaient été amenés par des courants suffisamment puissants pour les charrier, les argiles sous-jacentes auraient été ravinées. M. van Ertborn rappelle ensuite que M. Van den Broeck a fait un sondage dans l'une de ces sablonnières, très probablement dans le fond de celle qui est désignée sous le n" 119 ^ dans le levé géologique de la pi, de Lubbeek. Ce géologue a trouvé, à Q'"ï)0 environ sous la base de la couche supérieure de glaise verte, 0"'20 de marne lacustre fossilifère avec petits débris coquilliers dénotant la présence de coquilles fluvio-marines ^. La base du banc supérieur de glaise de Henis se trouvant vers la cote 69, les dépôts fluvio-marins descendent en ce point au moins jusqu'à la cote 60. M. van Ertborn ajoute encore qu'en un point situé à 2,200 mètres à l'ouest ^ de la sablonnière autour de laauelle la Société se trouve réunie, et précisément sous le même parallèle,, la base caillouteuse de T' s'observe à la cote 52 et qu'elle doit se trouver très probablement au même niveau sous nos pieds. Or, à Pellenberg et à Brempt, le tongrien inférieur marin a au moins 15 mètres de puissance et se trouverait réduit à moins de 8 mètres à Mont-Saiut-Martin. Se basant sur la régularité remarquable des couches oligocènes dans cette région, les auteurs du levé géologique de la pi. de Lubbeek lui ont assigné la même épaisseur dans la zone qui s'étend dans le voisinage de Mont-Saint-Martin et ils ont été induits ainsi en erreur en rangeant les sables chocolatés que nous avons sous les yeux dans l'assise inférieure de l'étage tongrien. Prenant ensuite le chemin qui débouche en face du n" 119 et tournant immédiatement à droite après y avoir fait quelques pas *, nous trouvons dans les talus du chemin creux la base caillouteuse de R', reposant sur une couche de sable très argileux T^. Un peu plus haut dans le même chemin, nous trouvons également un niveau fossilifère R'. 1 Long. 0'>2T8" E. Lat. 50o5r42". Cote 65. 2 Procès-verbal de la séance de la Société du 6 mai 1882, page cxvii. « N" 123. Long. 0°25'2Û" E. Lat. 50o51'20". Cote 54. * Chemin dans lequel se trouvent les n°^ 116 et 117 du levé géologique de la pi. de Lubbeek et qui conduit à l'îlot bolderien n° 118. MÉMOIRES 39 Nous y recueillons : Lucina, sp. ? Cijprina rotundata, Braun. Cardila, s p. ? Pecten Hœninghausi, Defr. (grands et beaux ex.). Panopœa, sp. ? Pectunculus, sp . ? et quelques 6'yre^m^g»m/r«'<ï^«,Desh. remaniées delà couche T'sous-jacente. Enfin, un peu plus haut, dans le même chemin, vers la cote 75, nous observons l'argile rupelienne R\ Revenant ensuite sur nos pas jusqu'à la chaussée, et laissant le hameau de Mont-Saint-Martin à droite, nous atteignons le point n° 74 S où, en 1880, la coupe suivante fut levée : Sable jaune 1-00 1 Argile verte ^'^^ '> 1 47 Sable jaune avec minces strates d'argile verie 0.20 Graviers f{/m2?!5 (7^ ?'ù-) et galets 0.15 Sable ligniteux brun chocolat. Nous venons de voir que ce dernier sable doit être rapporté à l'assise supérieure de l'étage tongrien. Le sable jaune supérieur R' est fossilifère; lors de l'excursion du 21 sep- tembre 1881, M. Cogels y a découvert ^ : Pecten Eœninglimtsi, Defr. et PecUmcuhis, sp.? Du point n" 74, nous nous rendons directement à Pellenherg par la ferme d'Aerdebrug et la colline de Cortenberg. La Société décide chemin faisant qu'il est inutile de faire remettre à nu la base caillouteuse du bolderien, qui a été observée d'une manière toute spéciale lors de l'excursion du 21 septembre 1880. Nous explorons ensuite la sablonuière n^ 64 ^ creusée dans le sable bolderien et dans laquelle M. Raeymaekers a découvert récemment des empreintes de fossiles appartenant aux genres suivants : Nucula. Pinna. Cardita. Lucina . Cardium. Pholadoimja. Pecten. Balanophyllia. Les membres de la Société y recueillent plusieurs empreintes de Leda. Passant ensuite au gîte fossilifère diestien n" 65, situé à une altitude supérieure de quelques mètres, nous y recueillons : Natica, sp . ? Turritella, sp.? Pectunculus glycimeris, S. Wood. Cardium décor ticatum, S. "Wood. Terebratula grandis, Blum. 1 A 500 mètres à lest de la ferme d'Aerdebrug. Long. 0''27'r'E. Lat.SCSg'S". Cote 67. 2 Un peu plus haut, dans le chemin vers l'est. 3 Long. 0»2537" E. Lat. 50''5218". Cote 95. 40 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Ce gisement fossilifère fut découvert par les auteurs du levé géologique de la pL de Lubbeek le 23 mars 1880. La présence de Terebratules bivalves ne laissait pas planer le moindre doute sur le bien fondé de l'opinion de Dumont, qui rangeait cette couche parmi les terrains tertiaires. Ce gise- \nent fut exploré plus tard par M. Van den Broeck, qui y trouva un assez grand nombre de fossiles. Après un moment de repos à Pellenberg, la Société, descendant la colline, observe successivement le diestien, le bolderien, l'argile R', le sable blanc fin R' au n" 60 \ le sable jaune grossier R' au n" 59 2, puis gagne la chaussée et atteint, enfin, la briqueterie de M. Tops, située entre les bornes kilométriques n"' 28 et -29. Cette briqueterie est celle qui a été explorée avec beaucoup de soin le 24 septembre 1880 et dont la coupe se trouve dans le texte explicatif de la pi. de Lubbeek ^. Nous reproduisons ici cette coupe : Limon et cailloux. A. B. C. D. E. F. G. H. L J. K. L. M. N. 0. Sable jaune 1.50 Sable jaune très grossier (cote 60) 0.20 Sable fin ferrugineux 0.10 Sable jaune, fin, légèrement glauconifère, renfermant quel- ques grains de quartz plus gros, ressemblant fort au sable A 2.00 Le sable D passe brusquement à une argile sableuse jaune mouchetée 1.70 Argile sableuse grise 0.10 La même jaune > . O.'iO La même plus sableuse 0.55 Sable jaune de moins en moins argileux avec grains de quartz épars dans la masse 1.25 Graviers (grains de riz) et galets (cote 54) O.ID Sable jaunâtre 1.80 Argile sableuse jaune 0.30 Graviers (grains de riz) et galets (cote environ 52) . . . 0.15 Sable blanc 2.00 Sable argileux jaune (non percé) 3.00 ) 10.15 R» 5.00 T^ 15.15 M. Velge fait remarquer qu'il y a surtout à considérer dans cette fouille trois formations superposées ; à la base, une argile glauconifère rapportée 1 Long. 0°25'23" E. Lat. 50'>52'0". Cote 68. 2 Long. 0°25'8". Lat. 50'>52'8". Cote 65. 3 Long. 0o21'52" E. Lat. 50°52'18". MÉMOIRES 41 généralement au tongrien inférieur ^ ; au sommet, le sable rupelien inférieur bien caractérisé, avec couche de galets à la base ^. Sous les galets, il y a une épaisseur de deux mètres de sable à grains demi- fins reposant sur l'argile par l'intermédiaire d'un gravier ^. Il s'agit de déterminer l'âge de ce sable. Étant inférieur à la base du rupelien, il est évidemment plus ancien que celui-ci ; reposant de plus sur une formation d'âge tongrien inférieur, il doit appartenir à une période intermédiaire entre le dépôt du tongrien inférieur et celui du rupelien inférieur. La période rupelienne ayant suivi immédiatement la période tongrienne en Belgique, il en résulte que le sable en question ne peut être que tongrien. Mais à quel niveau de l'échelle tongrienne faut-il le rapporter? La seule coupe que nous avons sous les yeux, continue M. Velge, ne peut résoudre la question. En effet, tels que les faits s'y présentent, la formation en litige peut aussi bien appartenir au sommet du tongrien qu'à la partie moyenne. Pour élucider la question, il est nécessaire de visiter des régions situées un peu en dehors de l'itinéraire que la Société vient de parcourir. Au nord de Tirlemont, à Vissenaeken et probablement aussi à Kleyn- Kensberg et à Kerkom, on trouve, sous l'argile de Henis fossilifère, du sable à grains demi-fins reposant, par une couche épaisse de sable graveleux, sur une argile identique à celle de la carrière où nous nous trouvons. Je considère, ajoute M. Velge, le sable graveleux et le sable immédiate- ment supérieur de Vissenaeken comme identique au gravier et au sable d'âge problématique que nous avons sous les yeux. Ces derniers sont donc à un niveau inférieur à celui de l'argile de Henis et plus anciens que cette dernière. Comme il n'existe pas de séparation nette entre les couches à Cérithes et Cyrènes et le sable dont nous discutons en ce moment le niveau géologique, nous sommes autorisés, jusqu'à un certain point, à rapporter ce dernier au tongrien supérieur, d'autant plus qu'il est nettement séparé de l'argile inférieure. Dans tous les cas, il est certain que dans la coupe de la briqueterie Tops, il existe une ligne de démarcation bien accentuée entre deux forma- tions considérées comme tongriennes. M. Velge dit encore que, depuis qu'il a signalé les particularités de la coupe de la briqueterie Tops, plusieurs collègues l'ont explorée et qu'ils 1 N. et O. de la coupe, ï De A à J. 3 K, L, M. 42 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE n'ont pas tardé à y recueillir des fossiles ^ Dumont lui-même en avait trouvé dans cette localité en 1850 2. Tous ces fossiles étant marins, on en a conclu que le sable en litige ne pouvait pas appartenir au tongrien supérieur fluvio-marin, mais dans ce cas il n'en reste pas moins démontré qu'il est bien tongrien, et il ne peut donc être que tongrien inférieur. Il en résulterait qu'il y aurait un gravier au milieu du tongrien inférieur, entre l'argile et le sable en discussion. Nous sommes amenés à cette conclusion singulière parce que nous avons admis l'âge tongrien de l'argile ; mais il est à remarquer que cette détermination ne repose sur aucune observation positive. Certaines considérations strati graphiques récentes tendent, au contraire, à identifier cette argile avec l'argile glauconifère de Wemmel. Si l'on admet cette manière de voir, l'interprétation de la coupe est singulièrement simplifiée. Le gravier de la carrière Tops serait la base du tongrien tout entier, et le sable à Ostrea ventilabrum de Grimmertingen serait représenté à Louvain non par l'argile inférieure au gravier, mais par le sable qui la surmonte. Après l'exposition de ces considérations par M. Velge, les membres de l'excursion rejoignent la chaussée et arrivent peu après à Louvain, où ils ne tardent pas à se séparer en emportant les meilleurs souvenirs de ces deux journées d'exploration. 1 Cytherea splendida, Merian et Pectunculus , sp. 2 Mémoire sur les terrains, etc., t. IV, p. 221. BULLETINS DE L.\ i\ BELO-IQTJB TOME XVIII (TROISIÈME SÉRIE, TOME III) ANNEE 1883 BRUXELLES p. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 45, RUE DU POINÇON, 45 BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Séance du 7 janvier 1883. Présidence de M. J. Crocq. La séance est ouverte à 2 1/4 heures. Sont présents : MM. J. Crocq, président; P. Cogels, J. de Guerne, comte A. de Limburg-Stirum, P. Desguin, L. Dollo, V. Liénard, P. Pelseneer, L. Pire, A. Eucquoy, A. Eutot, E. Van den Broeck et Th. Lefèvre, secrétaire. Font excuser leur absence : MM. J. Ballion, H. Denis, H. Vanden- daele et baron 0. van Ertborn. Le procès-verbal de la séance du 3 décembre 1882 est adopté. Correspo7idance. Par dépêche en date du 14 décembre 1882, M. le Ministre de l'intérieur accuse réception des tomes XIV et XVI des Annales et fait savoir que les subsides relatifs à ces volumes sont accordés. MM. Ed. Pergens et A. von Koenen remercient pour leur nomination de membre effectif et de membre correspondant. M. von Koenen annonce renvoi de ses publications et d'une liste de fossiles du miocène d'Anvers, VI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE qu'il vient de publier dans la deuxième partie de sa monographie du miocène du nord de rAllemagne. M. Th. Steel, de Greenock, actuellement en Australie, remercie pour sa nomination de membre effectif et offre d'adresser, en don à la Société, des coquilles vivantes des localités qu'il visite. La commission des échanges internationaux fait savoir que, les opéra- tions du service des échanges devenant de jour en jour plus considé- rables, il a été décidé qu'à partir de cette année, les expéditions à l'étranger seront régularisées et effectuées de trois en trois mois, c'est-à- dire qu'elles auront respectivement lieu endéans la première quinzaine de janvier, d'avril, de juillet et d'octobre. La rédaction de l'Athenœum belge annonce que le journal devient mensuel à partir du 1" janvier 1883. M. R. Stricker, libraire, éditeur des Archives d'Histoire naturelle, à Berlin, informe que, par suite de la mort de M. le professeur D' Troschel, M. le D" V. Martens s'est chargé de la rédaction. La Société d'Histoire Naturelle de Colmar, la Société de Borda, la direction du Journal de Conchyliologie, la Société d'Histoire Naturelle de Giessen, le Service géologique du Canada, la Société royale de Zoologie d'Amsterdam et l'Institution Smithsonienne accusent réception de publi- cations. Dons et envois reçus. Coquilles terrestres de la Carinthie, don de M. F. Ressmann. Ouvrages offerts parleurs auteurs : M. A. ^v\nv{ {Principes élémentaires de palèonlologie); M. N. de Mercey {Nouvelles observations sur quelques travaux relatifs au quaternaire du Nord); M. R. Y{'éi\iûev{Additional notes on tfie Trochamminœ ofthe Lower Malm ofthe Canton Aargau, including WehUna and Hormosina); M. A. Morelet {Observations cri- tiques sur le mémoire de M. E.- V. Martens, intitulé .- Mollusques des Mascareignes et des Séchelles); M.J.Ortlieb {Compte rendu de V excursion de la Société géologique du Nord au Mont-des-Chats et aux collines environnantes); M^Ma marquise M. Paulucci {Note malacologiche sulla fauna terrestre e fïumale delV isola di Sardegna); D^ A. von Koenen (1. Die Kulm-Fauna vonHerborn. 2. Die Gastropoda holostomata und tectihranchiata, Cephalopoda und Pteropoda des Norddeutschen Miocàn. 3. Ueber das Ober-Oligocan von Miepke. 4. Ueber die Tertidrversteine- BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 VII rungen von Kiew, Budzak und Traktemirow. 5. Ueber die Gatiung Anoplophora, Sandbg. {Uniona Pohlig). 6. Ueber die Phosphorite der Magdeburger Gegend. 7. Ueber einige geologische Vorkommnisse der Umgebung Marburgs. 8. Bas marine Mittel-oligocaenNorddeutschlands und seine Mollusken-Fauna. 9. Beitrag zur Kenntniss der Mollusken- fauna des Norddeutschen Tertiàrgebirges. 10. Ueber Conorbis und Cryptoconus, zwischenformen zwischen den Mollusken - Gatlungen Conus und Pleurotoma) -, M. É. Hennequin {Notes et considérations sur r Egypte, V^ partie); M. L. Dollo {Première note sur les DinosawHens de Bernissart); MM. G. Pouchet et J. de Guerne {Sur la faune mcdacolo- gique du Varangerfjord). Publications reçues en échange de la part de l'Académie royale de Metz, de l'Observatoire de Rio de Janeiro, de l'Académie royale des sciences de Belgique, des rédactions de la Feuille de zoologie de Leipzig, de la Feuille des jeunes naturalistes, de l'Atheneeum belge, du Journal de conchyliologie de Leeds, de la Revue des Sociétés de botanique « Irmis- cliia » , et des sociétés suivantes : Pour l'étude de la faune et de la flore de la Finlande, d'Agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, Chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt, Royale de botanique, Royale belge de géographie. Zoologique de Londres, pour l'Instruction de Porto, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Centrale d'agri- culture de Belgique, Belge de microscopie, Malacozoologique allemande, de Lectures et Conversations Scientifiques de Gènes, Botanique de Lyon, Entomologique de Belgique et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires du procès-verbal de la séance du 3 décembre 1882, ainsi qu'un exemplaire des tirés à part suivants des Annales, tome XVII, 1882 : Note sur des observations no2iT elles faites aux environs de Bruxelles, Castre et Renaix. — Résultats de nouvelles recJiercJies dans l'éocène supérieur de la Belgique, par A. Rutot. Communication du Conseil. M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance du 4 janvier 1883, a reçu comme membre effectif de la Société M. le baron Alfred de Loë, à Harmignies, près Mons, présenté par M. le comte G. de Loos- Corswarem et M. A. Rutot. VIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE LecUires. M. de Guerne fait la communication suivante : NOTE SUR UN CAS DE MONSTRUOSITÉ SCALAIRE DU PLANORBIS ROTUNDATUS, POIRET, par Jules de GUERNE. Parmi les anomalies les plus bizarres qui ont fixé à juste titre l'atten- tion des naturalistes, figurent en première lig-ne les monstruosités scalaires du genre Planorbe. Jamais être au monde n'a contredit l'ét^ymologie de son nom d'une manière plus flagrante qu'un Planorhis complanatus, allongé en tire-bou- chon. C'est précisément à cette espèce qu'appartiennent les curieux exemples de ce cas tératologique, publiés dans les Annales de la Société par notre collègue M. Pire'. La série qui fait l'objet de la présente communication se rattache à une forme difi^érente, le Planorhis rotiindatus^ Poiret {PI. leiicostoma^ Millet). J'en possède environ soixante individus, qui offrent les aspects les plus variés depuis la déviation à peine sensible du plan de la coquille jusqu'à l'étirement et à la séparation complète des tours. Voici les types normaux qui permettent de juger du degré de déformation. Tous les spécimens que vous avez sous les yeux ont été recueillis en Bretagne, à Belle-Isle,et dans le ruisseau de la Colinière (Loire-Inférieure.) Cette dernière localité, signalée autrefois par Caillaud^ n'avait fourni à l'infatigable chercheur qu'une dizaine d'exemplaires de cette monstruo- sité rare et des j)lus reoiiarquahles^. Il est à regretter que Caillaud ne nous ait donné aucun renseignement sur les conditions d'existence de ses Planorbes scalaires. Je ne puis mal- heureusement combler cette lacune, n'ayant pas récolté moi-même les exemplaires qui'sont aujourd'hui en ma possession. J'ajouterai, toutefois, que plusieurs spécimens montrent encore, inter- posés entre les tours de spire, de petits amas durcis d'une boue très plastique. Dans certains cas, le test paraît, en quelque sorte, moulé sur ces parties résistantes, qui ont pénétré à la façon d'une gangue dans les moindres interstices. Le fait s'observe d'une manière très nette sur un certain nombre d'échantillons, notamment sur l'un des plus jeunes. On y voit la coquille, 1 L. Pire. Annales Soc. Malac. de Belgique. Vol. VI, page 23, pi. II et III, et vol. XIV, p. 80. * Bes monstruosités chez divey^s mollusques. Journ. de Conchyl. Vol. VII, p. 231 et 310 pi. XV, fig. 7(1858). ' Caillaud. Loc. cit , page 231. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 IX régulière au début, s'écarter brusquement dans le plan horizontal, comme pour constituer une spirale à tours disjoints. Il semblerait que, un dépôt de matière étrangère s'étant formé au voisinage de l'ouverture, l'accroisse- ment n'ait pu continuer suivant la courbe normale et que le rayon de celle-ci soit devenu tout à coup plus considérable'. Les Plauorbes dont il s'agit sont d'ailleurs trè=î propres et ne présentent aucune trace de ces incrustations, si fréquentes chez les mollusques fluviatiles. Cette déformation au premier degré a été rencontrée en Angleterre, par M. G. JefFreys, également chez le Planorbis fotundatus. Les exem- plaires anomaux, recueillis près de Swansea, vivaient dans un étang herbeux dont les eaux furent absolument troublées par l'apport d'une grande quantité de boue. Le savant couchyliologiste de Londres n'hésite pas à attribuer à cette circonstance la modification apportée à l'enroule- ment des coquilles \ Sans rien préjuger sur l'étiologie de cette difformité, sans critiquer le moins du monde la tentative d'explication qui en a été faite par M. Van den Broeck\ je tenais cependant à rapprocher du cas actuel l'observation antérieure de M. Jeffreys. Mes Planorbes scalaires sont intéressants à un autre point de vue. On a beaucoup discuté la question de savoir si le genre Planorbis est dextre ou sénestre ; je ne referai pas ici l'historique d'un débat engagé, il y a plus d'un siècle, par l'illustre Adanson *. Les coquilles déroulées ont fourni aux partisans des deux opinions con- traires des arguments de valeur à peu près égale. La série très nombreuse que M. Pire a fait connaître se compose uniquenleut d'exemplaires dextres. Dans un article très riche en iudications bibliographiques, Môrch donne une longue liste de monstruosités semblable^*. Il ne cite, d'autre part, que trois cas inverses : l'un d'après Hartmann, celui de Caillaud, relaté ci- dessus, et un dernier enfin qui lui est personnel. Plus récemment, M. Van den Broeck a décrit et figuré*' un Planorlis complanatus scalaire et sénestre. Cette dernière forme paraît être, eu définitive, de beaucoup la moins fréquente. Mes spécimens s'y rapportent pour la plupart. Sur 24 individus choisis parmi les plus aberrants, 7 sont dextres, 17 sénestres. Il importe de noter que la disjonction, que la torsion la plus marquée se rencontre 1 M. Lecomte a décrit et figuré, dans le Bulletin delà Société Malacologique (vol. VI, page LXXn), un Planorbis albiis, Millier, présentant cette anomalie. 2 British Conchology. Vol. I, p. 88(1862). 3 Bull. Soc. Malac. de Belgique. Vol. VI, p. LXi. * Rist. nat. du Sénégo.l. 1757. » Journ. de Conchyl. Vol. XI, p . 235 (1863). 9 Ana. Soc. Malac. de Belgique. Vol. VI, p. 82, pi. II, fig. 1. X SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE toujours chez les individus sénestres. Un Planorbe peut s'élever fortement dans le sens vertical en conservant cependant des tours contigus. Plusieurs offrent l'aspect d'un Solarium en miniature; dans cette catégorie, je ne possède que des exemplaires dextres. L'étude isolée de ma petite collection mènerait à penser qu'un Planorbe sénestre est spécialement prédisposé à devenir scalaire au dernier degré. Ou bien encore, si Ton veut renverser la proposition, l'individu prêt à s'étirer eu hélice se trouve dans un état particulier de plasticité qui lui permet de se courber indifféremment à droite ou à gauche. Plus la ten- dance à l'écartement des tours sera grande, plus il y aura chance de voir se former une coquille sénestre. Il semble qu'une même cause influence simultanément deux phénomènes, qui manifestent, dès lors, une propen- sion décidée à se combiner d'une façon constante. L'examen des planches de M. Pire ' paraît confirmer les présentes remar- ques. Aucun des échantillons figurés ne montre d'intervalle complet et régulier entre tous les tours de spire; une seule exception serait fournie par l'individu en tire-bouchon représenté dans le texte de l'article complé- mentaire^. Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que la question de savoir si le genre Planorbe est dextre ou sénestre puisse être tranchée par la conchyliogie seule. Quant à présent, je livre les faits, sans autres commentaires, à l'appréciation des naturalistes, me réservant d'en chercher la signification véritable le jour où un hasard heureux mettra entre mes mains quelque exemplaire vivant de Planorbe scalaire. L'anatomie du mollusque anomal donnera peut-être enfin la solution du problème relatif au sens réel d'en- roulement de la coquille. M. de Guerne offre ensuite à la Société, au nom de M. le pro- fesseur Pouchet et au sien, une note préliminaire sur la faune malaco- logiq^ie du Varanger/jord, note récemment publiée dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris. M. de Guerne ajoute, à ce sujet, quelques renseignements particuliers sur la température et sur les fonds où vivent les animaux. Sollicité par plusieurs de nos confrères, M. de Guerne promet de rédiger pour le Bulletin les observations encore inédites qu'il vient d'exposer à la Société. 1 Loc. cit. 1871. a Loc. cit. 1879. (1" fifî. dans le texte. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XI La parole est ensuite donnée à M. Van den Broeck, chargé par notre collègue M. Dolifas de lire le travail suivant : NOMENCLATURE CRITIQUE DU " TROPHON ANTIQUUS ». NEPTUNEA ANTIQUA, L. sp. (Mui'ex), par Guslave-F. DOLLFUS. Je lis dans les procès-verbaux de la Société Royale Malacologique de Belgique, séance du 5 novembre 1882, que M. Van den Broeck propose de changer l'expression si répandue aujourd'hui de TropJwn antiquus par celle, plus correcte, de Fusns antiquus. Cette correction m'a paru, en effet, indispensable ; mais il m'a semblé, en même temps, qu'il y aurait lieu de faire un changement plus radical encore et d'adopter le nom de Nep- tuneaantiqua, saisissant cette circonstance pour examiner rapidement, par un exemple entre beaucoup, l'intérêt et la valeur historique de la nomen- clature en général à un moment où elle est remise en question et soumise à la critique. Je diviserai naturellement cette étude rapide de la façon suivante : I. Etude des genres Trophon, Fusus et Neptunea. II. Historique du Neptunea antiqua et des espèces voisines. I. Le genre Tro^/^ow a été créé en 1810 par Denys de Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, tome II, page 483, pour le type qu'il a figuré àxi Murex 3Iagellanicus(Gme\m, 1789,etLamk.), qui aurait dû être nommé Buccimm Qeversianum de Pallas (1769) ; ce genre a été longtemps mé- connu, il a même été rejeté par Deshayes, en 1866 [Description animaux s. vert. Bassin Paris, t. III, p. 313), qui l'a regardé comme un démem- brement inutile des Murex. C'est cependant un genre très commode, à caractères suffisamment nets, intermédiaire entre les Murex et les Fusus. Le canal est oblique, les côtes-varices sont lamelleuses, le labre arrondi, etc. Le Fusus antiquus n'offre point ces caractères ; c'est, croyons-nous, M. Wood, dans son Crag Mollnsca (1848, tome I, page 43), qui, imitant à tort Môller, a répandu cette appellation fautive; le Murex antiquus de Linné avait passé déjà alors, depuis longtemps, dans le genre Fusus de Lamarck, et il n'y avait aucune bonne raison pour l'en détacher. Le genre Fusus est fort ancien et l'un des plus corrects de la nomen- clature. Il a été employé pour la première fois, à notre connaissance, par Rum- phius, dans sa description hollandaise des coquilles d'Amboiue en 1705 {Amhoinisclie Rareteitkamer, Amsterdam, in-folio, pi. 29, fig. 7^. Édition latine, 1710], pour une coquille qui est devenue le Fusus coins. XII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE Le genre Fnsiis a été définitivement établi par Klein en 1753, dans son Tentamen MeilmU Ostmcologica, page 60, qui a fait du Fiisus de Rum- phius le Fusns Rumpliianus {Exemple de nomendaUtre linominde amnt Linné), et du Fnsus Irevis de Ruraphius une seconde espèce également bien distincte. Il a fait rentrer de même, mais à tort, dans ce g^uve Fusns h la suite des Pleurotomes, des Fasciolaria, etc. Ce sont là des erreurs faciles à comprendre pour l'époque. Le genre Fusvs a été ensuite conservé par Martini, Schroter, Bruguière, Hump\rey,Bolten; il na pas été admis par Linné. Le type Lamarckien (1799) au Prodrome dnne nouvelle cJass if cation des coquilles [Mémoires de la Société d'Histoire riaturelle de Paris) est emprunté à Bruguière; c'est le J/wr^^co?7^5 Linné, i^w*W5C0/?f^Lamk. Ce type irréprochable possède bien, avec le JVeptnnea aniiqna, un très grand nombre de caractères com- muns, je dirai même les plus importants; mais il s'en distingue cepen- dant par un canal très long, par une forme moins trapue, par la présence d'un bord interne lamelleux détaché de la columelle, par un labre denticulé et peu développé, par un épiderme feutré et non pellu- cide, etc. C'est donc avec grande raison que Swainson, en 1840, a créé pour le groupe du Fusns antiquus le genre Clirysodomus, en prenant pour type le Fusns despectus de YEncyclopèdie (pi. 4'^6, fig. 4), genre admis comme sous-genre des Fusns par Woodward et d'autres conchyliologues; mais il avait oublié que, longtemps auparavant, Bolten avait créé un autre nom pour le même groupe d'espèces, le genreiVe;;i{/« le miocène, soit dans l'éocène ou l'oligocène de l'Europe. ^ A propos du travail de M. Dollfus, M. Jules de Guerne in ûste sur la difficulté que présente la détermination des Fusus appartenant au groupe dont notre honorable collègue étudie l'histoire. L'examen de séries nom- breuses d'espèces arctiques rapportées par divers voyageurs et par lui- même a convaincu M. de Guerne de l'utilité pratique de coupes telles que Neptnnea, Volntopsis, Cimjsodomus, Sipho. Dans son excellent ouvrage sur la faune malacologique de la Norvège septentrionale {MoUusca o'egio- nisarcticœKorvegiœ, Christiania, 1878), le professeur G.-O. Sarsles admet comme autant de genres distincts et tire des armatures linguales quelques bons caractères {lac. cit., pi. X). 2 XVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE M. de Guerne rappelle que le naturaliste danois Môrch a beaucoup étudié les groupes en question, dont le Musée de Copenhague possède une remarquable collection. A ce propos, notre confrère signale également la publication prochaine d'un travail fort intéressant où se trouveront compris la plupart des Fusus de la zone glaciale. C'est le grand mémoire de M. Friele sur les mollusques recueillis dans l'Atlantique du Nord par les expéditions norvégiennes de 1876 à 1878. Des matériaux extrêmement riches ont été amassés; M. de Guerne a pu en juger par un certain nombre de planches encore inédites que M. Friele a bien voulu lui com- muniquer. M. Pelseneer se déclare grand partisan du changement proposé par M. Dollfus dans la dénomination du Fusus antiqmis, L. Il croit qu'on devrait aussi adopter le nom générique de Neptunea pour plusieurs autres espèces européennes rangées, par la plupart des nomenclateurs, dans le genre Fîisus. Ces espèces habitent toutes les mers septentrionales; elles sont généralement lisses ou seulement ornées de fines stries spirales et se distinguent encore par d'autres caractères plus importants, que M. Dollfus a énumérés au sujet de l'espèce antipms, des vrais i^7(5?;^, ordinairement pourvus d'ornements en saiUie et habitant les mers méridionales, à l'exception de deux formes : F. berniciensis et F . fenestraUis , originaires des mers du Nord. Petit de la Saussaye a autrefois réclamé la séparation de ces deux groupes de mollusques. Weinkauif l'a exécutée. Cet auteur comprend quatre groupes dans le genre Neptunea. L'un d'eux est formé d'un genre voisin des Neptunea : le genre Buccinopsis de M. J. Gwyn- Jeffrey s. Cette annexion ne paraît pas suffisamment justifiée, car le genre Buccinopsis est fort nettement caractérisé. Les autres groupes sont : les Neptunea typiques, ayant le N . antiqua pour « standard » , et répondant fort bien aux caractères du genre Chry- sodomus, Swains. (on pourrait donner ce nom à cette section); le deuxième groupe est, pour Weinkauff, le sous-genre Tritonofusus , Beck. ; il ne comprend qu'une seule espèce, le remarquable Fusus islanclicus, Chem- nitz ; enfin, le troisième groupe est le sous-genre /SipJio, Adams frères, et contient le Fusus gracilis, Da Costa, et les espèces voisines. Le D' Paul Fischer classe tous les Fusus des côtes océaniques de France dans le genre Neptunea., même le F. berniciensis. M. Paul Pelseneer ajoute que, personnellement, il avait jusqu'ici rangé les Fusus vivants de Belgique dans le sous-genre Neptunea, et que H. Nyst, dans son ouvrage posthume sur la conchyliologie du terrain pliocène scaldisien, met le BULLETIN DES SÉANCES, — ANNÉE 1883 XIX F. antiqims dans le sous-genre Neptunea, et le F. gracilis dans le sous- genre SipJio. M. Van den Broeck constate le côté utile et pratique des discussions relatives aux questions de nomenclature. Il voudrait voir la Société mettre à l'ordre du jour de ses séances des questions analogues à celle traitée aujourd'hui par M. Dollfus, et il croit que la Société pourrait avantageusement entrer dans cette voie. Il propo- serait volontiers, le cas échéant, la nomination d'uue commission de la nomenclature, ayant pour mission d'atteindre le bat qu'il préconise. M. P. Cogels fait remarquer, au sujet des observations de M. Dollfus sur l'emploi de la nomenclature binaire avant Linné, que Pierre Belon a déjà fait usage de ce système, vers le milieu du xvr siècle et, par consé- quent, bien avant les dates qui viennent d'être citées. M. Cogels signale particulièrement à l'attention de ses confrères un article publié par M. Louis Crié et destiné à faire rendre au naturaliste français la justice qui lui est due. Cet article, intitulé : Pierre Belon et la nomenclaUire binaire, se trouve dans le numéro du 9 décembre 1882 (n° 24) de la Revue scientifique. L'auteur y donne de nombreux exemples de noms linnéens, qui remon- tent en réalité à Pierre Belon. Dans un article précédent, intitulé : Pierre Belon, du Mans^ et Vanatomie comparée, M. L. Crié avait fait ressortir les mérites de Belon à un autre point de vue. Il faut voir dans le savant man- ceau le créateur de la méthode comparative. Tous les naturalistes, de quelque branche de la science qu'ils s'occupent, liront avec intérêt les pages consacrées par M. Louis Crié à Pierre Belon. Communications des membres. M. le Secrétaire, au nom de M. H. Vandendaele, empêché d'assister à la séance, fait la communication suivante : Notre collègue M. Vincent a décrit et figuré, dans le tome XVI des Annales, un Cardium nouveau pour la faune paniselienne, qu'il a déter- miné sous le nom spécifique de C. paniselense. Cette description, faite d'après des moules ou des individus incomplets, devait nécessairement présenter quelques lacunes, que de nouvelles décou- vertes pourraient combler peu à peu. Nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt de mentionner la découverte d'un fragment de Q.Q,Cardiîim, en bon état de conservation, dans un bloc de grès lustré recueilli à Renaix (Ten Abeele), dans le système paniselien XX SOCIÉTÉ ROYALE MALâCO LOGIQUE DE BELGIQUE (p^ de récheHe stratigraphique de M. le capitaine Delvaux, planchette de Renaix). En règle générale, la disposition des épines est bien celle que renseigne M. Vincent. Notons cependant que les côtes épineuses ne sont quelquefois séparées que par une seule côte plane. Sur le côté postérieur, tronqué par un angle fortement accusé, les épines sont plus rapprochées et leur lon- gueur diminue considérablement; mais, d'autre part, toutes les côtes offrent des tendances à s'en orner. Ces épines diffèrent de celles figurées dans les Annales en ce qu'elles sont plutôt coniques et courtes que lon- gues et déprimées. Comme dimension remarquable, nous avons recueilli un individu adulte mesurant 41 millimètres de longueur sur 37 de largeur et dont la surface extérieure est ornée de 36 côtes bien distinctes. M. le Président remercie ensuite les auteurs des différents travaux pré- sentés, et spécialement M. de Guerne, de Lille, dont il est heureux de signaler la présence parmi nous. Sur sa proposition, l'assemblée décide l'impression de ces communications au procès-verbal de la séance. La séance est levée à 3 1/2 heures. Séance du 4 février 1883. Présidence de M. Crocq. La séance est ouverte à 2 1/4 heures. Sont présents : MM. J. Crocq, président; P. Cogels, A. Craven, comte A. de Limburg-Stirum, É. Delvaux, A. De vos, L. Dollo, P. Pelseneer, F. Rofiiaen, A. Eucquoy, A. Rutot, J.-D. Stevens, E. Van den Bioeck, H. Vandendaele, baron 0. van Ertborn, G. Velge et Th. Lefèvre, secré- taire. Font excuser leur absence : MM. H. Denis et H. Roffiaen. Correspondance. Répondant à une demande de la Société, en date du 15 juillet 1882, la Commission belge des échanges internationaux fait savoir qu'une suite favorable a été donnée à la proposition d'échange qui lui a été soumise. Approuvant les sentiments de confraternité qui ont engagé la Société à prendre l'initiative d'un envoi collectif en faveur de la Société Lin- néenne de la Nouvelle-Galles du Sud, les Sociétés belges de microscopie, BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXI royale des Sciences de Liège, Centrale d'agriculture de Belgique, le Cercle Dinantais, la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique ont fait parvenir, ainsi que M. le professeur Éd. Morren, de nombreuses publications. M. le Secrétaire a, en outre, reçu avis d'autres envois émanant des Sociétés Géologique de Belgique et Royale Linnéenne de Bruxelles, ainsi que des rédactions de rx\tlien8eum belge et du Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles. Le Service géologique des Indes, l'Institut royal géologique de Hongrie, le Comité de l'expédition norvégienne au pôle Nord et la Société royale de la Nouvelle-Galles du Sud annoncent l'envoi de publications. L'Académie royale des sciences de Bavière, l'Académie des sciences, des arts et des lettres, l'Académie du Wisconsin, les Sociétés géolo- gique de Manchester, Zoologique de Londres, des Sciences naturelles de Brème et des Naturalistes de Norfolk et Norwich accusent réception de publications. La Société d'Histoire naturelle de Glasgow annonce l'envoi et accuse réception de publications. Do7is et envois reçus. M. Devos fait hommage de son portrait photographié. Brochures offertes par leurs auteurs : MM. É. Delvaux {Note sur le forage d'un jndts artésien exécuté en aoiU 1882, à Benaix); A. Senoner {Regensh. Corresj). Blatt, 18^2); A. Devos (1. Les plantes naturalisées ou introduites en Belgique. 2. Étude sur la naturalisation de quelques végétaux exotiques de la montagne de Saint-Pierre, lez Maastricht. 3. Etude sur Vaire d'extension de quelques plantes méridionales dans le bassin de la Meuse. 4. De la citation des ptoblications dans les bibliograpMes bota- niques et des tirés à part. 5. Note sur quelques plantes rares trouvées de 1871 à 1881, principalement dans la province de Liège. 6. Notice sur la vie et les travaux de Henri Lecoq. 7. Les Daupliinelles . 8. É numération méthodique des plantes noîivelles et intéressantes qui o?it été signalées en 1877-78-79-80-81). Publications reçues en échange de la part de l'Académie des sciences d'Agram, de l'Académie d'Hippone, du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique, du Comité royal géologique d'Italie, de l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro, de l'Académie royale des Lynx de Rome, de l'Institut royal géologique de Hongrie, du Comité de l'expédition nor- végienne au pôle Nord, du Service géologique des Indes; des rédactions de l'Athenseum belge, de la Feuille des jeunes naturalistes et des Sociétés suivantes : Asiatique du Bengale, Royale de la Nouvelle-Galles du Sud, XXll SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Linnéeune de Londres, des Sciences naturelles de Saint-Gall, Géologique de Londres, Entomologique de Belgique, Scientifique industrielle de Marseille, Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud, d'Histoire naturelle de Glasgow, de Borda à Dax, Espagnole d'histoire naturelle, Géologique allemande de Berlin, d'Histoire naturelle de Metz, des Sciences et des arts de nie de la Réunion, d'Histoire naturelle de Cincinnati, Belge de microscopie, des Naturalistes de Modène, d'Histoire naturelle et de méde- cine de Heidelberg, Malacozoologique allemande, Botanique de Lyon, de l'Athénée de Brescia et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société, un exem- plaire du tiré à part suivant des Bulletins (tome XVII, 1882) : Note sur la décotiverte d'ossements appartenant à des espèces éteintes dans le quater- naire de Mons et de Renaix, par É. Delvaux. Lectures. M. le Secrétaire donne lecture de la note suivante : NOTES SUR L'HISTOIRE NATURELLE DES RÉGIONS ARCTIQUES DE L'EUROPE. LE VARANGERFJORD, par Jules de GUERNE. Dans la séance du 7 janvier 1883, j'ai eu l'honneur de présenter à la Société, au nom de M. le professeur Pouchet et au mien, une note préli- minaire sur la Faune malacologiqne dn Varangerfjord. Cet opuscule, récemment publié dans les Convptes rendus de V Académie des sciences de Paris \ donne un aperçu des récoltes faites au cours d'une mission scien- tifique accomplie en 1881, sous les auspices du gouvernement français. Comme je complétais cet exposé très succinct par quelques détails relatifs au but du voyage et aux pays explorés, plusieurs personnes exprimèrent le désir de voir figurer au Bulletin le résumé de ma commu- nication. Je m'empresse de répondre aux aimables instances des membres de la Société Malacologiqne et je saisis avec grand plaisir l'occasion qui m'est offerte de remercier mes collègues belges de leur excellent accueil. L'expédition à laquelle M. Pouchet voulut bien me faire adjoindre comme zoologiste avait pour objectif spécial l'étude des cétacés. Il s'agis- sait, avant tout, de se procurer, pour la collection du Muséum de Paris, plusieurs grands squelettes, des fœtus à différents âges et une série aussi complète que possible de pièces anatomiques empruntées à des organes 1 Séance du 11 décembre 1882. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXIII mous parfaitement frais. Un pareil programme ne pouvait être rempli que dans une localité pour ainsi dire exceptionnelle, où l'on eût la certi- tude de ne jamais manquer de matériaux de travail, La petite ville maritime de Vadsô, située en Norvège, dans la province de Finmark, par 70''4' de latitude nord et 27°26' de longitude orientale (Observatoire de Paris), parut réunir toutes les conditions désirables de succès. C'est un centre actif de pêcheries, bien placé vers le milieu du Varangerfjord; les Lapons s'y donnent rendez-vous l'été, cherchant, dans cette agglomération de 1,500 à 1,800 âmes, des facilités de trafic qui manquent absolument à l'intérieur du pays. Un baleinier émérite, plein de hardiesse et d'expérience, M. Svend Foyn, a fondé, à Vadsô, en 1868, une usine d'un genre tout spécial, où l'on tire parti des balénoptères qui fréquentent en grand nombre, durant la belle saison, les parages du Varangerfjord. Ce n'est pas ici le lieu de décrire lâchasse aux baleines et la méthode suivie pour utiliser complètement leurs restes énormes. On trouvera ailleurs de longs détails à ce sujet '. Avant le départ, nous savions à quoi nous en tenir sur les ressources cétologiques de Vadsô. M. Foyn, instruit de notre arrivée, devait nous donner libre accès dans son chantier de dépècement et assurer ainsi la réussite de notre entreprise. L'événement n'a point trompé notre attente. On peut aujourd'hui, soit par l'étude des collections du Muséum de Paris, soit par d'importants mémoires récemment publiés -, juger que des résultats très satisfaisants ont été obtenus en ce qui concerne les cétacés. Là ne se sont point bornés nos travaux. Une corvette à roues, le Ooligny, ayant été mise par le Ministère de la marine à la disposition de M. Pou- chet, nous fîmes tous nos efforts pour tirer le meilleur parti possible de ce puissant moyen d'action. C'est ainsi qu'entre des séjours plus ou moins longs à Vadsô, fut poursuivie l'exploration du Varangerfjord ; c'est ainsi que s'accomplirent, dans des conditions très favorables, les dragages dont j'ai la bonne fortune de pouvoir étudier les produits, après avoir fait moi-même une partie de la récolte. Le Varangerfjord, entre les innombrables découpures des côtes norvé- giennes, est la seule qui s'enfonce dans les terres de l'est à l'ouest. Sa forme rappelle celle d'un V très allongé, que le 10^ degré de latitude traverse obliquement dans une assez grande longueur. L'extrémité occi- * Voir Martial, Mission scientifique en Lapohie (Revue marit. Nouv. série, 1. 1, janv, 1882), — PoucHET. Un séjour en Laponie (Nouvelle Revue, 15 mars 1882). — Jules de GvEïisK. Souvenirs dhmemission scientifique, etc. (Bull. Union géograph. du Nord, 1882). 2 Voir PouCHET et Chabry. Sur l'évolution des dents de Balœnides. Comptes rend. Acad. se, Paris, 20 février 1882 . Beauregard et Boulart. Recherches sur les appareils génito-iirinaires des Balœnides (Journal de l'Anatomie, 1882). XXÎV SOCIÉTÉ ROYALE MALÂGOLOGIQUE DE BELGIQUE dentale du fjord est située à 26''15' de longitude est; l'île de Vadsô au nord (longitude 28''47') et le cap Nametzki, eu territoire russe, au sud (long-itude 29°3r), peuvent être choisis comme points caractéristiques pour en déterminer l'entrée. C'est, en définitive, un grand bras de mer largement ouvert du côté de l'est, ne pouvant donc participer que de très loin au régime du Gulf-Stream. On verra que la faune est effecti- vement celle des eaux froides. Les deux rives du golfe appartiennent à des âges géologiques distincts et présentent un aspect essentiellement différent. Au nord, la côte, peu escarpée, s'élève en amphithéâtre par une suite plus ou moins régulière de terrasses couvertes de sable et de galets. La glace a imprimé partout la trace de son action. Le sol offre également l'apparence d'une terre émergée, et il n'est pas besoin d'études préalables pour que l'idée d'une vaste oscillation vienne, en quelque sorte, s'imposer à l'esprit. Quelques observations confirment cette manière de voir. Le promontoire de Store Ekkero, par exemple, qui constitue aujourd'hui la partie avancée d'une presqu'île, n'est réuni au continent que par une petite flèche sableuse, un lido extrêmement ba^;. A Vadso, l'île qui abrite le port, celle-là même où s'est établi M. Foyn, communique pendant les plus basses marées avec la terre ferme. Une bande sableuse très étroite permet de franchir à pied sec le détroit peu profond, qi;e la mer abandonnera suivant toute probabilité dans un avenir prochain. Quoi qu'il en soit, les dépôts sont de nature sédimentaire. Des conglo- mérats et des grès schisteux grossiers, rouges ou verdàtres, forment des alternances de couches nettement stratifiées, où l'on ne trouve aucun fos- sile. M. Tellef Dahll les rapporte à l'horizon supérieur d'un système parti- culier (Gaisa System) qui correspondrait eu même temps au trias, au dyas et au carbonifère. Ces roches offrent peu de résistance aux agents atmosphériques et leur désagrégation fournit une boue fine mêlée d'assez rares cailloux. A l'ouest de Vadso, le fond paraît s'incliner progressivement vers l'axe dufjord, en formant un certain nombre de terrasses sous-uiarines parallèles au rivage. Les dragages faits à la côte avec les embarcations du Coligny ont atteint successivement des profondeurs de 40, 60 et 80 mètres. Là vivent en abondance Peden islandicus, Astarte elliptica, Neptunea des- pecta^ une grosse balane et de nombreux bryozoaires. Les exemplaires vivants arrivent mêlés à une quantité de débris des mêmes espèces mortes, et le tout rappelle l'aspect caractéristique de certains crags. La côte sud, beaucoup plus abrupte, est aussi moins régulière; des fjords secondaires, étroits et sinueux, l'entaillent profondément; partout la roche est granitique. Nous avons pu la suivre presque sans interruption BULLETIN DES SEANCES. — ANNEE 1883 XXV le long du Pasvik jusqu'au lac Enara. Les canons du Coligny en ont détaché, dans le Klosterfjord, d'admirables échantillons. Dans toute la partie sud du golfe que nous avons explorée, depuis le Bugofjord à l'ouest jusqu'au Jarfjord à l'est, les fonds atteig-nent rapi- dement 100 mètres, sans que l'on observe ces degrés dont j'ai signalé l'existence sur le rivage opposé. La sonde ramène constamment une vase grise ou verte extrêmement fine et compacte. En certains points, le Leda pernula^ ^i^mcié, aMx Astarte , Pleurotoma, Fusns, etc., remplit cette boue en telle abondance que, sauf l'identité des formes, on se croirait transporté tout à coup plusieurs siècles en arrière, au moment du dépôt des argiles rupeliennes. Ailleurs, ce sont de véritables amas de RhyncTionella 2isiUacea, morts pour la plupart. Les valves, presque toujours réunies, se conservent très fraîches et sont absolument remplies d'une vase fine qui garantit les pièces les plus délicates de l'appareil apophysaire. En remuant ces restes si bien conservés et en même temps si nombreux d'une espèce unique, je songeais aux curieuses observations publiées par le professeur Morse, sur la durée de l'existence des brachiopodes ', et il me semblait pénétrer dans ce vaste et mystérieux laboratoire de la nature, oii se préparent aujourd'hui les fossiles caractéristiques des terrains qu'étudieront nos successeurs. La faune des fjords secondaires dont j'ai parlé ne présente aucune par- ticularité saillante. Toutefois, l'ensemble paraît plus riche que celui de la côte nord. Ce fait s'explique par la situation plus abritée des stations, peut-être aussi par la nature granitique des roches. (A suiwe.) M. Craveu demande la joarole et communique les observations sui- vantes : NOTE SUR LE GENRE SINUSIGERA, par A. ClUVEN. J'ai fait dernièrement une découverte qui a complètement renversé mes théories concernant les Simtsigera et qui prouve, sans aucun doute, que ces petits êtres sont l'état larvaire de divers mollusques appartenant à des genres de Gastéropodes bien éloignés l'un de l'autre. Parmi des sondages exécutés par M. Boog-Vv^atson à l'île de Madère, et qu'il a gracieusement mis à ma di-position, j'ai trouvé plusieurs exem- plaires de coquilles jeunes, dont les premiers tours étaient composés d'un Simisigera, la lèvre externe montrant les lobes, en forme de crochets, 1 Ou the systeraatic position of the Brachiopoda, page 45 et suivantes . XXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE d où commence la nouvelle croissance de la coquille sur un plan totale- ment différent et avec une sculpture tout autre. Une de ces espèces est le jeune âge d'un Purpura, probablement du P. Tiœmastoma, Lamk., et l'état larvaire, ou plutôt le pullus, est un Sinusigera, intermédiaire entre \qS. Hnxleyi, Forbes et le S.microscopica, Gray. Une autre espèce est bien douteuse quant à son état adulte, mais elle pourrait être nu Pisania; \q i^\i\\\i& de celle-ci est très voisin du S. cancellata, d'Orbigny. Le S. perversa, Craven est le pullus d'un Triforis ou d'un autre sous- genre de Ceritlihim. Un fait bien remarquable a été dernièrement constaté sur le jeune âge de plusieurs organismes pélagiens, et il est bien possible que le cas soit le même pour les Sinusigera. Quand les embryons ont été éloignés de la côte par des courants, des tempêtes ou par toute autre cause naturelle, ils passent leur vie dans cet état de larve et ils n'achèvent jamais leur croissance que quand ils se retrouvent dans des mers d'une profondeur convenable pour leur per- mettre de continuer leur développement. Si ce fait était coustaté pour les Shmsigera, on pourrait facilement comprendre comment il se fait que nous les trouvons à des distances très grandes des côtes et toujours avec des dimensions constantes dans chaque espèce. Il est à espérer que, parmi les matériaux fournis par l'expédition du Challenger, nous trouverons de nouveaux faits pour élucider la question. Je suis chargé d'arranger les Ptéropodes et les Hétéropodes de cette expédition, et comme les Shmsigera s'y trouvent en abondance, j'espère pouvoir faire de nouvelles recherches sur ces mollusques. Quoique le genre Sinusigera doive maintenant disparaître, je pense que ma monographie de ce genre, publiée dans nos Annales, ne sera pas com- plètement sans valeur quand nous reconnaîtrons les espèces de mollusques dont ils sont le jeune âge. Toutefois, je suis bien aise d'avoir pu moi- même rectifier mes erreurs et d'avoir pu reconnaître que si mes conclu- sions primitives ne se sont pas trouvées justifiées, les faits sur lesquels elles étaient basées n'en restent pas moins exacts. M. Dollo fait une communication sur les dépôts de mers prof ondes , d'après les travaux récents, notamment ceux de M. Th. Fuchs. Notre collègue se proposant de reprendre cette question dans une séance ultérieure, la publication du compte rendu sommaire de cet exposé est ajournée. La parole est ensuite donnée à M. Pelseneer. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNEE 1883 XXVII NOTE SUR DES COQUILLES TERRESTRES ET FLUVIATILES RECUEILLIES A AELTRE, par P. PELSENEER. Dans une de ses courses géologiques aux environs d'Aeltre, M. Ernest Van den Broeck a fait recueillir un certain nombre de coquilles terrestres et fluviatiles qui m'ont été remises. Je crois qu'il y a quelque intérêt à communiquer la liste des espèces que renferme cette collection, bien que celles-ci ne soient qu'au nombre de vingt et une et presque toutes fluviatiles. La faune malacologique actuelle de la Flandre orientale n'a été étudiée qu'en quelques points, et la partie occidentale de cette province, partie où se trouve située la localité d'Aeltre, n'a pas encore été explorée. Ce n'est pas seulement à la faune d'une division d'ordre purement poli- tique que ces espèces viennent s'ajouter, mais aussi et surtout à celle d'une région zoo-géographique de notre pays, encore peu explorée : la partie occidentale de la région campinienne (dans les cartes botaniques de la Belgique), ou partie inférieure (septentrionale) de la région des plaines. (Jules Colbeau, Ann. Soc. Mal., t. l, p. 28.) On pourrait appeler cette sous-région zone flamande, et donner respectivement aux parties moyenne et méridionale de la région des plaines les noms de zo7ie Ira- lançonne et de zone liennuyère. Jusqu'à ce jour, Gand est, de la zone flamande, le point le plus occi- dental sur la faune malacologique duquel on possède quelques données. Aeltre est situé plus loin, vers l'ouest, et beaucoup plus près de la région polderienne (région des cartes botaniques, que l'on peut aussi admettre au point de vue malacologique). En attendant que les environs en soient explorés plus attentivement, la liste des espèces qui y ont été récoltées en quelques instants suffit pour établir incontestablement que les environs d'Aeltre appartiennent à la région des plaines. Liste des coquilles terrestres et fluviatiles recueillies à Aeltre. Ces coquilles ont été ramassées sur les bords du canal de Gand à Bruges. Les espèces fluviatiles proviennent du curage du canal. L — Terrestres. Hélix pulchella, Miill. Plusieurs exemplaires de la forme typique. SUCCINEA PUTRIS, L. Quelques coquilles vides. XXVllI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE II. — Fluviatiles. Neritina fluviatilis, L. Un grand nombre d'individus morts, mais encore très frais. Avec les spécimens adultes, il se trouvait assez bien d'exemplaires jeuues de très petite taille. Cette espèce a été observée dans la zone ^flamande, aux environs de Gand et de Malines, mais vers l'ouest; Aeltre est sa station la plus rap- prochée de la région polderienne. Quant aux exemplaires récoltés dans cette dernière région et dans la région maritime, à Anvers, à Canisvliet et à Ostende, ils étaient rares, très roulés, et provenaient certainement des parties plus élevées du pajs, d'où ils avaient été amenés par les eaux. Paludina VI VIP ara, L. Assez abondant et de toute taille. On peut aussi appliquer à cette espèce l'observation faite à propos de la précédente. C'est éf^alement une forme répandue plus particulièrement dans la haute Belgique ; elle se trouve, en outre, plus habituellement dans les eaux courantes que dans les eaux tranquilles comme celles d'un canal. Bythinia tentaculata, L. Exemplaires assez nombreux et. la plupart encore assez frais. Bythinia Leachii, Shepp. Seulement quelques spécimens de petite taille et assez abîmés. Valvata piscinalis, Mûll. En très grand nombre de spécimens et de tout âge. Valvata crtstata, Mûll. Aussi très abondant. Planorbis nitidus, Mull. Assez commun. Planorbis corneus, L. D'assez grande taille, mais beaucoup d'individus étaient en mauvais état. LlMN^A LIMOSA, L, Petits exemplaires, peu nombreux, mais d'une grande fraîcheur. LiMN.EA AURICULARIA, L. Quelques spécimens à ouverture endommagée. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXiX Ancylus lacustris, L. Plusieurs coquilles en très bon état. Cette espèce est spéciale aux eaux dormantes. Cyclas cornea, L. En assez grand nombre, mais énormément de valves séparées. Cyclas rivicola, Leach. Beaucoup moins nombreux que le Q. cornea; la plupart des indi- vidus sont incomplets. Cette forme n'a pas été observée dans la région ^olderienne. PiSIDIUM AMNICUM, Mùll. Beaucoup de spécimens complets. PiSIDIUM CAZERTANUM, PoH. Représenté par un assez grand nombre de valves dépareillées. Unio TUMiDUS, Philipps. Un grand exemplaire bivalve et intact. Unio pictorum, L. Plusieurs spécimens, tous en très bon état. Unio batavus, Lam. Une seule valve, un peu endommagée. Cette espèce manque dans la région polderienne. Dreissena polymorpha, Pall. Très nombreux et de formes très diverses, justifiant bien le nom spéci- fique de cette coquille. Un exemplaire, quoique appartenant incontesta- blement à l'espèce D. polgmorpJia, dont il possède la carène, présente peu de largeur et rappelle, par sa forme, le D. cocJdeata, Kickx, d'Anvers. Plusieurs individus sont de très grande taille et dépassent 4 centimètres en longueur. La séance est levée à 3 1/2 heures. XXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Séance du 4 mars 1883. Présidence de M. É. Hennequin. La séance est ouverte à 2 1/4 heures. Sont présents : MM. É. Hennequin, Membre du conseil, P. Cogels, comte A. de Limburg-Stirum, É. Delvaux, A. Devos, L. Dollo, G . Eben, É. Pologne, P. Pelseneer, L. Pigneur, F. Roffiaen, A. Rutot, E. Van den Broeck, baron 0. van Ertborn et Th. Lefèvre, Secrétaire. Font excuser leur absence : MM. J. Crocq, H. Denis, V. Liénard et H. Roffiaen. L'ordre du jour appelle l'adoption des procès-verbaux des deux dernières séances. Le procès- verbal de la séance du 7 janvier 1883 est adopté. Le procès- verbal de la séance du 4 février 1883 donne lieu, de la part de M. Van den Broeck, à une rectification. L'honorable membre signale l'omission, dans la rédaction de ce document, de la proposition relative aux collections de feu J. Colbeau, dont M. F. Roffiaen, sur sa demande, a bien voulu prendre l'initiative. A ce sujet, M. Van den Broeck donne lecture de la rédaction suivante : M. Van den Broeck s'étonne de n'avoir point trouvé, dans le procès- verbal de la der- nière séance, la mention d'une résolution votée à la suite d'une proposition de M . Roffiaen et qui avait pour but d'attirer l'attention du gouvernement sur l'utilité scientifique de la reprise par l'État des collections belges de feu J. Colbeau. Cette proposition, appuyée par plusieurs membres, était d'une grande importance, vu la valeur de ces collections, qu'il serait regrettable de voir disperser ou pax'tir pour l'étranger. S'il est vrai qu'un avis officieux, transmis par M. Van den Broeck à notre honorable Secrétaire, lui a fait savoir que l'exécution de la mesure votée par l'assemblée pouvait être utilement retardée, pour assurer la réussite du résultat, il n'est pas moins indispen- sable que la décision prise par la Société se trouve indiquée dans le procès-verbal de la séance . La parole est ensuite donnée à M. le Secrétaire, qui fait connaître les motifs pour lesquels, après en avoir référé à M. le Président, il n'a pas mentionné au procès-verbal le vote émis, non par la Société (la proposition de M. Roffiaen n'ayant pas été mise à Tordre du jour), mais par les Mem- bres présents à la séance. Il résulte de ses explications que M. le Président considérait comme indispensable qu'une visite des collections fût faite, au nom de la Société, BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1838 XXXI avant l'envoi de la lettre à M. le Ministre de l'intérieur. M. le Secrétaire se disposait à effectuer cette démarche, lorsqu'il reçut, sous la date du 11 février, non de M. Roffiaen, auteur de la proposition, mais de M. Van den Broeck, la lettre suivante, dont il donne lecture : Mon cher Collègue, - je viens vous prier de bien vouloir faire savoir au Président et au Conseil de la Société qu'une nouvelle démarche auprès de la famille de feu J Colbeau m'a appris que des négociations étaient ouvertes, en ce moment, pour la cession de la masse des collections de notre regretté collègue. La famille compte, lorsque l'accord sera intervenu, demander la cession de la collection belge (faune vivante), qui alors seulement pourrait être reprise par l'État. Il résulte de cette situation que la mise à exécution de la décision prise à la dernière séance serait actuellement prématurée et qu'il conviendrait d'attendre la fin des négocia- tions actuellement entamées par la famille. — Veuillez agréer, etc. ^ Eu égard à cette lettre, M. le Président et M. le Secrétaire furent d'avis d'ajourner momentanément l'exécution de la décision prise en séance du 4 février, et la mention de la proposition au procès-verbalfut,dès lors, jugée inopportune, l'urgence n'existant plus. M. Van den Broeck conteste le droit de passer sous silence une résolu- tion prise en séance et demande l'impression au procès-verbal de la note rectificative dont il a donné lecture. Vu l'absence de M. le Président, M. le Secrétaire propose l'ajournement de la discussion à la prochaine séance. M. Hennequin, président, met ensuite aux voix la proposition d'ajour- nement. 15 membres prennent part au vote, qui donne les résultats suivants : Pour : 5 voix ; contre : 5 voix ; 5 membres se sont abstenus. En conséquence, la proposition d'ajournement est rejetée par parité de VOIX. L'impression de la note de M. Van den Broeck est décidée au présent procès-verbal, à l'unanimité des membres présents. M. Hennequin déclare ensuite l'incident clos, et le procès-verbal de la séance du 4 février 1883 adopté. Correspondance. Relativement à l'envoi de publications à effectuer prochainement à la Société Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud, M. le Secrétaire donne lecture de lettres émanant de ; L'Académie royale des Sciences de Belgique, annonçant l'envoi des derniers volumes de ses Bulletins; La Société royale des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, XXXÎl SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE mettant à notre disposition les volumes en double de la collection de son Journal ; La Société Entomologique de Belgique, qui, tout en applaudissant aux sentiments généreux ayant dicté le projet de la Société, a décidé de s'abstenir pour le moment, par les motifs qu'elle échange depuis plusieurs années avec la Société australienne et qu'elle n'a reçu de celle-ci aucune communication ; La Société royale de Botanique, informant qu'elle tient à notre disposition une collt^ction complète de ses Annales et nous adressant des félicitations pour l'initiative que nous avons prise en faveur de la Société Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud. MM. Dulau et C'% à Londres, nous prient de vouloir bien abonner le Bfitish Muséum à nos Annales à partir du tome XIV. — Accordé. M. Senoner accuse réception des tomes XIV et XVI des Annales. M. le Commissaire belge auprès de l'Exposition internationale de pêcherie qui s'ouvrira à Londres le 1" mai prochain, demande des ren- seignements au sujet de l'envoi de nos publications. La Société Ouralienne d'Amateurs des Sciences naturelles à Ékathéri- nebourg, accuse réception des procès-verbaux et annonce l'envoi prochain de ses Bulletins. Conformément aux instructions de M. le Ministre de l'intérieur, la direction du Musée royal d'Histoire naturelle, annonce l'envoi d'un exem- plaire, avec texte explicatif, de la première feuille de la Carte géologique de la Belgique, dressée par le service de l'établissement. La Société d'Histoire naturelle d'Arau, la Société royale physiogra- phique de Lund, l'Institut de la Nouvelle-Zélande et la Société d'Histoire Naturelle de Newcastle accusent réception de publications. M. le marquis Antonio de Gregoriofait part de son intention de publier un journal international de géologie et envoie des bulletins de souscription à cette nouvelle publication. Dons et envois reçus. Coquilles vivantes, don de M. Élie Gaucher, membre correspondant. Coquilles vivantes, don de M. Cari Jenssen. M. le Professeur Louis Bellardi fait hommage delà troisième partie de son ouvrage intitulé : I MolluscM clei terreni terziarii del Piemonte e délia Liguria. Brochures offertes par leurs auteurs, MM. A. Craven {On tlie Oemis Sinusigera, d'Orh.) ; A. Senoner (Cenni Mbliograjici); Anonyme {La bota- nique de V avenir). BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXXIII Publications reçues en écbang-e de la part de l'Académie royale des sciences de Belgique, du Musée colonial et du Service géologique de la Nouvelle-Zélande, du Comité royal géologique d'Italie, du Département de l'intérieur de Belgique (Service de la Carte géologique du royaume et Musée royal d'histoire naturelle), de l'Observatoire impérial de Rio-de- Janeiro, du Muséum of Comparative Zoôlogy, de l'Académie royale des Lynx de Rome; des rédactions de l'Athenœum belge, de la Feuille des Jeunes naturalistes, et des Sociétés suivantes : d'Agriculture, sciences belles-lettres et arts d'Orléans, Royale des sciences médicales et natu- relles de Bruxelles, Veneto-Trentina des Sciences naturelles, Royale belge de géographie, pour l'Instruction de Porto, d'Émulation des Côtes- du-Nord, Centrale d'agriculture de Belgique, d'Histoire naturelle et de philosophie de Belfast, Royale de botanique de Belgique, Asiatique du Bengale, de Lectures et conversations scientifiques de Gênes, Entomolo- gique de Belgique, Géologique hongroise, Belge de microscopie, d'Histoire naturelle de Nassau, et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société, trois exem- plaires des procès-verbaux des séances des 7 janvier et 4 février 1883, ainsi qu'un exemplaire du tiré à part suivant des Bulletins (tome XVll, 1882) • Tongrien et wemmelien, par G. Velge. MM. Heinr. Boecker, de Wetzlar, Ambroise Lefèvre, de Paris, et List et Francke, de Leipzig, ont fait parvenir différents catalogues de livres et d'objets d'histoire naturelle. LecHre. M. le baron van Ertborn donne lecture du travail suivant : OBSERVATIONS DE MM. O. VAN ERTBORN ET P. COGELS SUR LE TRAVAIL DE MM. E. VAN DEN BROECK ET A. RUTOT, RELATIF A LEURS LEVÉS GEOLOGIQUES. M. Van den Broeck a présenté, à la séance du 1- avril 1882, au sujet de nos levés géologiques, des observations auxquelles il a déclaré que s'associait M. Rutot. Des travaux divers et des circonstances indépen- dantes de notre volonté ne nous ont pas permis d'aborder plus tôt l'examen de ces critiques. Nous n'avons pu l'entreprendre que tout récemment, et bien qu'il ne soit pas encore complet, nous ne voulons par tarder à'en donner communication à nos confrères. Nous nous proposons de répondre ultérieurement aux articles 3" et 7° des observations de nos contradicteurs, articles qui visent spécialement le levé de la planchette d'Aerschot, dont nous n'avons pu jusqu'ici reprendre 1 XXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE l'étude. Quant aux faits concernant le territoire de la planchette de Lub- beek, le débat nous a paru clos sur quelques points ; nous pourrons d'ail- leurs y revenir, si l'occasion se présente. Dans nos levés géologiques, nous avons attribué au wemmelien supé- rieur tous les sables fins, sous-jacents au campinien et à quelques dépôts fluviatiles, qui s'étendent au sud de la limite méridionale de l'argile de Boom et qui occuperaient, d'après nos confrères, une surface de 28,730 hec- tares sur nos levés. Ces dépôts ne seraient pas une formation marine, éocène et d'âge mmmelien, mais une alluvion quaternaire. Admettons un moment que cette dernière détermination soit l'expression de la réalité ; il n'en est pas moins hors de doute que cette alluvion devrait reposer sur un terrain tertiaire quelconque ; or, ce terrain, nos confrères ne l'indiquent pas. Ce renseignement eût été cependant nécessaire pour nous convaincre d'erreur. Nous exposerons d'abord les motifs sur lesquels est basée l'opinion que J nous avons admise. Conformément à l'idée exprimée par M. Van den 1 Broeck, nous éviterons toutes les questions de détails, qui nous forceraient f d'abuser des moments de la Société ; nous ne rencontrerons que les résultats généraux et nous ne présenterons que des faits et des arguments j positifs. ^ ^ H Dans les considérations qui nous ont guidés, il faut distinguer : ^ 1° Les motifs qui nous ont fait envisager ces couches sableuses comme tertiaires ; 2° Et ceux qui nous ont amenés à les ranger dans la partie supérieure du système wemmelien. Nous rappellerons d'abord la réserve que nous,avons faite^ au sujet des sables plus grossiers qui recouvrent, en certains points, les sables fins, et qui ont été indiqués par nous comme pouvant représenter la base deî l'oligocène dans cette région. _ ^ | A l'époque à laquelle nous écrivions, nous ignorions que les dépôts enj question eussent fourni des fossiles, et c'est seulement lors de l'excursionî de notre Société à Boom, en novembre 1881, que M. Egide Rypens nous montra plusieurs Ostracées de grande taille, qui avaient été trouvéesj quelques années auparavant, lors de la construction des culées du pont du chemin de fer. Ces fossiles ne portaient pas la moindre trace de rou- lement, et la présence des deux valves indiquait clairement qu'ils étaient parfaitement in situ h l'endroit où ils furent découverts. Au même niveau, c'est-à-dire à la cote —10 environ, se trouvait une couche de rognons de grès, dont quelques-uns de dimensions très considérables. Ces rognons occupent un niveau constant, car on les i Texte explicatif de la planche d'Aerschot, p. 7. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXXV a rencontrés aux deux culées du pont, et nous les avons retrouvés au forage de l'usine de M. Rypens, à un niveau un peu inférieur, par suite probablement de l'inflexion des couches vers le Nord. Un peu au-dessus de cet horizon, on a recueilli, il est vrai, dans le lit du Rupel, quelques ossements de mammouth. Ce fait prouve qu'à l'époque quaternaire, la puissance d'affouillement et de transport de la rivière a dû être considérable, mais il prouve en même temps que si le niveau des huîtres avait été atteint, leurs valves auraient certainement été séparées; or, cette circonstance ne s'étaut pas produite, on peut avoir la certitude que les fossiles se trouvaient in situ. Détail important à rappeler : l'une des valves de ces fossiles était empâtée dans un gros bloc de grès ; ces blocs forment un niveau constant et ils sont de dimensions telles, qu'aucun courant ne pourrait les trans- porter. Il faut donc les considérer, eux aussi, comme appartenant à ce niveau . L'identité des Ostracées ne fut pas constatée pendant l'excursion à Boom, par suite de l'idée que l'on partageait au sujet des sables wemme- liens, sables où des huîtres gigantesques n'avaient pas été rencontrées jusqu'à présent. Peu de temps après, un puits domestique, creusé sur le territoire de la planchette de Lubbeek, traversa une couche très fos- silifère, qui renfermait une huître de grande dimension. Cette particularité rappela notre attention sur les Ostracées de Boom et nous constatâmes que dans les deux localités, on avait trouvé ÏOstrea gigantea, J. Sow., du rupelien inférieur. Le creusement de ce puits a donné des résultats très intéressants. En voici la coupe : Cote de T orifice, 80. Mètres . Terrain plus ou moins remanié 2.00 R'. Argile et argile sableuse avec sperkise .... 17.00 R^ a. Sable gris verdâtre glauconifère avec couche épaisse de fossiles à la partie supérieure; CypHna Nysti, très abondante; un ex. àeYOstrea gigantea de 0.35 de diamètre et de 0.035 d'épaisseur de test. . De 4 à 5 h. Le sable ci-dessus devient plus ou moins grossier; d'abord gris noirâtre, il passe rapidement au noir et contient des matières organiques en grande quantité. De 4 à 5 A ce niveau, l'un des ouvriers puisatiers fut asphyxié par le gaz des marais. c. Galets plats et noirs de silex, reposant probablement sur des argiles tongriennes maintenant le niveau d'eau. XXXVl SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE L'âge rupelien inférieur des couches a, b, c est nettement établi. Des cas d'asphyxie, dans des circonstances analogues, ont été constatés à plusieurs reprises dans cette région, ce qui prouve que \a couche fét^' de a une extension relativement considérable. Au point où elle a été rencontrée, elle ne se trouve qu'à 7 ou 8 kilomètres au sud de la zone que nous avons indiquée comme rupelien inférieur dans la vallée de la Winghe (planchette d'Aerschot). Les dépôts fétides tertiaires peuvent donc par- faitement se prolonger jusque dans la vallée de ce ruisseau et atteindre même la vallée du Démer. Il n'est point impossible que nos confrères aient pris pour une alluvion quaternaire ce hanc fétide , qui se trouve à la base du rupelien inférieur. En tout cas, des sables chocolatés (colorés par des matières végétales) peuvent être de formation marine, car nous venons de voir que, dans la coupe ci-dessus, ils reposent sur des galets de plage et sont recouverts par une couche de coquilles marines. Le dernier mot n'est donc pas dit sur les couches de la vallée de la "Winghe, et il se pourrait fort bien que le quaternaire de M. Van den Broeck dût reprendre rang parmi les formations tertiaires. Pour en revenir aux sables de la vallée du Rupel et aux Ostracées qui y furent découvertes, nous rappellerons, avec l'un de nos contradic- teurs \ que les fossiles sont à la géologie ce que les médailles sont à l'ar- chéologie, et nous conclurons que les sables qui contiennent les huîtres à Boom ne sont pas, au moins à la partie supérieure, ^'%e wemmelien, éocène supérieur, mais rupelien inférieîir et, par suite, qu'ils sont en tout cas tertiaires, comme nous l'avons dit, et ne constituent nullement une alluvion quaternaire, comme le pensent MM. Van den Broeck et Rutot. Nous en convenons, nous nous sommes trompés, et nous espérons que nos confrères feront le même aveu. Toutefois, comme il est établi que les sables sont tertiaires et que nous avons fait une réserve, signalée plus haut, nous sommes en droit de revendiquer pour notre part la plus petite des deux erreurs commises. Exposons à présent les motifs qui nous ont amenés, lors de la publi- cation de nos levés, à ranger ces dépôts sableux parmi les couches ter- tiaires. Comme nous l'avons dit plus haut, nous ne connaissions, à cette époque, aucune découverte de fossiles dans cette couche. Les données paléontologiques faisant défaut, il ne nous restait donc que les considéra- tions stratigraphiques et minéralogiques. Nos grands sondages avaient rencontré au-dessous de l'argile de Boom un sable fin, que nous avons recueilli avec le plus grand soin au sondage 1 Note sur un sondage exécuté à la brasserie de la Di/le, par MM. G. Vincent et Rutot. Ann. Soc. géol. de Belgique^ t. VI, p. 23, Mémoires. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXXVII de Cruybeke, exécuté pendant nos levés, et dans lequel nous n'avons pas trouvé de traces de débris organiques. Le tableau suivant donne la puissance de cette couche sableuse aux différents points où nous l'avons rencontrée sous l'argile de Boom : Mètres . 1" Saint-Nicolas 22.50 (non percée). 2" Cruybeke 18.00 3" Anvers 14.10 4" Aertselaer 18.35 L'allure de ce sable est des plus régulières, de même que celle de l'argile sur laquelle il repose; il se relève vers le sud et, à Faide des coupes' que nous avons l'honneur de mettre sous les yeux des membres de la Société, on pourra se convaincre qu'il doit affleurer en sous-sol immédiatement au sud de la ligne Rupel-Durme. Nos sondages artésiens ont percé six fois ces sables au sud de la ligne que nous venons d'indiquer, soit : 1° A Tamise, épaisseur 16.20 Base à la cote — 16.80 2° A Breendonck, — 17.80 — — 16.10 3° A Boom, — 28.00 — —28.00 4° et 5" A Malines (2 fois),— 16.00 — — 13.00 6° A Aerschot, — 9.60 — — 10.40 Le sable que nous avons percé sur ces points est minéralogiquement le même que celui qui se trouve plus au nord, recouvert par l'argile de Boom. Nous avons donc conclu de son allure au nord du Rupel que, comme toutes les autres couches, il devait avoir un affleurement vers le sud. Nous ne connaissons pas celui de l'argile glauconifère sur laquelle il repose, mais, d'après les mêmes données, nous croyons pouvoir dire qu'on l'atteindra vers la cote 10, à Humbeek, dans la direction du sud. D'après cette allure et la ressemblance des éléments minéralogiques, nous avons été logiquement amenés à regarder les sables de la rive gauche du Rupel comme le prolongement de ceux qui, sur la rive droite de cette rivière, sont recouverts par l'argile de Boom. La découverte des Ostracées, comme nous l'avons vu, a prouvé que nous avions raison. Au fort de Waelhem, nous avons exploré ce même sable sur une sur- face considérable, et nous avons constaté qu'il était recouvert par le campinien. Sur quelques points, on pouvait voir, intercalés entre le 1 Voir coupe 1. Nous n'avons reproduit par l'impression que la coupe de Breendonck à Anvers, par Boom et Aertselaer. Elle permet de juger parfaitement de l'allure des couches. XXXVllI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE campinien et la couche de sable, des dépôts appartenant à notre quater- naire fluviatile. Ces dépôts avaient raviné les sables sous-jacents et présentaient tous les caractères que nous leur avons reconnus ailleurs : couches tour- beuses, argileuses, sableuses, graveleuses, stratifiées en tous sens et,comme toujours, très localisées. Quant aux sables encaissant ces dépôts d'eau douce, ils étaient d'une seule venue, absolument purs et n'offraient aucune des traces d'alluvion signalées par nos confrères sur quelques points à l'aide de leurs sondages. Cette couche avait toutes les apparences d'une formation marine; quelques éléments plus gros semblaient même indiquer que la sédimen- tation de ces sables s'était opérée en ce point dans une zone fort rap- prochée du littoral. Nous considérons également comme un argument en faveur de l'âge tertiaire des sables de la rive gauche du Eupel, les grès durs qui ont été atteints sur les deux rives de cette rivière, lors de la construction des culées du pont du chemin de fer à Boom. Ces mêmes grès, nous les avons atteints au sondage de l'usine de M. Rypens, à Boom ^ ; nous savions qu'ils for- maient un horizon constant; il en est parmi eux de dimensions énormes et qu'aucun courant quaternaire, au moins dans cette région, n'aurait pu remuer. Ils n'auraient d'ailleurs pas, dans ce cas, formé une couche con- tinue, comme les Septaria de l'argile rupelienne. Ces roches ont les appa- rences de certains grès éocènes des environs de Bruxelles. Nous avons également conclu, à la suite de nos explorations dans les fossés du fort de Waelhem et du niveau constant des blocs de grès, que les sables affleurant en sous-sol dans la région qui nous occupe étaient tertiaires. Enfin, les sondages artésiens n'avaient percé que des sables purs ou argileux, ne présentant aucun des caractères des alluvions quaternaires. Notre opinion au sujet de l'âge tertiaire de ces sables était donc basée sur un ensemble de données que nous résumerons ici : 1° Allure générale des couches nécessitant un affleurement vers le sud ; 2° Identité des éléments minéralogiques ; 3" Caractères présentés par les sables dans les fossés du fort de Waelhem; 4° Leur position en dessous de dépôts appartenant au quaternaire flu- viatile ; 5° Le niveau constant des blocs de grès à Boom ; 6" L'absence de tout caractère d'alluvion constatée dans les forages, qui les ont entièrement percés. 1 Texte explicatif de la planchette de Boom, p. 51, BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XXXIX La découverte de XOstrea gigantea tivalve a établi, depuis, que les sables de cette région étaient vraiment d'âge tertiaire. Nous ne contestons pas l'interprétation de tel ou tel sondage exécuté par nos confrères, mais nous contestons les résultats généraux auxquels ils se sont arrêtés, c'est-à-dire l'existence d'une immense nappe non inter- rompue de sédiments quaternaires d'origine fluviatile dans la zone indiquée comme wemmelienne dans nos levés. Nous avons à exposer maintenant les motifs qui nous ont conduits à rapporter ces couches sableu^^es au système wemmelien. Nos confrères ont prévu l'objection et ont aussitôt cherché à la parer. Dès la séance du 1" avril 1882, M, Rutot a lu une note à ce sujet, après la communication faite par M. Van den Broeck. M. Rutot nous dit que nous ne pouvons invoquer en notre faveur que deux faits : la détermina- tion des échantillons provenant des puits de Malines et de Breendonck, et il ajoute : « ceux d'Aertselaer et d'Anvers ne pouvant entrer en ligne de compte, attendu qu'ils ont présenté des terrains tertiaires supérieurs au wemmelien » . Il nous semble que ceux-ci auraient, à fortiori, du entrer en ligne de compte, car, étant recouverts par d'autres terrains tertiaires, on avait la certitude absolue qu'on ne pouvait les prendre pour une alluvion qua- ternaire, et l'on avait une couche type pour l'étude comparative des sédi- ments. Or, voici ce que M. Rutot a écrit au sujet des échantillons recueillis en dessous de l'argile de Boom : « Nous avons reconnu ', dans les strates indiquées comme rupelien et tongrien dans ces sondages \ le prolongement nord de nos sables chamois et de notre argile glauconifère,représentés ici par des sables gris et des argiles vertes, c'est-à-dire non altérés par les agents atmosphériques, grâce à la protection efficace de l'argile de Boom ou rupelien supérieur qui les surmonte. « Comme dans nos collines de Bruxelles, ces sables et argiles reposent sur le sable laekenien supérieur, avec fossiles caractéristiques. » Notre confrère ajoute encore, un peu plus loin ^ : « ...Nous n'admettons pas laprésence du tongrien inférieur aux environs de Bruxelles, ni dans l'ouest de la province d'Anvers, ni dans le nord des Flandres, malgré l'opinion de Dumont. « Ces résultats découlent, du reste, de nos observations et se faisaient pressentir rien qu'à l'inspection delà carte, car la suppression du tongrien 1 Ann.5oc.^^oi. rf^5e?^îgi«e, année 1877-1878, t. V, p. 61, Mémoires. 2 Note sur les sondages de la province d'Anvers, etc., par E. Van den Broeck, Ann. Soc. géol. de Belgique, t. I, p. 28. 3 Pages 63-64. XL SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE inférieur et du rupelien inférieur des collines N.-O. de Bruxelles, et leur remplacement par la série laekenienne supérieure \ entraînent naturelle- ment la même modification dans la dénomination des bandes qui suivent parallèlement la bande bruxellienne d'Alost à la mer... i. Ces citations précisent nettement la situation; si notre confrère avait eu à tracer la carte à cette époque, il aurait agi de la même manière que nous. Nous convenons que les échantillons des couches supérieures du son- dage de Malines étaient insuffisants, mais, puisque M. Rutot a décrit avec beaucoup de soin les couches supérieures du sondage de Breendonck % nous nous demanderons comment il a pu préciser avec tant de détails et décrire si minutieusement des échantillons qu'il déclare, trois ans après, absolument méconnaissables « tant sous le rapport de la propreté — ils sont remplis de cendres et de fragments de briques — que sous le rapport du choix » . Ne doit-on pas se demander comment des échantillons aussi défectueux ont pu donner lieu à une description aussi complète, et comment ces cen- dres et surtout ces fragments de briques ont pu échapper antérieurement à l'examen si minutieux de notre confrère ? car il n'en dit mot. Mais passons; les échantillons d'Aertselaeret d'Anvers, au moins,étaient purs et sans mélange, et M. Rutot évite soigneusement d'en parler. Nous avons accepté, nous en conviendrons, les assertions de nos hono- rables confrères sans les vérifier rigoureusement; mais comment aurions- nous pu le faire? Le sable inférieur à l'argile de Boom se trouve partout en dessous du niveau d'eau; aucun de nos sondages industriels n'y avait trouvé de fossiles, et nous n'avions pas été plus heureux au point de vue paléontologique dans nos explorations au fort de Waelhem. Nous n'avions donc à notre disposition aucun moyen de contrôler les assertions de nos confrères. Leur vérification était donc pour nous absolument impossible, et eussions-nous repris l'étude de l'éocène supérieur dans les* collines 'des environs de Bruxelles, nous nous serions trouvés toujours en présence du défaut de preuves paléontologiques dans la région de nos levés. Cette vérification, toutefois, nous l'avons faite dans la mesure de nos moyens d'investigation, en suivant avec le plus grand soin les soudages de Cruybeke et de Tamise exécutés pendant nos levés géologiques. Guidés par les considérations que nous avons exposées précédemment, nous avons été amenés à ranger les sables dans la série tertiaire ; il fallait nécessairement leur assigner un niveau défini dans cette série. ' La création du système wemmelien ne fut proposée qu'à la fin de cette notice. Ann. Soc. géol. de Belgique, t. VI, p. 22, Mémoires. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XLl Nous avons adopté à cette époque l'opinion émise par nos contradicteurs actuels ; nous devons donc exposer les motifs qui nous ont conduits à par- tager leur manière de voir. Pour bien établir que nous n'avons agi qu'après mûr examen, nous avons à jeter un coup d'œil sur la série de couches qui se trouvaient rangées dans le système wemraelien. L'ensemble de ces couches (weramelien moyen et wemmelien supérieur)^ repose sur la glauconie quartzifère et fossilifère ^ dont l'âge éocène est incontestable. On peut, au point de vue minéralogique, y reconnaître deux assises distinctes : l'inférieure (wemm. moyen), où les sédiments argileux prédominent, et la supérieure (wemm. sup.), caractérisée plutôt par des dépôts sableux. La puissance de l'assise argileuse augmente rapidement vers le nord ; elle est de 20'"90 à Breendonck et de 62™75 à Anvers ; celle de l'assise supérieure est plus variable, elle peut n'avoir que 14 à 15 mètres (Anvers) et en atteindre 25 (Boom et Saint-Nicolas). L'assise inférieure, quoique plus spécialement argileuse, renferme, en outre, des bancs d'argile plastique, des couches d'argile sableuse et de sables argileux (Breendonck, Aertselaer; Anvers, prison cellulaire et place Saint- André) et même des couches de sable pur (Saint-Bernard). L'assise inférieure, qui renferme, comme nous venons de le voir, toutes les variétés de couches argileuses, argilo-sableuses, sablo-argileuses et sableuses, passe, sans limite stratigraphique définie, à l'assise supérieure, où l'élément sableux domine, mais où l'on trouve aussi des couches argilo-sableuses, sablo- argileuses et même de petits bancs d'argile plastique (Saint-Bernard). Au point de vue stratigraphique, nous devions donc considérer les couches, que nous avions réparties arbritrairement dans deux assises, comme ne formant qu'un seul ensemble, et c'est cette considération qui nous a amenés à adopter les idées émises par nos confrères et à ranger ces couches dans le système wemmelien. En effet, à 6 mètres dans l'assise argileuse, MM. Eutot et Vincent ont reconnu la présence de Nummulites planulata,\aY. mùior,daus les échan- tillons du puits de Breendonck. A partir de ce niveau jusqu'au sable glauconifère très fossilifère situé à 14"80 plus bas, l'argile et les sables argileux renferment de ces petites nummulites wemmeliennes. Ce fait a été confirmé par M. Rutot, lorsqu'il a dit, à la séance du 1«' avril, que les nummulites n'apparaissent à Breendonck qu'à 28 mètres de profondeur. L'âge des M^BO inférieurs de l'assise argileuse est donc nettement établi, il est sans conteste éocène supérieur. Nous venons de voir plus ' Cette division est arbitraire, mais nous l'avons adoptée pour faciliter les indications sur nos cartes et dans nos textes explicatifs. ' "Wemmelien inférieur. XLII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE haut que la limite que nous avions assignée à l'assise argileuse en hauteur est arbitraire et que les deux assises au point de vue strati graphique ne forment qu'un ensemble, au moins en apparence. L'âge de la base de cet ensemble étant prouvé, il s'ensuivait que nous étions amenés à considérer toute la série comme étant de même âge. Dans l'état de nos connaissances à cette époque, nous ne pouvions donc qu'admettre les idées émises par nos confrères, et personne ne contestera que nous n'ayons agi correctement au point de vue des principes géné- ralement admis en géologie ^ La découverte de VOstrea gigantea bivalve à Boom, à la cote — 10, soit à 16 mètres environ au-dessus de l'assise argileuse, a prouvé que nous nous étions trompés en rangeant tous ces dépôts dans l'éocène supérieur ; une partie des couches au moins doit se rapporter à l'oligocène moyen. La limite de l'oligocène se trouve donc comprise entre un point situé à 6 mètres en-dessous de la surface de l'assise argileuse à Breendonck et un autre situé à 16 mètres au-dessus de cette même surface à Boom; mais il est absolument impossible, au moins dans l'état actuel de nos connaissances, de préciser le niveau que cette limite occupe réellement. Il se peut donc fort bien que, dans la zone indiquée par nous comme wemmelienne supérieure (éoc. sup.), il y ait réellement des dépôts de cet âge; d'autres devront être rangés dans l'oligocène, comme nous l'avions pressenti et comme il est établi par la découverte de VOstrea gigantea à Boom. En tout cas, l'extrême rareté des fossiles, le manque d'horizon stratigraphique défini, la ressemblance des éléments minéralogiques ren- dront la délimitation des dépôts oligocènes et éocènes très difficile, d'au- tant plus que, dans la zone en question, les couchas sont situées en dessous du niveau d'eau et que les fouilles n'y sont jamais bien profondes. Nous nous trouvions donc, à l'époque de nos levés, dans l'impossibilité de résoudre le problème; nous avons adopté la solution la plus plausible et nous sommes d'avis que, malgré les ressources bien plus considérables mises à la disposition du Service officiel, il arrivera difficilement à tran- cher définitivement la question et à tracer des limites certaines dans cette même région. Nous avons encore à examiner l'opinion de nos confrères, qui consi- dèrent cette nappe sableuse continue comme une alluvion quaternaire; 1 S'il fallait considérer comme établi en principe que les couches passant les unes aux autres par transition insensible appartiennent à la même formation, nous devrions fusionner ici Téocèue supérieur et l'oligocène moyen. Nous appelons l'attention sur ce fait uniquement pour montrer combien il serait imprudent de fusionner pour cette seule raison les sables diestiens et les sables à Isocardia cor, qui, malgré une certaine analogie (Je faune, occupent cependant deux bassins distincts. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XLllI pour condenser cette partie de notre réponse et éviter les redites, nous présenterons en même temps les arguments que nous avons à faire valoir à rencontre d'une opinion analogue exprimée par nos contradicteurs dans leur article 2° et qui considère également comme occupée par une alluvion quaternaire une surface importante des planchettes d'Heyst-op-den-Berg, Lierre, Boisschot, Hérenthals et Lille, où nous avons figuré des couches tertiaires d'âge pliocène ou miocène. M. Van denBroeck nous dit à ce sujet ^ que le « quaternaire fluviatile, loin d'être caractérisé par une répartition irrégulière, très localisée et difficile à tracer sur les cartes, forme, au contraire, sous la base du cam- pinien, une nappe d'une étendue et d'une épaisseur considérables, couvrant un territoire immense dans la basse Belgique et cachant .généralement le sous-sol tertiaire (surtout lorsqu'il est sableux et plus profondément raviné) sous un manteau des plus impénétrables et fort rebelle en général aux sondages ordinaires exécutés avec appareils à main » . La basse Belgique par excellence nous semble devoir être la région traversée par l'Escaut maritime, qui sert de déversoir aux eaux de la plus grande partie du pays. Cette surface, d'après la théorie de M. Van den Broeck, devrait donc être occupée tout spécialement par cette alluvion quaternaire. Or, il n'en est rien. En effet, tous les travaux de fortification exécutés autour d'Anvers ^ et qui, de Merxem à Waelhem et de Zwyndrecht à Lierre, occupent une surface représentant un cercle de 25 kilomètres de diamètre et de 50,000 hectares de superficie, ont atteint les dépôts tertiaires géné- ralement sableux. Dans toutes les briqueteries, à Steendorp, Burght, Hemixem,Hoboken,sur les rives de l'Escaut; à Duffel, Rumpst, Terhae- gen. Boom, Niel, sur la rive droite du Rupel; à Hemixem, sur la rive droite de la Vliet, et dans toutes les briqueteries situées dans l'intérieur des terres, on ne trouve pas de traces de cette grande nappe d'une étendue et d'une épaisseur considérables, mais seulement des dépôts très localisés, comme nous l'avons dit à plusieurs reprises. Voilà donc des faits d'une précision indiscutable. On se rappellera, en outre, que dans plusieurs briqueteries, des couches sableuses d'âge tertiaire incontestable recouvrent l'argile de Boom. Les fossés des fortifications d'Anvers ne constituent pas des fouilles bien profondes et tous, cependant, ont atteint les couches tertiaires ; il en est 1 Page Lxxxvi. * Ainsi que tons les bassins creusés à Anvers à proximité du fleuve. XLIV SOCfÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE de même des différents bassins creusés à Anvers à peu de distance du fleuve. Dans la région que nous venons d'indiquer et qui devrait être occupée de préférence par cette nappe d'allumon guaternaire d'une étendue et d'uve épaisseur considérables, on ne la trouve pas. Ce fait est basé non pas sur une simple affirmation, mais sur des données positives et sur des obser- vations directes et nombreuses. Si l'on additionnait le développement du camp retranché, des forts, de la digue défensive, des bassins et des bri- queteries, on arriverait à un chiffre de kilomètres très considérable. En un mot, il n'est pas un fait mieux prouvé que l'absence de la nappe continue d'alluvion quaternaire dans la zone que nous venons d'in- diquer. L'opinion émise par nos confrères au sujet de ces vastes nappes d'allu- vions quaternaires soulève une question d'hydrographie générale qu'il est absolument nécessaire d'examiner ici. Il faudrait de tonte nécessité, pour que les sables pussent être d'âge quaternaire dans les régions indiquées par nos contradicteurs, qu'ils eussent été entièrement remaniés, ou bien qu'ils eussent comblé une érosion pro- duite par un fleuve plus ancien. Si les sédiments rapportés par nous au terrain tertiaire étaient quaternaires, il faudrait, par suite de la con- tinuité de la couche établie par les sondages artésiens, admettre que ce fleuve eût affbuillé le sol jusqu'à la cote — 16.80 à Tamise; son affluent aurait creusé le sol jusqu'à la cote — 28 à Boom, — 16 à Breendonck, — 13 à Malines, etc., et cela, remarqiions-le bien, sur une largeur con- sidérable et suivant une pente douce parallèlement à l'inclinaison des couches tertiaires. Une érosion en progression arithmétique nous paraît en opposition avec tout ce qui a été observé jusqu'à présent. Il faut d'ailleurs se demander si un tel phénomène est possible, et nous chercherons dans ce but quelle peut avoir été l'action érosive des rivières de cette région à l'époque quaternaire. Il ne peut être question d'une période plus ancienne, car la faune marine du golfe scaldisien d'Anvers nous prouve bien clairement qu'aucun grand courant d'eau douce ne pouvait s'y déverser dans les environs de cette ville à la fin de la période pliocène. Il est généralement admis que, pendant l'époque quaternaire, les fleuves et les rivières avaient leurs bassins actuels. L'Escaut, comme fleuve à marée, remonte tout au plus à l'époque romaine. Cette donnée a été bien établie par les vestiges de cette civilisation trouvés à la surface de la tourbe. Le Hont, le seul débouché actuel du fleuve dans la mer du Nord, est de formation plus récente encore. La présence des couches tourbeuses sur les rives de l'Escaut indique clairement qu'à l'époque de BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XLV leur formation, le fleuve n'était pas sujet au jeu des marées. L'Escaut, il y a environ deux mille ans, était donc un fleuve à courant continu qui allait rejoindre la Meuse par la passe de Berg--op-Zoom et l'Eendragt, conformément à ce que César dit dans ses Commentaires. Réduit à ses eaux supérieures, il ne débiterait, de nos jours, devant Anvers, que 19,198,000 mètres cubes par 24 heures '. En tenant compte des eaux de marée, ce débit s'élève à 247,450,000 mètres cubes - dans le même temps. Il nous semble qu'en attribuant ce débit colossal à l'Escaut quaternaire, on ne pourra guère nous taxer de parcimonie, d'autant plus qu'il est presque certain que les eaux du bassin de la Lys s'écoulaient à cette époque dans le Zwyn par la vallée de la Lieve. Cette circonstance réduirait encore d'un cinquième la partie du bassin de l'Escaut qui s'étend en amont d'Anvers. Or, le fleuve actuel, resserré dans ses digues, n'a pu, sur une largeur de 400 mètres, afl"ouiller le sol sur une profondeur de plus de 14 mètres. Ce fait vient d'être constaté sur une longueur de 4 kilomètres, à la suite des travaux de rectification des quais. Sa puissance d'érosion serait certainement réduite, si les eaux pouvaient librement s'étendre sur une vaste surface. Ne serait-il pas étonnant que des affouillements si puissants se fussent produits dans la zone située au sud de la ligne Rupel-Durme, alors que plus au nord, coulant dans îine plai7ie ouverte, pour nous servir de l'expres- sion de M. Van den Broeck, le fleuve, en dehors de son lit actuel, n'aurait eu qu'une action érosive insignifiante et n'aurait amené que fort peu de sédiments de plus haut. Nos honorables contradicteurs expriment leur étonnement de ce que l'Escaut ait pu respecter, sans les aâ"ouiller, des dépôts sableux situés à 850 mètres de son lit et à peu de profondeur sous le sol. Ce fait ne nous étonne nullement. Le fleuve, à Tamise, n'a qu'une portée de 100 millions de mètres cubes; ce débit à Anvers est de 250 millions de mètres cubes et dépasse 360 millions de mètres cubes à Lillo. Malgré cette puissance énorme, il n'a rien affouillé au Kiel et au bassin de batelage, où nous avons observé les sables anversiens parfaitement en place et en contact immédiat avec le courant; il en est de même pour les sables scaldisiens à Lillo et dans les polders de la rive droite. En ces différents points, l'Escaut suit des lignes à peu près droites ou décrit de grandes courbes, de manière que l'action érosive sur ces rives est moins intense; mais il n'en est pas i L. Petit, Études sur les courants delà Ditrme et de VEscaut. ' Ibid., p. 53 et suivantes. XLVI SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE de même au Kattendyk et à la citadelle du Nord. Ces deux localités sont situées dans la courbe concave du fleuve, au point où il tourne brusque- ment à l'ouest, après avoir passé devant Anvers. Examinons à présent les phénomènes qui se produisent dans cette région. Au moment du flot, la vitesse du courant est faible devant la ville et ne varie pas beaucoup pendant tout le temps nécessaire pour remplir la mer intérieure qui s'étend près de Baths ; cette vaste dépression envahie, il se produit une poussée énorme dans la partie du lit qui s'étend en amont, et les eaux atteignent par moment une vitesse de 1"'50 par seconde. C'est cette action brusque et énergique qui maintient les passes profondes du fleuve, elle vient butter perpendiculairement sur la rive du Kattendyk, en un point près duquel nous avons trouvé les sables à Tvo- jiTion àntiqtmm et les sables à Zyoc^r^^ cor parfaitement in situ à quelques mètres du fleuve. Le jusant produit le même effet, mais avec une inten- sité bien moindre sur la partie de la rive où est située la citadelle duî Nord et où l'on trouve également les sables scaldisiens en place quelques mètres du fleuve. Remarquons encore que l'Escaut ne s'est pas déplacé dans la vaste^ plaine ouverte qui s'étend au nord d'Anvers, alors même qu'il en avait la faculté, car les premiers endigiiements ne datent que du xii^ siècle ^ Nous •en conclurons que la proximité d'une rivière n'implique nullement le remaniement des sables voisins, fussent-ils même dans le lit de cette rivière. Nous avons dit plus haut que l'Escaut devant Anvers n'avait pas affouillé le sol à plus de 14 mètres; la présence de VOstrea gigantea ^ bivalve à la cote — 10 à Boom nous permet d'estimer l'action éro- sive du Rupel à 10 mètres tout au plus en dessous de sa plaine d'alluvion. La puissance d'affouillement diminue donc en raison du débit du cours d'eau, la pente restant uniforme. L'expérience nous a permis de constater qu'en amont, plus un sondage était voisin du lit de la rivière, plus on avait à redouter la présence d'une couche épaisse de cailloux quaternaires. Nous en concluons que des son- dages exécutés à proximité des cours d'eau ont rencontré, selon toutes probabilités, l'épaisseur maxima des dépôts quaternaires et modernes. A 4 kilomètres en amont de Diest, un sondage exécuté à fort petite distance du Démer a rencontré la couche de cailloux de 7 mètres à 7'"60 en dessous de la surface. Ils reposaient sur le diestien très fossilifère, de manière qu'aucun doute ne peut planer sur ce niveau. A Wygmael, deux sondages exécutés à proximité de la Dyle ont ren- 1 Dans le polder de Borgerweert seul, situé en face de la ville d'Anvers, les alluvions ont une épaisseur un peu plus oonsidérable que dans les autres polders , BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE <883 XLVII contré la base des cailloux à V^ôO au-dessous du niveau de la vallée, soit à la cote +6.40. A Aerschot, nous avons indiqué la cote +7.40 pour la base des dépôts modernes dans la vallée du Démer, à l'endroit où fut foré le puits artésien. Nous n'y avons pas trouvé de cailloux, qui fournissent toujours un point de repère rigoureux. Ce fait n'est pas étonnant, car d'Aerschot à son confluent dans la Dyle, le Démer a à parcourir une distance double de celle qui sépare la Dyle à Wygmael du même point. Il s'ensuit néces- sairement que la faculté de transport et l'action érosive du Démer ont dû être toujours beaucoup plus faibles que celles de la Dyle. N'oublions point d'indiquer qu'à Aerschot et à Wygmael, les lits des deux rivières se trouvent au même niveau, c'est-à-dire à la cote 13. Nous ne parlerons point ici de la partie supérieure du cours des rivières, où les pentes sont beaucoup plus fortes et où les affouillements ont pu nécessairement atteindre des profondeurs beaucoup plus considé- rables. Nous n'avions à traiter que de l'action érosive des rivières et du fleuve dans la région où ils coulent dans une plaine largement ouverte. Nous avons établi que l'intensité maxima de cette action dans les thal- wegs a pu s'élever à 14 mètres pour l'Escaut à Anvers, à 10 mètres pour le Rupel à Boom, à 6 ou 7 mètres pour la Dyle et le Démer, et qu'elle ne s'est produite que dans une zone très circotiscrite. Nous en conclurons, vu la continuité de la nappe sableuse établie par les sondages artésiens jusqu'à la profondeur de 20 à 30 mètres et sur une étendue de plusieurs kilomètres, que les affouillements des rivières quater- naires n'ont pu atteindre une pareille profondeur, et ces faits ne nousper- mettent pas d'admettre l'opinion exprimée par nos honorables contradic- teurs. M. Van den Broeck dit encore qu'il est probable que le massif « dies- tien » devra disparaître tout entier de la surface de la planchette de Lierre sur une étendue de 4,900 hectares. Nous répondrons qu'au fort de Lierre, situé à la cote 5, c'est-à-dire en un point qui serait couvert par le flot des vives eaux et qui, parla même, se trouve au niveau inférieur de la basse Belgique, nous avons fait les observations suivantes : Le fond des fossés était occupé par les sables anversiens à Pectunculiis pilosus ; nous avons publié la liste des fossiles' que nous y avons recueillis. Immédiatement au-dessus de cette couche se trouvait un lit de cailloux, formant un niveau nettement caractérisé. Sur ce lit de cailloux reposait une nouvelle nappe de sables glauconifères, peu fossilifères, il est vrai, mais qui n'en renfermait pas moins des fossiles parfaitement i Mélanges géologiques, p. 84. XLVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE in situ, entre autres VOstrea cocTilear. Cette ostracée apparaît à Anvers à la partie supérieure des bancs de pétoncles, mais ne se trouve pas au sein de ces bancs. Au-dessus de la couche de cailloux du fort de Lierre, nous la considérons comme caractéristique des dépôts diestiens. Nous avons là encore un fait que rien ne peut infirmer ; cela est. Partant de ce point de repère, nous avons assimilé au diestien tous les sables qui avaient les mêmes apparences minéralogiques que les sables avec Ostrm coclilear du fort de Lierre. Les faits nous ont donné ensuite raison, car nous avons eu l'occasion de suivre un sondage à grande proximité du territoire de la planchette d'Hérenthals. Au point où il fut exécuté, les sables diestiens ont 45 mètres de puissance et reposent sur les sables à pétoncles, comme au fort de Lierre. Nous ajouterons, au sujet de cette dernière localité, que, dans la partie centrale du fort, les sables diestiens étaient ravinés par des dépôts appar- tenant au quaternaire fluviatile et constitués par des couches tourbeuses et argileuses, ainsi que par des couches de sables divers et de minces lits de gravier, stratifiés en tous sens. Les fossiles d'eau douce y étaient très abondants; on a trouvé également, dans ces dépôts, des ossements de Rliinoceros ticliormus et de Bos primigennis. La base de ces dépôts fluviatiles se trouvait vers la cote 2 ou 2.50 ; ils étaient nettement localisés et leur épaisseur relativement peu considé- rable. Quant au vaste dépôt quaternaire, très glauconieux dans cette ré- gion, comme le disent nos confrères, nous n'en avons pas trouvé de trace à remplacement du fort, malgré sa position si favorable à la cote 5. Nous maintenons donc les sables avec Ostrea coclilear du fort de Lierre dans le diestien. Il en est de même des sables glauconifères grossiers occupant la zone orientale de nos levés, car nous ne pouvons admettre qu'une alluvion quaternaire ait 45 mètres de puissance dans une région dont l'altitude moyenne ne dépasse pas la cote 15. Nous savons, en outre, que les sables glauconifères anyersiens et dies- tiens ont 100 mètres d'épaisseur sur une partie du territoire de la plan- chette d'Hérenthals, Nous avons rapporté au quaternaire fluviatile une couche de cailloux, une strate d'argile grise surmontée de sable argileux vert et de sables divers, que l'on peut observer dans la partie nord-est de la tranchée du chemin de fer d'Hérenthals à Licbtaert. Nos confrères considèrent ces dépôts comme représentant les sables à Trophon antiqiium ' du bassin d'Anvers. 1 Cette dénomination ayant été employée dans le travail de M. Van den Broeck, nous nous en servirons encore ici. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XLIX Relevons d'abord deu^ évaluations de M. Van den Broeck qui nous paraissent légèrement exagérées. D'après notre honorable contradicteur, les dépôts recouvrant le niveau caillouteux atteindraient en certains points de la tranchée une puissance de 12 mètres. Nous nous sommes procuré la coupe officielle de celle-ci et nous avons l'honneur de la mettre sous les yeux des membres de la Société. La couche de cailloux ne s'observe qu'au nord du faîte de partage et se trouve à l'endroit le plus voisin de ce faîte, à plus d'un mètre au-dessus du rail. Il ne reste donc guère de place pour l'épaisseur de 12 mètres, car le faîte de partage se trouve à la cote de 29.35 et le niveau du rail en palier à celle de 20.05 ; vers le nord-est, la tranchée est bien moins profonde. M. Van den Broeck nous dit encore que les dépôts en litige couvrent une étendue de plus de 500 hectares sur le ter- ritoire de la planchette de Lille. Nous nous permettrons de faire remar- quer que la tranchée ne traverse pas la ligne de collines perpendiculai- rement à son axe, mais sous un angle de 45°, de manière que la largeur apparente de 700 mètres se trouve réduite à 500 tout au plus. En outre, ces dépôts n'existent plus à l'ouest dans la tranchée delà chaussée d'Héren- thals à Poederlé et ne peuvent guère dépasser le méridien de 0"30' vers l'est, parce que les cotes deviennent trop basses dans cette direction. Nous pouvons donc, en tenant compte de certaines irrégularités de con- tours, estimer la zone d'extension de ces couches à une surface ayant une largeur de 500 mètres et une longueur de 3,000. Si donc erreur de déter- mination il y a, nous revendiquerons pour nous cette part de 150 hectares et nous en laisserons une de 350 hectares à notre honorable confrère. Nous divergeons donc d'opinion relativement à une étendue représen- tant non pas 1/16 de la surface de la planchette de Lille, mais bien 1/53. C'est beaucoup dans une question où les chiffres jouent un grand rôle. Ces faits rétablis dans leurs justes limites, nous dirons que la présence de fossiles de l'étage supérieur du système scaldisien, brisés et roulés dans la couche de cailloux, constitue pour nous un puissant argument en faveur de l'âge quaternaire du dépôt. Nous ne pouvons admettre, en effet, qu'une formation contienne à sa base les débris roulés de sa propre faune. La présence des argiles, certains détails de stratification et la localisation du dépôt nous autorisaient à le rattacher au quaternaire fluviatile. Lors de l'exploration de la colline d'Heyst-op-denBerg, le 16 février 1880, nous avons observé sur son sommet une excavation ' fraîchement creusée, à parois verticales et bien nettes, qui venait d'être faite dans le but d'exploiter du sable blanc. 1 Texte explicatif de Id planchette cCHeyst-op rfe/î-Ser^, coupe 38, L SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Cette fouille fut promptement comblée, car on n'en trouvait presque plus de traces lorsque nous nous rendîmes à Heyst, peu de jours après, avec MM. les Commissaires, déL^'gués par la Commission de la carte géolo- gique. A ce moment, la partie supérieure de la coupe, formée de stratifica- tions obliques, était seule visible. Nous n'avons donc pas uniquement recueilli des échantillons à Taide d'un sondage, mais nous avons eu une occasion excellente de faire des observations directes sur des couches in sitn et sur une longueur de plusieurs mètres. Nous avons cherché vainement dans ces dépôts des traces de corps organisés. — Faute de preuves paléontologiques et spécialement à cause de l'existence des stratifications obliques, nous avons rapporté ces couches au quaternaire moyen ou fluviatile. « N'ayant pu observer dans le fond de la fouille le contact de ces couches avec les sables glauconifères diestiens, qui constituent le massif principal de la colline, nous avons exécuté, le 8 mars suivant, un sondage ^ à 12 mètres de la fouille et à quelques décimètres en contre-bas de son orifice. Ce sondage a rencontré des sables semblables à ceux que nous avions observés dans la fouille, mais nous n'avons pas retrouvé les couches d'argile. Contrairement à ce qui fut observé plus tard par nos confrères en un autre point, nous constatâmes un passage brusque entre ces sables et les sables diestiens sous-jacents. Un autre sondage (n" 40), exécuté à 15 mètres au sud du précédent et à 3 mètres plus bas, ne rencontra plus que des sables campiniens. Il en fut de même du sondage n° 41, exécuté à 4 mètres du précédent et à 2 mètres plus bas. Nous fîmes, en outre, plusieurs fouilles à la bêche dans les flancs de la colline, sans rencontrer de dépôts semblables à ceux de la sablonnière. A l'entrée du village, du côté de la chaussée, on pouvait voir dans un jardin le sable campinien reposant sur les sables glauconifères diestiens. On nous a assuré sur les lieux que les couches de sable blanc et d'argile n'avaient pas été trouvées lors du creusement du puits du village, qui a 24 mètres de profondeur. Les couches de sable blanc sont bien connues des habitants, qui les exploitent pour les usages domestiques ; on nous a assuré, en outre, qu'il n'y en avait pas partout, et ce qui rend cette assertion très plausible, c'est que la fouille avait été faite à l'endroit le plus éloigné de l'agglomération. Nos confrères ne parlent pas de ces singulières stratifications obliques 1 Texte explicatif de la planchette d'Heyst-opden-Berg, sond, 39. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNEE 1883 Ll inclinées de 45° N.-E. S.-O. et formées des mêmes éléments que les cou- ches stratifiées horizontalement. Nous supposons qu'elles ont échappé à leur observation. Nous avons dit que ces stratifications obliques nous ont fait considérer ces sédiments comme d'origine fluviatile. Il nous semblait, en effet, que des dépôts fluvio-marins se seraient déposés plutôt horizontalement et non pas sous un angle de 45°. Tel est le motif qui nous fit rejeter cette hypothèse lors de l'étude des matériaux recueillis dans le cours de notre levé de la planchette d'Heyst-op den-Berg. Les raisons que nous venons d'énumérer nous paraissent suffisantes pour faire considérer, comme nous l'avons fait, le dépôt d'Heyst comme très localisé et comme indépendant de la formation sous-jacente. Des dépôts formés d'alternances de sable et d'argile peuvent se déposer sous les influences les plus diverses. Ainsi, quand une rivière sort de son lit mineur et s'étend sur son lit majeur, elle y amène du limon lors des Inondations normales; sous l'influence de fortes crues, elle y amène du sable, ce qui produit des alternances argileuses et sableuses. Des dépôts de ce genre peuvent donc avoir une origine uniquement fluviatile. Il nous semble inutile d'indiquer la formation de ces alternances sous l'influence de l'action fluvio-marine; mais ce qu'on ignore généralement, c'est qu'à l'époque actuelle, il se forme, non loin de Calais, des alternances de minces couches d'argile et de sable sous l'influence uniquement marine et fort loin de l'embouchure de tout cours d'eau. La faune seule peut donc donner des renseignements précis et lorsque celle-ci fait défaut, il est dangereux de se prononcer à priori. C'est avec beaucoup d'étonnement que nous avons vu nos confrères rapporter ces dépôts à la partie supérieure du système diestien, soit : 1° Parce que, dans deux sondages, ils ont vu passer ces dépôts aux sables diestiens par transition lente ; 2° Parce qu'un sondage exécuté dans la tranchée du chemin de fer entre Hérenthals et Lichtaert, a percé de minces couches d'argile et de sable présentant les mêmes colorations que celles constatées à Heyst-op- den-Berg ^ Nous avons démontré plus haut, à propos de l'éocène et de l'oligocène, le peu de valeur des transitions insensibles et les difficultés que l'on ren- contre lorsque les preuves paléontologiques font défaut; nous n'insisterons donc pas. Nous avons dit également, plus haut, qu'à l'aide d'un sondage, nous avions observé un passage brusque des couches en litige aux sables glauconifères diestiens ; à ce point de vue, nous sommes donc aussi en 1 Voir aussi, Procès-verbal de la séance du 6 mai, .Soc. R. Malac. de Belgique, p. cxii. LU SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE divergence complète d'opinion avec nos confrères. Cela ne nous surprend pas ; mais il nous sera permis d'exprimer un légitime sentiment d'éton- nement en voyant M. Van den Broeck, l'adversaire déclaré de la détermi- nation des terrains d'après leurs couleurs, se baser sur une simple simi- litude de coloration pour identifier des couches distantes de 16 kilomètres. Dans la fouille où nous avons fait nos observations, les argiles étaient généralement grises, mais il y en avait aussi de colorées eu rose ou saumon; cette dernière teinte, qui nous a paru être le résultat des alté- rations, était de fort loin la moins fréquente. Nous avons vu également avec beaucoup d'étonnement M. Van den Broeck exprimer la même opinion, dans une publication ayant un caractère officiel*, comme un fait dûment prouvé et définitivement acquis à la science. Si nos confrères s'étaient transportés à une dizaine de kilomètres au nord de la tranchée d'Hérenthals à Turnhout, ils auraient pu voir, dans les briqueteries de Beersse, des argiles, grises, légèrement violacées, avec zones ferrugineuses et reposant sur des sables blancs ou colorés. Dans la briqueterie de M. Francart, à Beersse, l'argile se trouve entre les cotes 24 et 29.50. Cette argile que nous croyons d'origine polderienne, n'a pu se déposer à ce niveau élevé qu'à une époque pendant laquelle la contrée n'avait point encore son relief actuel, car immédiatement au sud s'étend une pente qui s'abaisse jusqu'à la cote 13, et cette dépression aurait permis aux eaux chargées d'argile de s'écouler avec la plus grande facilité. Nous avons l'honneur de mettre sous les yeux des membres de la Société une coupe transversale^ delà région qui s'étend de Beersel et Heyst-op-den-Berg à Beersse : pour plus de facilité, nous avons exécuté le tracé eu rapportant les principaux points sous le même méridien, les différences en longitude étant minimes. Nous ferons remarquer encore que les collines d'Hérenthals et d'Heyst ne constituent pas des reliefs continus pouvant faire obstacle à l'écoulement des eaux vers le sud, comme porterait à le faire croire la coupe transversale susdite. 11 nous paraît donc démontré par cette coupe que la région ne pouvait avoir sou relief actuel lorsque les argiles du nord de la Campine se sont déposées, et il nous semble probable qu'une pente douce devait relier, à cette époque, les points actuellement culminants de Beersel, Heyst-op den- Berg et Beersse. Les couches de Beersse ont donc pu parfaitement s'étendre jusqu'à Heyst-op-den-Berg et Beersel, localités qui se seraient trouvées sur la J Introduction au mémoire de M. P. -H. Nystsurla conchyliologie des terrains tertiaires de la Belgique, p. 10. Dans l'exposé histoi-ique, page 7, l'auteur a fait cependant une légère ^réserve, * Voir coupe '2, BULLETIN DES SÉANCES. — AN^^ÉE 1883 LUI limite méridionale du bassin. Le peu de puissance des dépôts en ces der- niers points semble donner une certaine vraisemblance à cette manière de voir. La plupart des couches tertiaires dans la basse Belgique augmentent d'épaisseur en s'infléchissant vers le nord ; il en est de même des argiles du nord de la Campine, qui sont plus puissantes à Merxplas qu'à Beersse. Dans le Brabant septentrional ces dépôts quaternaires ont déjà une puis- sance très considérable et sont constitués par des alternances de sable et d'argile. On y a même constaté la présence d'une nappe aquifère ascen- dante à 72 mètres de profondeur à Tilbourg. Ce fait n'a rien d'étonnant si l'on considère que ces couches affleurent à la cote 30 à Beersse. Il nous paraît, dans l'état actuel de nos connaissances au sujet des cou- ches en litige, qu'il n'y a pas plus de raisons de les rapporter aux strates argileuses et sableuses, rencontrées par un sondage dans la tranchée du chemin de fer d'Hérenthals à Lichtaert, qu'aux dépôts, argiles et sables infra-campiniens du nord de la Campine. Nous ignorons complètement où peuvent se trouver les zones d'allu- vions multiples que nous avons omises sur nos levés. Nous avons vu remanier trop souvent par la main de l'homme les prairies voisines des ruisseaux, pour ne pas accepter avec beaucoup de circonspection leur classement dans les dépôts naturels. Nous avons été témoins, entre autres, sur le territoire de la planchette d'Hoboken de travaux très importants de ce genre, de manière que nous avons préféré nous abstenir que de nous prononcer à ce sujet. L'an dernier encore, on a fait près de Boom des terrassements très considérables près d'un ruisseau, dans le but d'établir des prairies, dans une zone où nous avions indiqué le campinien et où il existait réellement; si, dans quelques années, un géologue exécute un sondage sur ce point, il prendra les rem- blais pour des dépôts modernes et soutiendra évidemment que nous nous sommes trompés. Dépôts modernes! la qualification est rigoureusement exacte; mais, quant à nous, nous ne pouvons géologiquement con- sidérer comme tel le produit du travail de l'homme. En Campine, des dépôts modernes peuvent se trouver localisés. Dans ce cas, ces sédiments se sont déposés dans d'anciens marais; ces flaques d'eau croupissantes étaient, il n'y a pas longtemps, très nombreuses; mais on s'est appliqué depuis à les assécher en assurant un écoulement aux eaux. Ce n'est pas sans étonnement que nous voyons encore M.Vanden Broeck écrire les lignes suivantes : « J'ajouterai incidemment qu'il y a lieu de rejeter complètement l'hypothèse émise par MM. van Ertborn et Cogels, au sujet de la formation des grès diestiens qui, d'après nos confrères. LIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE seraient dus, au moins dans certains cas, à la sédimentation de sables baignés dans des eaux « saturées d'hydrate ferrique ». « 11 est à peine nécessaire de relever le peu de fondement de cette thèse, qui nécessite l'intervention de sources ferrugineuses tout k fait extraordinaires. » Nous n'avons parlé nulle part de sources ferrugineuses et nous consi- dérons comme tout au moins aussi extraordinaire que le seraient ces sources, de nous attribuer leur invention. Etant donné que, d'après les observa- tions de M. de la Vallée Poussin, les sables diestiens contiennent de nom- breux grains de limonite un peu argileuse, nous avons supposé que les flots, qui ont amené la glauconie diestienne, l'ont empruntée en partie à des gisements où cette roche était déjà altérée. Par suite de cette circon- stance, les eaux elles-mêmes devaient être chargées de matières ferrugi- neuses en dissolution, et c'est à la précipitation de celles-ci que nous avons attribué la formation des grès. C'est donc précisément la connais- sance des phénomènes d'altération de la glauconie qui nous a permis de ne pas recourir à des sources merveilleuses. Aussi ne pouvons-nous nous empêcher d'exprimer l'opinion que notre ignorance, du moins dans le cas actuel, semble, en résumé, n'être autre chose que de ne pas partager en tous points la manière de voir de M. Van den Broeck relativement à la théorie des altérations. Cet exemple suffira pour montrer combien notre honorable confrère se rend parfois inexactement compte de la raison d'être de nos thèses. Nous avons rencontré plusieurs cas semblables; mais ce serait allonger ce travail sans aucun profit pour la science, que de nous attacher à relever toutes ces erreurs d'interprétation. La théorie des altérations, exposée par M. Van den Broek, contient encore bien des lacunes. Ainsi, les dépôts diestiens renferment des grès ferrugineux à tous les niveaux, témoin le radier de cette écluse de la Nèthe qui ne fut point construit à l'aide de matériaux ordinaires, puisque l'on se contenta de tailler la roche rencontrée dans le lit de la rivière. Les grès diestiens occupent donc, en ce point, un niveau qui n'a jamais été asséché. D'autre part, les sables anversiens, aussi glauconieux que les sables diestiens;, ne renferment pas de ces roches, lien qu'ils soient souvent favorablement situés pour provoquer leur formation. Les blocs de grès, qui existent dans la tranchée du chemin de fer d'Hérenthals à Lichtaert, se trouvent dans un sable très peu glauconifère, ce qui peut être constaté à peu de distance des blocs de grès, dans la zone oîi il est resté parfaitement pur. Malgré le peu d'abondance de glauconie dans ces sables, les grès contiennent une proportion considérable de matières ferriques. De plus, si celles-ci avaient été empruntées aux sables BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LV superposés à ces roches, ceux-ci seraient entièrement dépourvus de glauconie, et tel n'est pas le cas. Rappelons encore que les sables bolderiens, minéralogiquernont sem- blables aux sables de la tranchée du chemin de fer d'Hérenthals et situés dans les mêmes conditions d'infiltration et d'altération, ne renferment pas de concrétions ferrugineuses de même nature que celles que l'on peut observer dans la tranchée citée plus haut. Il y a donc encore bien des faits qui sont loin d'être expliqués d'une manière satisfaisante à l'aide de la théorie défendue par M. Van den Broeck. Nous avons dit, dans le texte explicatif^ des planchettes de Contich et d'Hoboken, que la base de l'argile. devait se trouver à Boom, à peu près à la cote 0. Cette allégation est basée sur le fait que, dans quelques bri- queteries de la rive droite du Rupel, les exploitations ont atteint les sables inférieurs à l'argile et qu'il est notoire que les fouilles ne se font pas au- dessous du niveau de la marée basse, afin de ménager l'écoulement des eaux pluviales; généralement même, le fond des briqueteries ne dépasse pas la cote 2. Nos confrères nous disent, de leur côté, que la base de ce dépôt se trouve, à Boom, Tamise, Niel, Steendorp et Rupelmonde, à une profon- deur relativement considérable, mais prudemment ils s'abstiennent d'in- diquer le niveau, même approximatif, que cette base occuperait dans cette région. Ils ajoutent, en outre, que la zone d'affleurement de l'argile sur la rive gauche du Rupel'^ et sur la rive droite de l'Escaut doit s'étendre assez loin en dehors des limites que nous lui avon^ assignées. Il est évident que si l'argile s'étendait en dehors des limites que nous lui avons tracées dans nos levés, le sondage de l'usine Rypens, à Boom, aurait dû la rencontrer, d'autant plus que la base de cette argile devait, d'après nos confrères, se trouver à une profondeur relativement considé- rable sur ce point. Le forage de Boom a été poussé jusqu'à 67 mètres de profondeur. Il n'a atteint que l'argile glauconifère à la cote — 28, soit à 18 mètres en dessous du niveau des Ostrea gigantea. Il ne peut y avoir le moindre doute relativement à l'absence de l'argile rupelienne sur ce point. Il en est de même à Tamise, où un forage exécuté au pied de la pelouse en pente de la villa du comte de Hemptinne a atteint 79 mètres de profondeur. L'argile rupelienne se trouve à quelques mètres seulement du point où le puits artésien fut foré et cette argile ne fut point ren- contrée en profondeur. 1 Page 11 et Texte explicatif de la planchette de Tamise, p . 60 . » Et non pas sur la rive droite. LVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Voilà donc, au sujet de la limite que nous avons tracée, deux faits bien positifs. Nous regrettons que nos contradicteurs n'aient pas indiqué des points précis, où on l'aurait reconnue sur la rive gauche du Rupel et sur la rive droite de l'Escaut, en amont de l'embouchure de son principal affluent. Les petits bancs pourraient s'y trouver, comme aux culées du pont de Tamise, mais l'âge de ces couches n'est pas connu. Ils sont, en tout cas, fort localisés, comme nous l'avons déjà dit; à Tamise même, les culées du pont les ont atteints, tandis que le puits artésien, à 600 mètres à l'ouest, ne les a pas rencontrés. Dans la partie occidentale des briqueteries de Steendorp, le sable infé- rieur à l'argile se trouve à 4 mètres en dessous du fond de l'excavation. Au jugé, celle-ci ne paraît pas dépasser la cote 3 ou 2 1/2; l'argile cesse- rait donc à la cote — 1 ou — 1.50, c'est-à-dire à peu près à la cote 0. M. Van den Broeck nous reproche de ne pas avoir percé la base du sys- tème rupelien; mais nous n'avions pas à le faire d'après la convention qui réglait nos levés. Nous avions seulement à indiquer la limite des terrains modernes et quaternaires affleurant au sol et l'extension des couches ter- tiaires en sous sol. C'est de cette manière que nous avons délimité l'argile de Boom et, jusqu'à présent, rien n'est venu infirmer l'exactitude de cette limite d'une manière sérieuse. Nous ne supposons pas que la Carte officielle indiquera le niveau de la base des terrains tertiaires affleurant en sous-sol. Ainsi, si l'on avait à indiquer la base de Typresien inférieur, qui affleure en sous-sol dans la vallée de la Senne, on devrait recourir à des sondages de 40 mètres de profondeur. Nous ne pensons pas que l'on fera des recherches aussi coûteuses, et nous considérons comme improbable que le Service officiel, qui critique si amèrement nos travaux, veuille profiter des données que nous avons publiées à ce sujet. On pourrait croire, d'après la manière dont M. Van den Broeck présente la question, que nous avons parlé de gouffres dans lesquels aurait eu lieu la sédimentation de l'argile de Boom. Il est presque superflu de dire qu'il n'en est rien; mais nous avons lieu de croire que la couche sur laquelle elle s'est déposée formait, non pas un plan géométrique, mais une surface ondulée, présentant des pentes pouvant s'élever à 6 et 7 millimètres par mètre. Si, à l'époque actuelle, une sédimentation argileuse venait à s'opérer sur le fond si remarquablement uniforme de la mer du Nord, la base de cette argile pourrait se trouver à des niveaux bien différents. Des courants, balayant ensuite la surface de cette argile, pourraient la réduire en îlots, en respectant les massifs qui se sont déposés dans les dépressions. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LVII Telle est l'idée qui nons a guidés. D'ailleurs, il est incontestable que l'argile rupelienne présente plusieurs solutions de continuité dues, non pas à des érosions quaternaires, mais résultant probablement de la grande dénudation diestienne. Nous eu avons signalé plusieurs sur le territoire de la planchette de Lubbeek, et le puits artésien d'Aerschot ne laisse planer aucun doute sur celle qui existe en dessous de cette ville. Nos confrères font remarquer ensuite que l'un des résultats de nos levés qui frappent le plus, par la comparaison avec les données de la carte de Dumont, est la restriction considérable du sol formé par l'argile de Boom. Or, nous voyons sur la carte de Dumont que la limite méridionale de l'argile rupelienne, représentée par une teinte fondue, n'indique qu'une simple limite théorique, reliant les briqueteries de Rumpst à la base de la colline de Bael. Le tableau suivant donne la distance approximative de la limite de l'argile aux clochers des différents villages, sous leur méridien : D'après la carte de Dumont. D'après nos levés. Wavre-Sainte-Cathei'ine. 2,300 met. au sud 3,200 met. au sud. Wavre-Notre-Dame . 3,300 — 2,400 — Putte 5,300 — 2,200 — Schriek 2,600 — 200 — Les deux limites passent parle hameau de Peulis. La limite méridionale théorique de Dumont se trouve donc en moyenne à 1,400 mètres au sud de la nôtre. Notre limite septentrionale est définie par les sables anversiens à Panopœa Menardi, qui avaient complètement échappé à Dumont. Elle est basée sur les sondages suivants, qui ont atteint le terrain miocène : PI. de Putte. N° 1. Débris de coquilles. Id. N" 2. Id. Id. No 10. Très fossilifère. PI, d'Heyst-op- •den-Berg. N" 13. Fossilifère. Id. N° 14. Id. Id. N- 15. Id. Id. No 16. Très fossilifère. Id. N» 17. Fo.ssilifère, sous le diestien. Nous avons vu assez fréquemment les Sables à panopées à Edeghem, au Kiel et à Burght, pour supposer que nous nous soyons trompés. Quant aux limites assignées par Dumont à l'argile sur la rive droite du Rupel, il nous ?emble presque inutile d'en parler. Dumont figure l'argile rupe- LVIII SOCIÉTÉ BOYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE lienne comme affleurant en sons-sol à l'endroit de la célèbre briqueterie d'Edeghem, point où elle se trouve recouverte par les couches-types à Panopœa Menardi. Nous avons signalé l'existence de ces sables miocènes jusqu'aux portes mêmes de Boom. L'année suivante, lorsque l'excavation dans laquelle nous les avions découverts fut agrandie, MM. Delvaux et Vincent y découvrirent des moules de fossiles caractéristiques lors de l'excursion de notre Société à Boom, en novembre 1881. Dumont, en outre, figure le scaldisien à l'emplacement de la brique- terie Steenackers, à Burght, localité où les Sables à panopées affleurent sans conteste en sous-sol. Nous avons lieu d'être surpris de voir nos confrères s'appuyer sur les limites théoriques de la carte de Dumont, spécialement dans une région où il est notoire que ces limites laissaient à désirer. Lors du levé officiel de ces surfaces, ils seront obligés eux-mêmes de restreindre considérable- ment l'extension en sous-sol de l'affleurement attribué à l'argile rupe- lienne par Dumont, à cause du développement des Sables à Panopcea Menardi vers le sud, formation qui avait échappé aux investigations du célèbre géologue. D'autre part, si l'argile rupelienne s'étendait en dessous de la région que nous avons indiquée comme wemmelienne, les forages artésiens d'Aerschot, de Malines, de Breendonck, de Boom et de Tamise auraient du l'atteindre, et il n'en est rien. Voilà donc des faits précis et qui ne laissent planer aucune incertitude sur une zone d'une étendue considé- rable. Le reproche qu'on nous a fait d'avoir à tort réduit l'affleurement en sous-sol de l'argile de Boom n'est donc pas justifié. Parlant de l'opinion que nous avons exprimée au sujet de l'origine marine du relief des collines de la Campine, nos, confrères combattent la théorie exposée par nous. Nous devons à la vérité de déclarer que nous avons fait cette partie de notre travail en collaboration d'un ingénieur hydrographe des plus distin- gués. Cette question d'hydrographie n'est pas de la compétence exclusive des géologues; elle ne peut, nous semble-t-il, être tranchée que par des arbitres, ingénieurs spécialistes en la matière ; nous attendrons leur juge- ment avec confiance. Toutefois, nous ferons remarquer que l'origine marine attribuée par nous aux reliefs de la Campine semble être un peu perdue de vue dans le débat, qui paraît s'attacher spécialement à l'époque à laquelle ces reliefs se seraient modelés. Cette origine marine, qui constitue la base fondamentale de notre thèse, est cependant trop certaine pour que nous puissions songer à l'abandonner, et nous la maintenons. Si l'on nie les effets de l'action érosive marine dans cette région, on ne parviendra pas à expliquer la présence du faîte de partage qui s'observe BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LTX dans la valléft dont une partie est occupée par la Wing-he, coulant à l'ouest, et l'autre par la Motte, prenant la direction du nord-est. Le faîte de par- tage se trouve à la cote 27 et à 4 kilomètres de distance dans chaque sens, le niveau de la vallée s'est déjà abaissé respectivement à la cote 19 vers l'ouest et à la cote 21 vers le nord-est. Nous avons attribué, il est vrai, l'action érosive qui a modelé cette rég-ion aux courants de la mer campinienne; nous ne sommes pas encore persuadés que l'on puisse leur attribuer une origine plus ancienne. En effet, si ce relief s'était dessiné à une époque antérieure, les argiles du nord de la Campine, que nous considérons comme étant d'origine polde- rienne et contemporaine de l'âge du mammouth, n'auraient pu se déposer sur la crête de partage des bassins de la Meuse et de l'Escaut. La présence de ces argiles sur ce point culminant prouve à l'évidence que le pays ne pouvait avoir son relief actuel lors de leur sédimentation. Ce relief n'a donc pu se produire que plus tard, pendant l'immersion campinienne, car cette immersion est la seule qui ait laissé des traces depuis la sédimentation des argiles du nord de la Campine. Il ne nous paraît pas inutile de rappeler ici que nous avons dit dans le texte explicatif des planchettes d'Hoboken et de Contich \ que la région située à l'est d'Anvers avait subi un relèvement. En effet, dans les buttes de Poederlé et de Casterlé, le scaldisien supérieur se trouve à un niveau bien plus élevé que celui qu'il occupe à Anvers. Il se relève également dans la direction de l'ouest, car, au fort de Zwyndrecht, il occupe des cotes plus élevées qu'à Anvers. Le point le plus bas s'observe dans le voisinage de cette ville. Il y a donc eu affaissement dans cette région, car les tourbes de formation moderne se trouvent en contre-bas du fleuve et, selon toutes probabilités, celui-ci suit l'axe de flexion. L'affaissement aux environs d'Anvers correspondrait à un relèvement dans la région orientale. Ce relèvement a dû se produire après la sédimen- tation des argiles du nord de la Campine, et ce qui confirme encore cette manière de voir, c'est que celles-ci se trouvent à Beersse à un niveau sensiblement plus élevé qu'à Capellen. Le phénomène se serait produit à l'époque de l'émersion campinienne. En tout cas, ce relèvement vers l'est ne peut modifier en rien ce que nous avons dit au sujet de la sédimentation des argiles du nord de la Campine au niveau qu'elles occupent actuellement. Ce niveau, malgré de légères modifications dans la pente générale du pays, n'en formerait pas moins un point culminant par rapport à la région limitrophe. Pour rencontrer encore une objection de nos confrères, nous ajouterons •Page 31. LX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE que du limon et des sédiments variés ont pu être entraînés par les eaux et déposés dans les érosions. Il n'y a là rien d'anormal, nous semble-t-il. On ne doit pas perdre de vue que le campinien inférieur est lui-même souvent très limoneux et que sa base contient parfois des débris roulés de coquilles pliocènes provenant de gisements voisins. Il est donc fort possible que la présence de sédiments analogues à ceux des « alluvions fluviales anciennes » ne constitue pas un argument décisif en faveur de la manière de voir de nos honorables contradicteurs. Nous désirons présenter, sous forme de notes, quelques observations qui nous paraissent sortir du cadre d'une discussion scientifique; mais ces questions aj^ant été soulevées par nos confrères, nous ne pouvons les laisser sans réponse, afin que ceux qui ont suivi ces débats aient sous les yeux tous les éléments d'appréciation. Nos confrères relèvent à plusieurs reprises le terme que nous avons employé pour désigner certains dépôts quaternaires d'eau douce et l'ex- priment delà manière suivante: « Quaternaire fluviatile (alias fluvial). » On pourrait croire, d'après la manière dont le mot alias est placé, que c'est nous qui avons employé le mot fluvial. Cette observation, présentée sous cette forme, pourrait aussi faire supposer que nous avons commis une grave erreur grammaticale. Il nous suffira d'ouvrir le dictionnaire de l'Académie française ; nous y lisons : « Fluvial, aie, adj. Qui appartient aux fleuves, aux rivières. La navi- « gation fluviale. Pêche fluviale. — Fluviatile, adj. des deux genres. « T. d'hist. nat. Il se dit des plantes et des coquillages d'eau douce. » Les géologues l'étendent également aux dépôts qui ont la même origine. Nous n'en citerons qu'un seul, dont tout le monde appréciera le style élégant et correct. M. de Lapparent dit, dans son Traité de géologie^ p. 1084, espèces fluviatiles; p. 1086, coquilles fluviatiles; p. 1042, sables fluviatiles; p. 1066, origine fluviatile. Si nous nous sommes trompés, nous nous estimons en si bonne compagnie que nous tenons à y rester. M. Rutot nous dit, dans la note lue le 1" avril 1882, qu'à Breendonck au-dessus du niveau nuramulitique, il y a six mètres d'argile, ayant les caractères extérieurs de l'argile de Boom. Nous admettons que cette argile puisse avoir les caractères extérieurs de l'argile de Boom, mais ces caractères nous paraissent sans aucune valeur comme preuve à l'appui de l'âge de la couche d'argile même. Cette dernière se trouve à Breendonck entre les cotes — 16.10 et — 22.20; d'autre part, les Ostrea gigantea se trouvant au pont de Boom à la cote — 10 et les couches se relevant dans BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LXI la direction du sud, il s'ensuit que l'argile reposant sur la couche nuramulitique à Breendouck doit se trouver au moins à lô^'OO en des- sous du niveau à Ostrea gigantea et ne peut être rapportée à l'argile de Boom. Au sujet des nummulites que nous avons trouvées au sondage 31 de la planchette de Boom, M. Rutot nous dit qu'un sondage exécuté par lui au même point « a montré sous le campinien une magnifique alluvion grise quaternaire, remplie de débris de coquilles d'eau douce, dont quelques bouts de spire ont sans doute dû être pris pour des nummulites par nos honorables confrères, à moins que quelques-uns de ces forami- nifères ne s'y soient trouvés accidentellement à l'état remanié » . L'auteur ajoute ensuite : « Ici encore, comme partout ailleurs, le prétendu wemmelien n'était que de l'alluvion quaternaire. » Rétablissons les faits: Au sondage n" 31 de la planchette de Boom, nous avons rencontré les mêmes couches que notre confrère, mais il ne paraît pas avoir atteint à l'aide de son sondage celle oii nous avons trouvé les nummulites ; nous transcrivons ici le sondage en question, en le résu- mant pour le campinien. Campinien avec graviers et débris roulés à la base .... 1.27 1.65 « Quaternaire fluviatile. « Sable vert 0.20 « Argile grise sableuse avec débris de végétaux ' . . 1 .45 « Wemmelien supérieur. « Sable vert, légèrement grisâtre à la partie supérieure, j « un peu argileux, pointillé de glaucouie 1.53 > 155 « Le même, plus grossier (non percé) 0,20 / « La dernière couche sableuse renfermait quelques nummulites. » Nous avons donc également observé en ce point une alluvion quater- naire se présentant absolument dans les mêmes conditions que celle que nous avons observée dans les fossés du fort de Waelhem et qui se trouve 1 Un déplacement de quelques métros permet souvent de constater des différences trè« grandes dans l'épaisseur de ces dépôts. LXIl SOCiÈTÉ ROYALE MAL ECOLOGIQUE DE BELGIQUE encaissée dans des sables que nou:^ considérons comme tertiaires. Nouis ignorons si notre confrère a exploré les fossés de ce fort ; en tout cas, leui étude lui aurait permis de juger avec plus de précision de l'allure de ces couches. Les nummulites recueillies au sondage n" 31 ont été remises, confor- mément à la convention, à la Commission de la carte géologique. Le fait est donc facile à vérifier. Nous profiterons toutefois de l'occasion pour demander à notre honorable confrère quelle est la coquille fluviatile dont un bout de spire pourrait être pris pour une nummulite. Il est arrivé, par suite de l'emploi des mêmes clichés pour l'impression des tableaux de soudage, que le mot « sondage » est resté quelquefois sans être remplacé par celui de « coupe » . Les corrections de l'espèce échappent facilement à l'observation. Dans une note (page xcviii) , M. Van den Broeck attire spécialement l'attention sur quelques inadver- tances de ce genre. Il lui est cependant arrivé d'en commettre une bien plus grave. Traitant de l'extension probable de l'argile de Boom au delà des limites que nous lui avons tracées, il parle de « l'extension de l'argile sur la rive droite du Rupel et de l'Escaut » ; or, la région qui se trouve désignée ici est située en réalité sur la rive droite de l'Escaut, mais sur la rive gauche du Rupel. En effet, le fleuve y coule de l'O. à l'E. et son affluent le Rupel, en sens inverse. La zone située sur la rive droite du fleuve occupe donc la rive gauche de la rivière. Quant à nous, nous n'attachons aucune importance à des erreurs de ce genre, car nous savons parfaitement que notre confrère n'a nullement eu en vue la rive droite du Rupel, où l'existence de l'argile n'est contestée par personne, et si, à son exemple, nous relevons l'inadvertance qu'il a commise, c'est unique- ment pour démontrer que personne n'échappe à la loi commune. MM. Van den Broeck etRutot ont fait la récapitulation de tous les son- dages que nous avons exécutés pour nos levés; n'étant pas d'accord avec eux sur ce sujet, nous eu avons dressé le tableau ci-joint. BULLETLN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LXlIl •ajiBijaaj 3\ juiajiB ST3d JUB.C'B.U saovaNos •SKOixvAHasao •suais^jJB Si'md •j^dns aSHia •xaisaadi. ' CDO^r^cHCOOStT^OO <0 O CO -"T t~ C^ -^ r-H in t~ m ^ 00 O 1/5 ço CO Tî* TT" TT œ (M m rt O r-^s;Or*'»rt^C0»— lOiftiftûO t^ co o s^ M M s — M M I— I (M s r-l ri •Namaxaaa •jçdns aSBjg •KanaKKaA ïï 3 sa ■H .3 •H M •Naïaaaioa ■W-S 6C-S .5 3 (M i ^ a> ï ffj Ci ^ r- s I— ■ -V 2 'i rr 2^ . • . . . fe fi . ^ ^ "=! 2 » ? ^ ' 2 .c •= & s - es Nicolas .... .S s <; "™;-'3« -i'ti^toire naturelle de Halle, eu annon- çantlemoi de plusieurs publications, exprime le vœu de compléter la t;^Z i";tr^dl"^ '-''''- '' '''' - ^e.an,eplusieurs^ra::„t Accusant réception de notre envoi, l'Institut éo-vptien annonce qu'il fa prochainement parvenir son bulletin pour 1880 et demande à com- pléter la série de nos publications qu'il pos.sède. _ L'envoi de. procé^- verbaux des séances est décidé. ^ n>,J;l^rf p'r^"'^' ^"" naturalistes de Moscou et la Société d'histoire naturelle de Colmar accusent réception de publications re^:^::^::^ ^"^^"^ '- ^-'-^ --- ^^-^^^- - — e La Société royale Linnéenne adresse le programme de ses conférences et de ses excursions pour 1883. La Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département Dons et enrois reçus. Brochures offertes par leurs auteurs: M. H. Forir (1. Notices bihlio- grapUgnes 2. Note minéralogique. 3. Note sur la DiadocUte - Destiné- ^Ue ~ et laDeltauxHey, M. P. Albrecht (1. Die Epiphjsen und die Am- wZ7f% ^ ^^^^^ge^^ier^^iMorper. 2. JJeber den\norpMogiscken desAtla Uiden nrodelen AmpMUen. 4. Ueher das zm,cnen dem Basi- occipitale und dem Basipost-spJienoid liegende Basi-oticum. 5. Ueher den 6 LXXXll SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Stammhaim der NagetUere. 6. Ueher den StammUim der RaultMere. 7 Beitmg zur Torsionstlieorie des Humérus uiul zur morplwlogisclien Stel- Img der Patella in der Reilie der WirMaiere. 8. Beitrag zur Morphologie des M. omo-hjoîdes und der veniralen inneren Interhrancliialmusculatur m der ReiJie der WirheUliiere. 9. Note sur un sixième costoïde cervical chez un jeu7ie Eippopotamiisamphibius. 10. Notes sur une hémivertèhre gauche sur- numéraire de Python SeU, Dmnéril, et sur la présence d'èfiphyses termi- nales sur le corps des mrtebres d'un exemplaire de Manatus amencanus, Desm.)\ M. A. Senoner {Cenni biUiografici). Le Moniteur industriel adresse le numéro du 3 mai 1883, qui contient un article critique relatif à l'exécution de la Carte géologique de la Belo-ique. — M. le Secrétaire fait remarquer que l'échange avec la rédaction de ce journal est suspendu et exprime l'avis, qui est partagé par l'assemblée, de cliercher à compléter cette publication. Publications reçues en échange de l'Institut égyptien, du Comité royal géologique d'Italie, de l'Académie royale de Turin, de l'Académie royale des sciences de Belgique, de l'Institut impérial-royal géologique d'Au- triche, de l'Académie des sciences de Vienne, de l'Académie royale des Lynx de Rome, de l'Académie impériale allemande d'histoire naturelle de Halle, des rédactions de la Feuille des Jeunes naturalistes, du Jour- nal «Science » de Cambridge, de l'Athenaîum belge et des Sociétés suivantes : Géologique du Nord, Vaudoise des sciences naturelles, de Borda à Dax, d'Histoire naturelle du Nouveau-Brunswick, Asiatique du Beno-ale, d'Histoire naturelle de Cincinnati, Botanique de Lyon, d'Histoire naturelle de Riga, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Provinciale de la Westphalie, de Lectures et conversations scientifiques de Gênes, Malacozoologique allemande, Belge dé microscopie, Entomolo- gique de'Belgique, Géologique de Hongrie, des Naturalistes de Modène et du Club scientifique de Vienne. Prix-courant des mollusques terrestres et fluviatiles. du Caucase, en vente chez M. 0. Boettger, à Francfort. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société, trois exem- plaires du procès-verbal de la séance du 7 avril 1883, ainsi qu'un exem- plaire des tirés à part suivants des Annales, tome XVII, 1882 : Mélanges géologiques Jascmile /, par E. Van den Broeck ; Coupe de la bruyère de Castre, par G. Velge, et Note sur le mo7it de Castre, par A. Rutot. Travaux pour les publications de la Société. M. Delvaux donne lecture du compte-rendu de l'excursion de la Société, les 13 et 14 août 1882, dont il a bien voulu se charger. BULLETIN DES SÉANCES. - ANNÉE !883 LXXXIIi M le Président remercie M. Delvaux pour le soin qu'il a apporté dans la rédaction de ce travail et, d'accord avec l'assemblée, il décide l'impres sion. avec la carte qui y est jointe, dans le tome XVII des Annales. Lecture. M le Secrétaire donne lecture de la note suivante, dont l'impression est décidée au procès-verbal de la séance : MOLLUSQUES TERRESTRES ET FLUVIATiLES DES ENVIRONS DE MAASTRICHT, par CASIMIR UBAGHS. Les environs de Maastricht sont ïvh, favorables aux recherches mala- colog-iques, par suite des caractères généraux de cette partie de la pro- vince. Les cours d'eau qui traversent cette contrée sont la Meuse le Jaer et la Geul; outre cela, elle est sillonnée par plusieurs petits ruisseaux Les collines sont assez élevées, et les vallées offrent une certaine lar- geur. Le limon ou loess recouvre comme d'un manteau les collines cal- caires crétacées, ainsi que le fond des vallées; des carrières abandon- nées et des escarpements crétacés se trouvent partout sur le versant des collines de ces trois vallées. Les escarpements et les hauteurs sont presque partout couverts de bois de diverses essences, de noisetiers, au milieu desquels s'élèvent de dis- tance en distance des frênes, des chênes et des ormes. Les flancs des col lines, entrecoupés de rochers crétacés, sont recouverts, en quelques endroits, par des sables, des cailloux ou du limon. On trouve des rochers dont jaillit quelquefois une eau limpide ; assez souvent les mêmes versants sont garnis de grottes, dont la sombre cavité semble disparaître sous les herbages et les broussailles. Les plateaux et les plaines sont bien cultivés; les prairies sont nom- breuses, et des étangs et des flaques d'eau se trouvent le Ion - de la Meuse. & ^ ^^^ La faune malacologique des environs de Maastricht, quoique riche n'est pas encore publiée, et c'est pour cette raison que je m'empresse dé répondre à la demande de notre confrère et zélé secrétaire, M Th L^fèvre Peut-être la liste suivante ofi-rira-t-elle quelque intérêt pour les personnes qui étudient spécialement la distribution géographique des mollusques Les mollusques terrestres et fluviatiles des environs de Maastricht ren' seignés dans cette liste ont été recueillis dans le temps par M. J. Bosquet et par moi; ils font tous partie de mes collections. Genre Arion, Férussac. Arionempiricoruni, Fér. Maastriclit, Fauquemont, Geulem, Bemelen. — horipnsis, Fer. Maastrclit, Fainiueinont, Gnuloin. LXXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE Genre Limax, Linné. Limax cinereo-nigor, Wolf. Maastricht, Fauquemoni, Geulem. — cincrous, Lister, Maastricht, Geulem. — varicgalus, Drap. Maastricht, Fauqucmont, Geulem. — agresiis, Linn. Maastricht, Fauqucmont, Geulem, Bemelen. Genre Vitrina, Draparnaud . Vitrina pellucida, Miill, Maastricht, Fauquemoni, dans les bois, sous les pierres, au pied de murs et dans les prairies humides. — subglobosa, Michaud. Maastricht, dans les bois, sous les pierres et les feuilles des lieux liurnides (rare). Genre Hélix, Linné. Hélix (Chilolrema) lapicida, Linn. Maastricht, Geulem, sous les tas des pierres, dans les bois (rare) . Hélix (Fructicola) incarnata, Miill. Maastricht, Fauqucmont, Geulem, sous les feuilles, dans les bois. — (Fructicola) strigella, Drap. Maastricht, Fauquemoni, escarpements calcaires et dans les bois. — (Fructicola) fruticum, Miill. Maastricht, Geulem, Fauquemoni, Bemelen, dans les haies, sur les noisetiers, dans les bois et les jardins. — (Fructicola) hispida, Linn. Maastricht, Geulem. — (Hyalina) nilidula, Drap. Maastricht, Geulem, Fauqucmont, dans la mousse et sous les fiîuilles. — (Hyalina) fulva, Mïdl. Maastricht, Fauquemont, sur les collines calcaires. — (Hyalina) cristallina, ik/»/L Maastricht, Fauquemont, Geulem. — (Trigonostoma) obvolula. Midi. Maastricht, Fauquemont (rare), sous les vieux mor- ceaux de bois et sous les feuilles pourries. — (Xerophila) candidula, Stud. Maastricht, Fauquemont, ruines du vieux château. — (Xerophilaj ericelorum, Miill. Maastricht, Fauquemoni, sur les talus et gazons arides. — (Arionta) arbustorum, Linn. Maastricht, Fauquemoni, dans les broussailles. — (Arionta) depressa, Held. Maastricht (rare). Var. d'arbustorum, Linn. — (Fatula) pygmaea. Drap. Maastricht, Fauquemont, sous les pierres (silex), dans les bois cl les prairies humides. — (Patula) rotundata, 1/m//. Maastricht, Fauquemont, sous les pierris,. morceaux de bois pourris et sur les vieux murs humides. — (Patula) rupeslris. Drap. Maastricht, Geulem (rare), roches calcaires humides, gazon, etc. — (Vallonia) pulchella, Miill. Maastricht, au pied des murs et des arbres, dans les vieilles souches des haies. — (Vallonia) costata, Mïdl. Maastricht, Fauquemoni, dans la mousse, etc. • (Âcanthinula) aculeata, Mûll. Maastricht, sous des morceaux de bois pourris. — (Tachea) nemoralis, Linn. Maastricht, Geulem, Fauquemont, très commun. Variétés nombreuses, parmi lesquelles une jaune et une blanchâtre; dans les jardins fruitiers cl les broussailles. — (Tachea) nemoralis var. bifaciala, Linn. Maastricht, Fauquemont. — (Tachea) hortensis, Mïdl. — — — — — var. fusco-labiaia, Krigl. — — BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LXXXV Hélix cellaria, 3IiiU . Maaslricht, Fauquemont. — nitida, 3Jull. syn.lucida, Drap. Maastricht, (rare), dans la mousse. — aspersa, Li?m. Maastricht, peu commun. — iHelicogena) pomaiia, Ltnn. Maastricht, Geulem, Fauquemont, Bemelen, Canne, sur les talus dans les bois humides. — (Helicogena) pomatia, var. test. alb. Limi. Variété peu commune, Maaslricht. Genre Bulimus, Scopoli. Bulimus (Napœus) montanus. Drap. Maastricht (rare), sous les feuilles tombées. — (Napseus) obscurus, Drap. — Fauquemont. — (Cochlicopa) lubrica, 31ull. — (rare), lieux humides, dans la mousse et sous les pierres. Genre Pupa, Lamarck. Pupa muscoriim, Linn. Maaslricht, Fauquemont, prairies humides. — doliolum, Brucj. — dans les moussas humides et dans les gazons. — edrntula?, Dra;;. — (rare). — secale, J)?'ap. — — rochers humides. — pygmœa, Z>m7J. — dans his gazons humides. — minutissima, Harlm. — (rare) dans la mousse sèche. Genre Clausilia, Draparnaud. Clausiliaplicala, Drap. Maastricht, Geulem, Fau(iuemont. Collines calcaires, dans la mousse. — • Rolphii, Leach. — pied des ruines, collines calcaires. — lan.inata, Illoiit. — bidens. Drap. Maastricht (rare), dans les bois. -- parvuh, Studer. — Fauquemont, pied des murs, collines calcaires, dans la mousse. — nigricans, PuU. syn. bidentata, Strôm. Maastricht, Geulem, Fauquemont. Genre Succinea, Draparnaud. Succinea Pfeifferi, Rossm. Maastricht, (rare), eaux stagnantes. — putris, Li7in. (amphibia), Drap. Maastricht, fossés des remparts. Genre Cyclostoma, Lamarck. Cyclostoma elegans, 3Ionlf. Maaslricht, Fauquemont, Geulem, sur des collines de calcaire sec, sur des pierres, dans les haies sèchos. — species ind. Maastricht, rare. Genre Valvata, Mïdler. Valvata ciistata, Mail. Maastricht, fossés du rempart, eaux stagnantes. — dopressa, Pfeiff. — eaux stagnantes. — macrostoma, Steenb. — la Meuse et le canal. Genre Bithynia, Graij. Bithynia tcntaculata, Lmn. Maastricht, Geulem, Fauquemont, eaux stagnantes, fossés di;s remparts, la Geul, le Jaer. — L'achii, Scliepp. syn. Paludina Kickxii. Maastricht, rare, eaux slagnantes. Neritina, Lamarck. Neritiria fluviaiilis, Linn. Maaarichl, Fauquemont, Meuse, le canal, le Jaer, la Geul. LXXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Genre Limnasa, Lamarck. Limiiœa stagnalis, Linn. Maastricht, Fauquemont, eaux stagnantes le long de la Meuse, fossés di^s remparts, la Geul, le Jaer. Parmi les vaiiations ou anomalies du Limnaea stagnalis, on remarque les variétés suivantes : sinoslrorsa, quadrangulata, regularis, expansa, distorta, mininia et aperta, décrites et figurées par G. Collin, Mémoires de la Société Malacologique, t. Vil, pi. IV. — (Guinaria) auricularia, Drap. 3Iaastricht, fossés des remparts et eaux stagnantes le long de la Meuse. Limnœa (Guinaria) ovala, Drap. Maaslricht, eaux stagnantes. — — ampla, Hartm. — — — vulgaris, West. — — — intermcdia ? Mich. — — — glabra. Midi., var. elongata, Drap. Maastricht, canal et eaux stagnantes des fossés. — — — var. subulata, Kickx. — et Canne — — — njinuta, Drap. — canal — — — palustris. Drap. — eaux stagnantes. — palustris, var. fusca, Pfeiff. — Canal et fossés des l'cmparts. Amphipeplea glutinosa, il/////. — — — Genre Planorbis, Mûller. Planorbis vortex, var. compeessus, Mich. Maastricht, Geulem, Fauquemont. — carinalus, Midi. — — — • — glaber, /(?//'. — eaux stagnantes. — roiondatatus, Poiret. Maastricht, leucostoma, Michaud. Maastricht, eaux stagnantes le long de la Meuse. — marginatus, Drap. Maastricht, fossés des remparts et eaux stagnantes près Fau- quemont. — nitidus. Midi. Maastricht, fossés des remparts. — corneus, Linn. — eauxstagnantesle longdela Meuse, fossésdes remparts. — comphmatus, Linn. — fossés des remparts. Genre Ancylus, Geoffroy. Ancylus fluviatilis,il/////. Maastricht, Meuse, le Jaer, le canal, la Gcul, (couleur vert blancliûtre). Genre Acroloxus, Beck. Acroloxus lacustris, Linn. .Maastricht, eaux stagnantes le long de la Meuse. Genre Physa, Druparnaud. Physa fonlinalis, Linn. Maastricht, fossés des remparts. — hypnorum, Linn. — eaux stagnantes le long de la Meuse et des fossés des remparts. Genre Achatina, Lamarck. Achalina (Acicula) acicula, Mïdl . Maastricht, entre la mousse, sur lescollim's calcaires. Genre Paludina, Lamarck. Paludina (Vivipara) vera, Fraiienf. Maaslricht, eaux stagnantes le long de la Meuse, fossés des remparts. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 LXXXVII Paludina (Vhipara) acliatina, Lmk. Maastricht (rare), eaux stagnantes. Genre Anodonta, Cuvicr. Anodonta anatina, Linn. Maastricht, la Meuse et le canal. — cygnœa, Linn. — — le Jacr. — pondcrosa, Pfdff. — — — vcntricosa, Pfeiff. — — eaux stagnantes. Genre Unie, Retz. Unio pictoruni, Zi'nn. MaListi-icht, la Meuse et le canal, la Geul. — var. rostrata, Lmk. — — — tumidus, Pfeiff. — _ le Jaer. — margaritifer, Linn. — ' — — batavus, Lmk. ~ — le .!aer. -, Genre Pisidium, Pfeiffer. Pisidiuni obtusale, Pfeijf. Maastricht, la Meuse et los eaux stagnantes le long de la Meuse. — obliquum, Pfeijf. — — le canal et le Jaer. — fontinale, Pfeiff. — — Genre Splieerium, Scop . Sph?erium Draparnaldi, Clessin, (Cyclas lacustris, Drap.) Maastricht, la Meuse et le Jaer. — (Cyclas) rivicolum, Leach. Maastricht, la Meuse et le Jaer. — (Cyclas) solidum, Norm. — — — (Cydas) cor neimi, Linn. — — — — — var. nucleum, Studer. Maastiicht, la Meuse et le Jaer. Genre Calyculina, Clessin. Calyculina lacustris, Mïdl, (Cyclas calyculata, Drap.). Maastricht, la Meuse et le Jaer. Genre Dreissena, v. Beneden. Dreissena polymorpha, v, Ben. Maastricht, la Meuse, le canal et le Jaer (abondant). Communications des membres, M. Delvaux demande la parole et annonce, de la part de M. Vanden- daele, la décotiverte de plusieurs nouvelles espèces pour la faune du sys- tème paniselien de Ten-Abeele. M. Pelseneer exprime le vœu qu'un échange de publications s'établisse entre la Société et la rédaction du Journal de conchyliologie de Philadel- phie. — L'Assemblée appuie cette proposition et charge M. le .Secrétaire de faire les démarches nécessaires pour obtenir cette importante publi- cation. M. Denis informe la Société qu'elle devra prochainement abandonner LXXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE son local, par suite des travaux de reconstruction qui doivent s'effectuer à l'Université. Il croit pouvoir annoncer qu'un autre local sera offert par rUuiversité, à l'effet d'y transférer la bibliothèque, et il ajoute que le concours bienveillant du Conseil académique nous sera continué comme par le passé. La séance est levée à 5 1/2 heures. Séance du 2 juin 1883. Pkésidence de m. h. Denis. La séance est ouverte à 4 1/4 heures. Sont présents : MM. H. Denis, vice-président; E. Bayet, P. Cogels, F. Cornet, F. Crépin, H. de Cort, J. De la Fontaine, comte A. de Lim- burg-Stiium, É. Delvaux, P. Desguin, L. Dollo, É. Fologne, É. Henne- quin, P. Pelseneer, A. Rucquoy, J.-D. Stevens, baron 0. van Ertborn, G. Vincent et Th. Lefèvre, secrétaire. M. L. Paris, présenté par M. le comte A. de Limburg-Stirum, assiste à la séance. Correspondance. Le Conseil d'administration de l'Université libre de Bruxelles annonce que, dans sa séance de ce jour, il a alloué à la Société une somme de trois cents francs à titre d'indemnité pour ses frais de déménagement. — Sur la proposition de M. Denis, des remerciements lui seront adressés. L'Union géographique du nord de la France informe que le Congrès des Sociétés françaises de géographie se tiendra, en 1883, à Douai, du 26 août au 1" septembre, et fait savoir que la Commission d'organisation a décidé qu'il serait accompagné d'une exposition. Il prie la Société de participer à cette exhibition par l'envoi de ses travaux. — Après discussion, l'Assemblée décide qu'il n'y a pas lieu de donner suite à cette demande. La Société Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud, l'Académie des sciences, des arts et des lettres du Wisconsin et la Société asiatique du Bengale accusent réception de publications. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1 LXXXIX La Société d'histoire naturelle de Brûnn aiiDonce l'envoi de ses der- niers travaux. Dons et enrois reçus. Brochures offertes par leurs auteurs : M. Éd. Dupont {Sur les origines du calcaire carbonifère de la Belgique); MM. A. Rutot et E. Van den Broeck {Le sol de Bruxelles à travers les âges géologiques). Publications reçues en échange de la part de l'Académie royale des sciences de Munich, du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique, de l'Académie royale des sciences de Turin, de l'Observatoire impérial de Rio de Janeiro, de l'Académie royale des Lynx de Rome, de l'Académie des sciences d'Agram; des rédactions de la Feuille des jeunes naturalistes, de TAthenseum belge, de la Revue des sociétés de botanique de la Thuringe et des Sociétés suivantes : Royale de Tasmanie, Impériale des natura- listes de Moscou, Espagnole d'histoire naturelle, d'Histoire naturelle de Brûnn, Scientifique industrielle de Marseille, d'Histoire naturelle de Brème, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, d'Histoire naturelle de Copenhague, de Lectures et conversations scientifiques de Gênes, Centrale d'agriculture de Belgique, Entomologique de Belgique, Belge de microscopie, Royale de botauique et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société, un exem- plaire des tirés à part suivants des Annales (tome XVH, 1882) : Note sur deux nouvelles variétés de VOstrea cocMear, Poli, par L. Foresti; Liste d'une collection malacologique i^otenant de Landana, près de Vem^ houclmre du Congo, par A. Craven ; La Rochelle. A proj^os du onzième congrès de l'Association française pour V avancement des sciences, par L. Pire. Com^nunications des membres. M. Cogels rend compte de l'excursion de la Société géologique de France à Dunkerque. Il a fait parvenir la note suivante : EXCURSION DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DU NORD A DUNKERQUE, par P. COGELS. Le 27 mai, la Société géologique du Nord, sous la conduite de notre confrère M. Gosselet, a visité les nouveaux travaux de creusement du port de Dunkerque. XG SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Je ne dirai que quelques motd de cette excursion, à laquelle assistaient plusieurs de nos compatriotes, MM. Delvaux, Rutot et Van den Broeck. L'étude approfondie des points de détail ou d'un intérêt purement local m'entraînerait trop loin, et d'ailleurs, .il me faudrait alors, en toute justice, commencer par leproduire, faute de pouvoir l'analyser, l'intéressante et substantielle notice consacrée par M. Gosselet, dans le bulletin de la Société g-éologique du Nord S à l'étude des couches mises à découvert par les fouilles. Je dois dire toutefois que les coupes ne se présentaient plus avec la même netteté que lors des premières visites de M. Gosselet, et que, par suite de l'extrême mobilité du sable qui couvrait les talus, nous n'avons pu voir le sable jaunâtre raviner le sable gris. Il me semble, pour autant qu'un rapide examen m'a permis d'en juger, que l'on peut résumer de la manière suivante la succession des couches, en commençant par le bas : I. Sable gris reposant, d'après les observations de M. Gosselet, sur un banc d'argile en dessous duquel se trouvent d'autres sables gris. Nous n'avons pu observer ces dernières couches. Les sables gris qui occupent la partie inférieure de la fouille présentent un niveau coqnillier numéri- quement assez riche, bien marqué dans le grand bassin, non loin delà porte de la Samaritaine, mais ne se prolongeant pas jusqu'à l'ancien bassin des chasses ou bien plongeant dans cette direction. Ces sables gris con- tiennent de petites pelotes d'argile grise roulées et quelques silex. IL Sables jaunâtres peu coquilliers. III. Banc coquillier à la base duquel j'ai constaté, en un point, la pré- sence de blocs de granité et de gros silex roulés., Le sable de cette couche est jaunâtre. IV. Sables des dunes. La couche II m'a semblé être constituée en certains' points par du sable gris, notamment dans la paroi du bassin du côté de la ville. En un point de cet escarpement, nous avons trouvé, au niveau du banc coquillier supérieur, une accumulation remarquable de jeunes coquilles, principa- lement de Madra, pressées les unes contre les autres et toutes bivalves. Dans le sable de la dune et aux points où le banc coquillier supérieur était à découvert, j'ai trouvé quelques ossements, les uns appartenant à l'époque contemporaine, les autres plus ou moins colorés par do l'oxyde de fer et présentant une certaine apparence de fossilisation. Les coquilles du banc ' Observations sur les formations marines modernes du port de Dunkerque. (Ann. Soc. géol. du Nord, t. X, p. 38, séance du 31 janvier 1883.) BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XCI supérieur ont conservé leur coloration ; celles des sables gris sont g-énéra- lement grises. Toutes ces couches appartiennent cependant à l'époque moderne. D'après les renseignements recueillis par M. Gosselet, « le sable gris du bassin de Dunkerque serait postérieur à la tourbe de la plaine maritime ; il n'aurait commencé à se déposer qu'à la fin de l'époque romaine, du iir au \r siècle de l'ère chrétienne. « Il est peu probable que la mer ait depuis lors quitté l'emplacement actuel de Dunkerque. On peut rapporter le ravinement visible entre les sables gris et les sables jaunes aux furieuses tempêtes qui ont assailli toute la côte aux xiii^ et xiv^ siècles. » L'ensemble des observations permet de conclure, dit M. Gosselet, que la côte de Dunkerque s'est affaissée depuis l'époque romaine. On observe, en outre, à Dunkerque, une couche d'argile grise dont je n'ai pu déterminer les relations avec les couches sableuses citées ci-dessus et une formation argilo-sableuse différente de la précédente et plus récente qui s'est effectuée dans l'ancien bassin des chasses. Le court laps de temps qui s'est écoulé entre l'inauguration de ce bassin, en 1829, et le commen- cement des travaux actuels, en 1882, a suffi pour permettre le dépôt de sédiments ayant de l^ôO à 2'"00 d'épaisseur, particularité remarquable si l'on tient compte de ce fait qu'on ne laissait entrer l'eau dans le bassin que tous les dix jours. La nature du dépôt varie sensiblement suivant les places, et il en est de même de la faune. Les parties les plus argileuses contiennent Hyclvolm iihcd en très grande abondance ; j'y ai recueilli de nombreux Cardkm ednle de taille moindre que dans le banc de coquilles marines; quelques Mytihs edulis; Mactra solida, Tellina haltlka,Scrobmilaria'pi])emtaQi Donax anatina. Cette couche, qui recouvrait les sables jaunes avec banc coquillier, était de couleur grisâtre, très cohérente et passait latéralement à un dépôt argilo-sableux contenant en très grande abondance ScroUcitlaria pijierata et 3Tya arenaria bivalves, espèces qui, d'après M.Terquem S ne se trouvent exclusivement que dans le bassin des chasses aux environs de Dunkerque, et dont les excursionnistes ont encore pu recueillir de beaux échantillons. Je ferai cependant remarquer, à ce propos, que les sables gris inférieurs contenaient en abondance la première de ces espèces. Nous avons encore observé un autre faciès du même dépôt argileux récent à l'extrémité sud de l'ancien bassin des chasses. La couleur noire et la plasticité des sédiments rappelaient en tous points sur le terrain les 1 Essai sur le classement des animaux qui vivent sur la plage et dans les environs de Dunkerque, par M. 0. Terquem. (Extrait des mémoires de la Société Dunkerquoise.) XCII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE caractères de l'argile noire que M. Van den Broeck et moi avons signalée aux cales sèches d'Anvers ainsi que dans le prolongement du bassin du Kattendyk. Mais cette ressemblance était illusoire, car la comparaison des échantillons a permis de constater que le dépôt argileux de Dunkerque était plus sableux. Il était aussi beaucoup moins cohérent et prenait en séchant une couleur verdâtre qui empêche de le confondre avec le dépôt des bassins d'Anvers. M. le comte de Limburg-Stirum dit quelques mots d'une excursion qu'il vient de faire à Gand et dont il a rédigé le compte rendu sui- vant : COMPTE RENDU D'UNE EXCURSION GÉOLOGIQUE FAITE A GAND, par le comte A. DE LIMBURG-STIRUM. C'est par hasard, puis-je dire, que j'ai été étudier la montagne de Saint-Pierre. Mais j'ai eu la chance de faire mon excursion à Gand à un moment très favorable aux recherches géologiques. Le grand nombre de coupes mises à découvert et de tranchées nouvellement ouvertes dans les différents terrains qui composent cette colline, m'a engagé à exposer les résultats de cette excursion K La colline de Gand se compose d'une assez nombreuse série de terrains; eu voici la coupe de haut en bas : Moderne et quaternaire. Terrains remaniés et cailloux roulés. Épaisseur ; 1 à 2 mèlrcs. ! Argile glauconifère, ] Sable de Wommel. > 12 mèlrcs environ. Banc de grès fossilifère et gravier. ) ■ Éocène moyen. Sables et gravier laekenien. 1 mèlro 50 centimètres. Sables d'Aeltro. ^ . . „^ . j Sable blanc. , , , Eocenemtérieur,' „ ^, . ■ r, , ,^ • ) H nèlres environ i Sables verts et ferrugineux. — Rognons de Psammite.l* ( Sables argileux et lits d'argile bleue et noire. / C'était surtout dans les tranchées ouvertes vers le sommet de la colline pour la construction de la nouvelle Université de l'État que le terrain éccène supérieur était bien observable. Les fondations de cet édifice sont creusées soit dans des terrains modernes et quaternaires où l'on trouve un grand nombre de fossiles remaniés, soit dans l'argile glauconifère et le sable de Wemmel. ' Si cette note renferme quelques détails qui n'y figuraient pas dans ma communication Terbale, c'est que je suis encore retourné à Gand depuis, en compagnie de M. De la Fon- taine; grâce à l'obligeance de celui-ci, j'ai pu beaucoup mieux étudier les tranchées de l'Université. BULLETIN DES SÉANCES. ANNEE 1883 XCIII Les sables de Wemniel sont très glauconifères ; ils renferment un grand nombre de coquilles et de débris de poissons. La principale zone fossili- fère est une couche noire formée presque uniquement de grains de glau- conie et de débris de coquilles ou de nummulites. D'après M. De la Fontaine, la puissance de cette couche, qui était d'un décimètre au point où je l'ai observée, doit être plus au sud de la colline de l^ôO. Voici les fossiles que j'y ai rencontrés : Lamna elegans, Ag. Myliobates toliapicus, Ag. iEiobalis irregularis, Ag. Ostn'a cubitus, Desh. — gryphina, Desh. Pccten corueus, Soiu. Peclen Honii, A^^- Nucula, sp. ? Lucina elegans, Defr. Tellina, sp. ? Corbula ficus, Brand. Turritella, sp. ? Vermotus Nysli, Gai. Scalaria, sp. ? Lunuliics urceolala, Lamk. Pyripora coniexta, Goldf. Turbinolia sulcata, Lamk. Ditrupn strangulala, DesJi. Nummulites vaiiolaria, d'Orb. — wemmeli'nsis, d. la Harpe et V. d. Broeck. Après avoir visité l'emplacement de la future Université, je me suis rendu à l'endroit occupé jadis par la citadelle et qui, maintenant, est converti en promenade. J'ai observé, eu passant le long des casernes, une coupe qui laissait voir, sous l'arg-ile glauconifère, un grès très riche en empreintes ; je n'ai, du reste, pas eu le temps d'y recueillir des fossiles. ■ Les chemins sablés du Parc sont couverts de débris de la faune wemmelienne ; naturellement, les espèces fragiles ont disparu, écrasées et triturées sous les pieds des promeneurs ; mais, en cherchant dans les coins écartés, j'y ai recueilli quelques espèces : des dents de squales, des vermets, desnucules, etc. En voulant trouver un affleurement de ce sable, qui m'eût fourni bien conservée la faune de Wemmel, je suis arrivé, une douzaine de mètres plus bas que le sommet de la colline, à une couche épaisse de sable d'Aeltre avec ses principaux fossiles. En cet endroit, celui-ci est verdâtre, glauconifère ; on y remarque toutefois des indices d'altération ; par exemple, le sable, pris dans son ensemble, diffère beaucoup de celui qui a été mieux conservé au fond des coquilles de Cardium. J'ai recueilli dans ce gisement : Lamna elegans, Ag. Voluta clevata, Sow. Natica semipatula, Desh. Naiica, sp. 1 Turritella édita, Sow. Turritdla, sp.t Ostrca submissa, Desh. Cardium porulosum, Brand. Cardita Prcvosli, Desh. Cytherea ambigua, Desh. — proxima, Desh. Mactra recoiulila, Desh. XCIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Corbula cjalliculo, Desh. Corbula regulbiensis, Morris. Crassatella propinqua, Wal. Soleil, sp. ? Turbinolia siilcala, Lamk. Au-dessous, se trouvaient des sables blancs, parfois verts ou ferrugineux, renfermant des rognons de psammites paniseliens. En cassant ceux-ci, je n ai pas trouvé de fossiles déterminables, parfois seulement des débris mal conservés qui viennent probablement de végétaux. Cette couche est nettement séparée des sables d'Aeltre ; la ligne de contact est très claire, mais on n'y voit pas de cailloux ou de traces quelconques de ravinement.' Si l'on observe un changement si notable dans la nature du terrain pani- selien supérieur et inférieur, il ne peut provenir que d'une modification subite dan^ l'équilibre des courants, fait qui a amené des matériaux et une faune différente. D'autres phénomènes assez curieux étaient bien observables il y a un mois, lors de ma première excursion, mais à un niveau inférieur à celui dont je viens de parler. Dans les fondations d'une maison située à la base de la colline do Saint-Pierre, on voyait quatre couches argilo- sableuses identiques. A leur partie supérieure, ces strates, épaisses de 50 centimètres, n'étaient constituées que de sable qui devenait peu à peu argileux, si bien qu'à la base de la couche il n'y avait qu'un petit lit d'argile plastique bleu foncé et noire. Immédiatement sur ce lit d'argile, le sable redevient grossier et passe insensiblement à une seconde couche plastique, et ainsi de suite; ce fait se reproduit quatre ou cinq fois dans une tranchée de 3 mètres. Ces bandes argileuses contiennent beaucoup d'eau; les parois de la tranchée où elles affleuraient, malgré la sécheresse et leur exposition au midi, en étaient toutes imprégnées. C'est ce niveau, à en juger par son altitude, qui alimente les puits qu'on creuse au sommet de ' la colline. Je n'ai pas pu observer de couches plus profondément enfoncées dans le sol. Si j'ai affirmé avoir observé le terrain ypresien, c'est faute de données suffisantes sur l'altitude de la colline. Un examen plus attentif m'a fait reconnaître facilement que je me trouvais encore dans le panise- hen inférieur, à plusieurs mètres au-dessus du niveau de l'Escaut. La séance est levée à 5 heures. BULLETiN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XGV Assemblée générale annuelle du 1"^ juillet 1883. Peksidence de m. J. Crocq. La séance est ouverte à midi an quart. La liste de présence porte les signatures de MM. J. Crocq, président; P. Albrecht, E. Bayet, C. Bûlter, P. Cogels, F. Crépin, É. Delvaux, A. Devos, L. Dollo, É. Fologne, Ê. Henneqnin, C. Mallien, P. Pelseneer, L. Pigneur, A. Rutot, E.Van den Broeck, baron 0. van Ertborn, G. Velge et Tli. Lefèvre, secrétaire. MM. J. Ballion, F. Berchem, E. De BuUemont, P. De Ladrière, P. Des- guin, F. et H. Roffiaen font excuser leur absence. Le procès-verbal de l'assemblée générale du 2 juillet 1882 est adopté. Rapport du iwésident. Messieurs, Afin de me conformer aux statuts, j'ai l'honneur de vous présenter le rapport annuel sur la situation de la Société et je m'empresse de vous informer que, de même que les années précédentes, le nombre de ses membres a continué à s'accroître. Dans le cours de l'année sociale qui vient de finir, la Société royale mala- cologique a reçu douze nouveaux membres effectifs : MM. P. Albrecht, Ch. Biilter, É. Cauderlier, A. Devos, baron A. deLoë, V.Dupont, R. Fast- bender, C. Mallien, J. Moens, E. Pergens, D. Raeymaekers et J. Wout de Trixhe. Nous en avons perdu deux, MM. Klecak et Tournouer, de façon que notre liste eu porte actuellement 122.11 faudra^ toutefois probablement déduire encore de ce chiffre plusieurs collègues dont nous sommes sans nouvelles depuis longtemps. Le nombre des membres honoraires, qui était de 15, n'a pas changé. Nous avons nommé deux nouveaux membres correspondants, M. le D' Ch, Renard et M. le professeur von Koenen ; mais nous avons eu la douleur de perdre M. Ressman. Leur nombre est actuellement de 36. Le chiffre total des membres de la Société est donc aujourd'hui de 173. Nous n'avons reçu que deux portraits pour notre album. Ce sont ceux de MM. Devos et Renard, et il est regrettable que tous les nouveaux membres ne répondent pas à la demande qui leur est faite. XCVl SOCIÉTÉ ROYALE MALÂGOLOGIQUE DE BELGIQUE Il y a deux ans, nous étions à peu près installés à l'Université; nous arons dû de nouveau transférer notre bibliothèque dans un autre local, par suite des travaux qui s'exécutent en ce moment. Elle se trouve main- tenant dans un appartement, situé dans un des immeubles de la ville, que l'Administration communale de Bruxelles a bien voulu mettre à notre dis- position. Les séances mensuelles ont été aussi suivies que pendant l'année précé- dente. Des communications nombreuses y ont été faites par MM. Cogels, Craven, de Guerne, comte A. de Limburg-Stirum, Delvaux, Dollfus, Dollo, Pelseneer, Rutot, Ubaglis,Velge, baron van Ertborn, Van den Broeck et Vandendaele. Des rapports sur les travaux présentés ont été déposés par MM. Cogels, Pire et Lansweert. En outre, le volume d'annales pour 1882, qui est terminé et sera prochainement distribué, renferme des travaux de MM. Craven, Delvaux, Foresti, Pelseneer, Pire et Van den Broeck. Nous pourrons probablement publier, dans le volume de cette année, la notice biographique sur Darwin, promise par notre collèg'ue M. Denis, ainsi que les travaux de M. Crosse sur la faune des grands lacs africains, et de M. Liénard sur l'embryologie des mollusques. Ajoutons encore la traduction, annoncée par M. de Guerne, d'un travail américain sur les Brachiopodes : tout nous porte à croire que le tome XVIII ne le cédera en rien à celui qui se trouve aujourd'hui déposé sur le bureau. L'excursion annuelle de 1882 a été faite à Maastricht; elle a complè- tement réussi. Dix-sept membres y ont pris part, et M. Delvaux a bien voulu se charger de nous en donner un compte rendu charmant. Les collections de la Société se sont enrichies par des envois de MM. Craven, Deby, Gaucher, Hâusler,Jen3sen,Resèmaim, Steel et Weyers. Il y aura lieu, pensons-nous, de les transférer dans le nouveau local. Quant à la bibliothèque, elle s'est encore augmentée dans une forte pro- portion par des dons nombreux et de nouveaux échanges. Nous avons reçu des travaux de MM, Albrecht, Barbot de Marny, Barrande, Briart, Carez, Carlo de Stefani, Cogels, Crépin, Crosse, Dollo, de Guerne, de Laubrière, Delvaux, de Mercey, de Môller, Dewalque, Dollfus, Drouët, Dupont, Foresti, Forir, Frantzen, Gloyne, Hâusler, Helmersen, Hofmann, Mac Leod, Malaise, Morelet, Ortlieb, Ozersky, Paulucci, Rutot, Senoner, Tapparone, Taylor, Van den Broeck, van Ertborn, von Koenen et Winkler. D'autre part, notre Secrétaire a demandé et obtenu de nouvelles publications étrangères, parmi lesquelles nous citerons celles de l'Académie des sciences de Berlin et de la Société géologique allemande de la même ville ; de la Société asiatique du Ben- BULLETIN DES SÉAIS'CES. — ANxNÉE 1883 XCVIF gale, du Musée indien et du Service géologique des Indes, h Calcutta; de l'Institut égyptien, du Caire; de la Société allemande des sciences natu- relles et de géographie de Tokio (Japon), etc., etc. Ajoutons que, grâce aux démarches de notre Secrétaire, la bibliothèque possède aujourd'hui une série importante des comptes rendus de l'Aca- démie des sciences de France, ainsi qu'une collection presque complète des mémoires de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. Par suite de la publication du tome XVII des Annales, notre Secrétaire pourra s'occuper exclusivement du volume pour 1880, dont diverses circonstances ont retardé l'impression. Comme vous le voyez. Messieurs, notre situation morale est des plus satisfaisantes ; nos travaux sont estimés et recherchés et leur affluence est telle, que nous parvenons facilement chaque année à joindre un nouveau volume à ceux qui ont déjà paru. Nos relations avec l'étranger deviennent de plus en plus nombreuses et de plus en plus suivies. Nous avons ainsi acquis un rang élevé parmi les nombreuses Sociétés scientifiques qui se sont fondées dans le pays. Notre situation pécuniaire n'est pas aussi brillante; elle laisse, au con- traire, à désirer ; nous espérons toutefois parvenir à en assurer l'équilibre, grâce à l'appui et au concours efficace que nous accordent les diverses administrations, l'État d'abord, puis la ville de Bruxelles et l'Université libre. Nous ne pouvons trop témoigner notre reconnaissance à ces autorités; nous avons d'ailleurs la conscience de mériter leurs faveurs par les efforts auxquels nous ne cessons de nous livrer pour faire avancer la science, pour en propager le goût et pour en populariser la culture. Budget. M. Pologne, Trésorier, expose au nom du Conseil les comptes de la Société pour l'exercice écoulé, arrêtés à la date du 30 juin 1883 et véri- fiés par la Commission des comptes. — Ces comptes sont approuvés. M. le Trésorier présente ensuite le projet de budget pour l'année 1883- 1884, préparé par le Conseil, prévoyant, en recettes, 10,803 fr. 69 c. et en dépenses, 1 1 ,400 fr. 74 c. , soit un déficit de 597 fr. 04 c. — L'assem- blée adopte, sans observations, le projet de budget dont il vient d'être donné lecture. La cotisation des membres effectifs, pour l'année sociale 1883-1884, reste fixée à 15 francs. 7 XGVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Fixation des jours et heures des assemUées de la Société. Le Conseil propose le maintien des jours et heures des réunions men- suelles adoptés l'année précédente. M. Pelseneer préférerait voir adopter le premier samedi de chaque mois, à 4 heures de relevée. M. Hennequin appuie cette proposition. Mise aux voix par M. le Président, la proposition de M. Pelseneer est adoptée à l'unanimité. L'assemblée générale annuelle reste fixée au premier dimanche de juillet, à midi. Choix de la localité et de T époque de l'excursion annuelle de la Société. M. Lefèvre signale comme but de l'excursion annuelle les environs de Louvain, dont les terrains tertiaires ont donné lieu, dans ces dernières années, à de nombreuses discussions. Il croit que ce choix serait bien accueilli par plusieurs de nos collègues habitant cette localité et fait observer qu'elle n'a pas encore été visitée par la Société. Aucune autre proposition n'étant formulée, l'assemblée décide que l'excursion annuelle de 1883 se fera aux environs de Louvain. L'assemblée fixe ensuite l'excursion aux 5 et 6 août prochain. Propositions du Conseil. Sur la proposition de M. le Trésorier, le Conseil a émis un avis unanime au sujet du mode de paiement des tirés à part demandés par les auteurs. L'assemblée, adoptant cette manière de voir, décide : Les ailleurs des mémoires insérés dans les Annales de la Société ont droit à recevoir vingt-cinq exemplaires de leur travail ; les auteurs des travaux publiés dans les mémoires ou dans les bulletins ont la faculté de faire tirer des exemplaires, en s adressant directement à l'imprimeur et, s'il y a lieu, au lithographe de la Société. Sur la proposition du Conseil, l'assemblée vote ensuite, à l'unanimité, l'envoi d'une lettre de remerciements à l'Administration communale de la ville de Bruxelles, à l'effet de lui exprimer les sentiments de reconnais- sance de la Société à l'occasion des récentes démarches relatives au nouveau local et qui ont rencontré, de la part de cette administration, un accueil si sympathique. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 XCIX Élection de trois membres du Conseil pour les aimées sociales 1883-1884 et 1884-1885. Dix-sept membres prennent part au vote. Le dépouillement du scrutin donne le résultat suivant : MM. Denis ... 14 voix. Hennequin . 12 — Lefèvre . . 10 — Delvaux . . 1 — Roffiaen . . 1 — Billets blancs. 2 En conséquence, MM. Denis, Hennequin et Lefèvre sont élus. Élection de trois membres de la Commission des comptes jjoîi?' Vannée sociale 1883-1884. Dix-sept membres prennent part au vote, qui donne le résultat suivant : voix. MM. Stevens . . 16 Bauwens . 15 De Bullemont Pelseneer . . Delvaux . . Velge . Billet blanc . 12 3 1 1 1 MM. Bauwens, De Bullemont et J.-D. Stevens sont élus. L'ordre du jour étant épuisé, M. le Président déclare la séance levée. La séance est levée à une lieure. Séance du 5 août 1883. Présidence de M. H. Denis. La séance est ouverte à 4 1/4 heures. Sont présents : MM. H. Denis, vice-président; P. Cogels, H. de Dor- lodot, comte A. de Limburg-Stirum, Ê. Delvaux, L. DoUo, É. Henné- C SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE qiiin, L. Pigneur, D. Raeymaekers, A. Rucqiioy, baron 0. van Ertborn, G. Vincent et Th. Lefèvre, secrétaire. M. J. Crocq, président, informe qu'il ne pourra assister à la séance de ce jour. Les procès-verbaux des séances du 5 mai et 2 juin 1883 sont adoptés. Correspondance. M. le Président annonce qu'une manifestation, organisée par les soins de la Société géologique de Belgique en l'honneur de son secrétaire général, aura lieu, à Liège, le 26 de ce mois. Après avoir rappelé les titres nombreux de M. le professeur G. Dewalque à la reconnaissance de la Société, il exprime l'avis qu'il y a lieu, dans cette circonstance, d'adresser une lettre de félicitations à notre honoré collègue. — L'as- semblée, à l'unanimité de ses membres, adopte cette proposition et charge le conseil de son exécution. M. Auo-. Zune, directeur-gérant du Mésos, bulletin mensuel des offres et demandes de livres, d'appareils et de produits relatifs aux sciences médicales et naturelles, demande la liste des membres de la Société, dans le but de leur faire parvenir son journal. — Accordé. La Société allemande des sciences naturelles et de géographie de l'Asie orientale à Tokio (Japon) annonce l'envoi de son dernier bulletin et offre de faire parvenir les autres numéros parus. — L'envoi des procès- verbaux et des volumes d'annales à partir de la troisième série est décidé. L'Institut d'Auckland, acceptant notre proposition d'échange de publi- cations, annonce l'envoi de la collection complète des Transactions de l'Institut delà Nouvelle-Zélande. — Pris pour notification. La Société d'histoire naturelle de Cassel accuse réception des procès- verbaux et demande les tomes I à VIII qui lui manquent. — Cet envoi est accordé, mais la Société exprime l'avis, sur la proposition de M. le Secré- taire, qu'il y a lieu de réclamer à cette Société les volumes du recueil qu'elle publie et que notre bibliothèque ne possède pas. Le Musée d'histoire naturelle de la Carinthie demande à compléter la série de nos publications. — Cette demande est acceptée à charge de réciprocité. La Société d'histoire naturelle du Wurtemberg désire recevoir les tomes I à V des procès-verbaux. M. le Secrétaire, chargé de faire effectuer cet envoi, fait remarquer que plusieurs numéros sont épuisés et qu'il sera probablement difficile de répondre complètement à cette demande. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 Cl Le Service géologique du Canada accuse réception de notre dernier envoi des annales. La Société royale des sciences et des belles-lettres de Gothembourg, la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, le Service géologique des Indes, la Société hollandaise des sciences, la Société royale des sciences de Liège et le Musée Teyler annoncent l'envoi de publications. La Société d'histoire naturelle de Dorpat, la Société des amis de la nature de Reicbenberg, la Société d'histoire naturelle de Berne, la Société suisse d'histoire naturelle, accusent réception et annoncent l'envoi de publications. La Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut adresse son programme de concours pour 1883. M. J.-W. Taylor, à Leeds, annonce la publication d'une nouvelle monographie des mollusques terrestres et d'eau douce d'Angleterre et demande, pour ce travail, dans lequel il sera tenu compte des variations de l'espèce, de la distribution géographique en Angleterre et à l'étranger, de la synonymie, de la bibliographie, etc., le concours de toutes les per- sonnes qui s'occupent de l'étude détaillée des espèces de cette contrée. M. Th. Fischer, éditeur à Cassel, envoie le prospectus d'un nouveau travail de M. le D' W. Kobelt, intitulé : Iconograi^liie des coquilles mannes d'Eicrope. Dons et envois reçus. Ouvrages offerts par leurs auteurs : M. R. Hâusler (IVote sur Us fora- minifères de la zone à Amnonites transtersarius du, canton d'Ar g ovie)\ M. É. Delvaux (Sur un dépôt d'ossements de mammifères découvert dans la toîirhe aux environs d' Audenarde) ; M. P. Albrecht (1. Mémoire sur le basiotique, mi 7iouvel os de la base dtc crâne. 2. Note sur la qjrésence d'un rudiment de proatlas sur un exemplaire de Hatteria qmnctata, Gray. 3. Note sur le basioccipital des Batraciens anoures); M. A. Senoner {Paldoethnologisclie Vortrdge an der Unirersitàt in Rom)\ M. H. Grabbe {Die Scliaumhurg-Lippesclie Wealden-Mulde); M. L. Dollo {Troisième note sur les dinosauriens de Bernissart). Publications reçues en échange de la part de l'Académie royale des sciences de Belgique, du Comité royal géolog-ique italien, du Musée colonial et service géologique de la Nouvelle-Zélande, de l'Expédition norvégienne de 1876-1878, du Musée royal d'histoire naturelle de Bel- gique, de l'Académie royale des sciences de Turin, du Musée national de cil SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Rio de Janeiro, du Muséum of comparative zoôlogy de Cambridge, de l'Observatoire impérial de Rio de Janeiro, de l'Institut impérial-royal géologique d'Autriche, de l'Académie nationale des sciences, arts et belles- lettres de Caen, de l'Académie royale des sciences de Munich, de l'Ecole industrielle de Bistritz, du Musée Teyler, de l'Académie royale des Lynx, du Service géologique des Indes, de l'Institut royal des sciences, des lettres et des arts de Venise, du Musée australien de la Nouvelle-Galles du Sud, de l'Académie d'Hippone ; des rédactions de l'Athenseum belge, du Journal de conchyliologie de Leeds, du Journal « Science » de Cam- bridge, du Bulletin scientifique du département du Nord, du Journal de conchyliologie de Paris, de la Feuille des jeunes naturalistes et des Sociétés suivantes : Géologique allemande de Berlin, Linnéenne de Nor- mandie, Royale belge de géographie, d'Histoire naturelle de Gand, de l'Union des naturalistes du Yorkshire, d'Études des sciences naturelles de Nîmes, Royale Linnéenne de Bruxelles, Allemande des sciences natu- relles et de géographie de Tokio, Scientifique Argentine , d'Histoire naturelle de Colmar, « Isis » à Dresde , Italienne d'histoire naturelle, Belge de microscopie, Malacozoolog'ique allemande, d'Histoire naturelle du Wurtemberg, de Lectures et conversations scientifiques de Gênes, d'Histoire naturelle de Dorpat, Centrale d'agriculture de Belgique, Géo- logique hongroise, d'Histoire naturelle de Zwickau, Helvétique d'his- toire naturelle, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Hollandaise des sciences à Haarlem, Archéologique, historique et scien- tifique de Soissons, Zoologique de France, pour l'Instruction de Porto, d'Études scientifiques de Paris, Royale des sciences de Liège, Acadé- mique franco-hispauo-portugaise, des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux, de Borda à Dax, Géologique de France, Asiatique du Bengale, Géologique de Londres, d'Histoire naturelle de Cassel, Géo- logique du Nord, d'Agriculture, de commerce et d'industrie du dépar- tement du Var, des Sciences physiques, naturelles et climatologiques de l'Algérie, Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud, Malacologique italienne, d'Histoire naturelle de Cincinnati, Impériale-royale de zoologie et de botanique de Vienne, d'Agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, de Zoologie et de minéralogie de Ratisbonne, des Amis de la nature de Reichenberg, Royale de botanique de Belgique et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. Catalogue des livres de fonds de M. C. Reinwald, de Paris. M. le Secrétaire dépose pour la bibliothèque trois exemplaires des pro- cès-verbaux des séances des 5 mai, 2 juin et 1" juillet 1883, ainsi qu'un BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CIM exemplaire du tiré à part suivant des Bulletins, tome XVIII, 1883 : Note sur des coquilles terrestres et fluviatiles recueillies à Aeltre^ par P. Pelse- neer. Communication du Conseil. M. le Secrétaire annonce que le bureau de la Société, pour l'année 1883-1884, reste composé de la manière suivante : Président ; J, Crocq. Vice-président : H. Denis. Secrétaire : Th. Lefèvre. Trésorier : É. Pologne. BihUotliécaire : L. Pigneur. Membres : P. Desguin. — É. Hennequin. Présentation de travaux pour les publications de la Société. M. Del vaux dépose et donne lecture d'un travail qui sera accompagné d'une planche, intitulé : Description d'une huître wemmelienne nouvelle, suivi d'un coup d'œil sur la constitution géologique de la colline Saint- Pierre et sur les alluvions qui forment le substratum de la ville de Oa7id. La parole est ensuite donnée à M. Dollo, qui lit une note, accompagnée de figures, sur les crochets remarquables de certaines coquilles de Lamelli- branches. L'assemblée vote ensuite l'impression de ces deux travaux dans les mémoires de la Société, et M. le Président adresse des remerciements aux auteurs. Lecture. M. Raeymaekers obtient la parole et donne lecture de la note suivante : NOTE SUR UN GISEMENT BOLDÉRIEN FOSSILIFÈRE A PELLENBERG, par D. RAEYMAEKERS. Nous avons l'honneur de communiquer à la Société la découverte que nous venons de faire, à Pellenberg, d'un gisement boldérien fossilifère. Nous ne ferons pas l'historique de ce système, dont l'étude du bassin et de la faune a été l'objet de nombreux travaux de la part de MM. Cogels, baron vau Ertborn, Van den Broeck et d'autres géologues. Toutes ces publications vous étant connues, nous jugeons inutile de revenir sur ce sujet. Cette formation commence par un niveau graveleux qui repose sur l'argile à septaria de Boom ou rupélien supérieur r-, et est limitée vers le haut par le gravier de la base du diestien. CIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Très peu argileux vers la base, le principal caractère de ces assises est de présenter des sables fins, de coloration blanchâtre ou jaunâtre, quartzeux, pailletés de mica en proportion variable et parsemés de glau- conie toujours en petite quantité. Au furet-à mesure ^u'on se rapproche du contact avec r^ la grosseur du grain augmente pour passer à l'état de sable grossier. Le gravier séparatif peut être constitué soit par une couche de cailloux, soit même par quelques grains de quartz plus développés que les autres, et reposant sur l'argile de Boom. L'épaisseur des assises boldériennes sur la planchette de Lubbeck varie de 20 centimètres à 10 mètres. Comme le font très bien remarquer M. le baron 0. van Ertborn et M. Cogels dans le texte de cette même planchette, les dénudations diestiennes ont été moins désastreuses pour le boldérien que lorsque le quaternaire surmonte celui-ci. Les infiltrations météoriques traversant le diestien doivent nécessairement enlever des particules ferrugineuses. Celles-ci, ne trouvant pas des argiles qui leur font obstacle, percent le gravier et pénètrent dans les couches boldériennes, qu'elles colorent avec une intensité décroissante de haut en bas. On y remarque des concrétions géodiques analogues à celles de la formation diestienne. Les sables supé- rieurs s'agglomèrent pour former des bancs de grès d'une épaisseur et d'une dureté variables. Ces pierres présentent sur une couche fraîche la texture foliacée, quoique moins développée, des couches horizontales ou inclinées du diestien. Jusqu'à ce jour, nos recherches personnelles nous y ont fait découvrir des traces nombreuses de lignite, et même nous pensons y avoir trouvé un BalanophjUia. Certains insectes recherchent ces pierres pour s'y creuser des retraites pour leurs larves. Ces tanières ressemblent assez bien aux traces des mollusques lithophages des grès roulés bruxel- liens que l'on rencontre dans le gravier de la base du laekenien. Puis l'élément ferrugineux colore de moins en moins la roche-, dont l'aspect devient jaunâtre, grisâtre et même blanchâtre en certains endroits. En même temps, la cohérence diminue et la masse passe à l'état meuble. Ce sont ces sables qui nous ont présenté une faune boldérienne compo- sée des genres suivants : Leda , Nucula, Carclita, Carclhm , Pectens, Pinna ? et même une coquille ressemblant à une Pholadoomja, et que nous avons malheureusement brisée. Nous ferons remarquer que presque tous les lamellibranches recueillis sont de petite taille, et que nous avons observé des exemplaires bivalves ayant conservé leur position verticale, ce qui prouve qu'ils ont vécu sur place. La détermination spécifique de ces fossiles est assez laborieuse; mais cette tâche sera facilitée parle grand nombre des individus recueillis. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 GV Quant à l'indication exacte du gîte, c'est la sablonnière n* 64 du levé de la planche de Lubbeck, par MM. van Ertborn et Cogels. Cette exploi- tation se trouve à gauche de la route communale montant au Pellenberg, à l'entrée d'un chemin perpendiculaire à celle-ci et débouchant près de l'église de ce village. Nous pensons qu'il n'est pas nécessaire de faire ressortir davantage l'importance de cette découverte paléontologique. Nous ferons cependant remarquer que c'est le premier gisement fossilifère boldérien connu sur cette planchette, et que ses fossiles sont dans un meilleur état de conser- vation que ceux des gisements signalés par M. E. Van den Broeck dans le Limbourg belge. Nos recherches persévérantes dans ce système nous feront certainement découvrir une faune plus ou moins complète, et nous serons heureux de pouvoir en communiquer une liste à la Société. Communications des membres. M. Delvaux attire l'attention sur le fait suivant : La lecture du 3" fascicule de VFsquisse géologiqîce de notre éminent collègue M. Gosselet, m'a mis à même de constater une divergence dans la manière d'écrire le nom d'un crustacé célèbre dans les régions pani- selo-ypresiennes, je veux parler du vénérable XantJiopsis. En Belgique, nous lui accordons généralement le genre masculin, nous disons : XantJiopsis bispinosns, tandis qu'en France et en Angleterre on lui attribue avec raison, pensons- no us, le genre féminin : XmitJiopsis Mspinosa. Il suffit de rechercher l'étymologie de Xanthojms pour reconnaître immédiatement que "o^iq est féminin : on dit en effet,-/) "o^j^iç et non 6 "o^[»t.<;. Comme j'ai commis souvent l'erreur, je m'empresse de venir faire amende honorable. M. le comte de Liraburg-Stirum rapporte qu'il a observé récemment, entre les pierres du radier d'un moulin en démolition, une grande quan- tité de mollusques iiuviatiles, et qu'il attribue à ces coquilles la disparition du mortier qui reliait les assises de la construction. M. le baron van Ertborn fait part de l'observation suivante : L'on creuse en ce moment une tranchée, destinée à l'établissement d'une rue, reliant la nouvelle prison cellulaire de Saint-Gilles à la chaussée de Waterloo. La base des sables laekeniens se trouve en ce point vers la côte 75; on pouvait l'observer parfaitement pendant la construction de l'égout de la rue citée plus haut. GVl SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Le 28 juillet, la base des sables wemmeliens était visible dans la tranchée que l'on pratiquait pour la création de la nouvelle rue ; vers la côte 81"". Nous y avons constaté le singulier fait suivant : Soit «. Base graveleuse des sables wemmeliens, légèrement inclinée. Epaisseur 0,05. h. Sable gris jaunâtre pointillé de glauconie (laekenien). c. Zone d'altération, sable jaune fin. Épaisseur 0,06. d. Même sable qu'en b. La couche graveleuse présentait une solution de continuité, au point où elle était traversée par la zone c. La couche graveleuse se terminait en biseau au point de rencontre. Nous nous contentons de communiquer le fait saus en tenter l'explica- tion ^ L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 5 1/2 heures. Séance du l-^' septembre 1883 Présidence de M. H. Denis. La séance est ouverte à 4 heures. Sont présents : MM. H.Denis, vice-président ; P. Cogels, É. Hennequin, L. Pigneur, D. Raeymaekers et Th. Lefèvre, secrétaire. Se font excuser : MM. J. Crocq, É. Delvaux et baron 0. van Ertborn. Le procès-verbal de la séance du 4 août 1883 est adopté. * Après la séance, nous nous sommes rendu sur les lieux avec notre collègue M. Del- vaux, qui a constaté les mêmes faits. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CVII Correspondance. L'Académie des sciences naturelles de Philadelphie, dans le but d'obtenir un échange prompt et fréquent de publications, informe qu'elle enverra à l'avenir ses travaux par fascicules séparés et par la voie postale; elle prie les Sociétés en relation d'échang-e avec elle d'imiter son exemple et elle espère voir sa proposition accueillie avec faveur. — L'assemblée regrette de ne pouvoir, vu l'état des finances de la Société, entrer dans la voie proposée; le mode d'envoi, par l'entremise de la Commission belge des échanges internationaux, quoique moins rapide, offrant de trop grands avantages. Le Service géologique des États-Unis désirant réunir une bibliothèque aussi complète que possible relative à ses études, prie les Sociétés étran- gères de lui faire parvenir leurs travaux, et offre, en échange, ses publi- cations. — Sur la proposition de M. le Secrétaire, l'assemblée accepte, en principe, cet échange et décide qu'une collection complète des Annales pourra être offerte pour l'ensemble des travaux du Service géologique, qui comprennent des mouog'raphies, des rapports annuels et des bulletins. M. J. Mac Leod, au nom du NatimnveteïiscliappelijJi Genootscliap va7i Ge7it, demande l'échange de sa revue intitulée « îVcUnray» . — L'envoi des procès-verliaux est décidé. M. Ch. Renard, vice-président de la Société impériale des naturalistes de Moscou, annonce l'envoi du fascicule de 1873, des bulletins de cette Société, qui manque à notre collection, ainsi que les derniers volumes parus des nouveaux mémoires. — Remerciements. Dons et envois reçus. Brochures offertes par leurs auteurs : M. L. Dollo (1. Quatrième note SUT les Dinosaurieiis de Bernissart. 2. Note sur les restes de Dinosauriens rencontrés dans le crétacé supérieur de la Belgiq^te) ; É. Del vaux {Compte- rendu de ïexcursion de la Société royale malacologique de Belgique à Maas^riclit les 13 et 14 août 1882) ; L. Garez (1 . Note sur Vurgonien et le néocomien de la vallée du Rhône. 2. Observations sur la classification des couches tertiaires des environs de Cassel) ; Julius Mac Leod (Leiddraad hij het onderroijzen en aanleeren der Dierkunde). Publications reçues en échange de la part de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie, de la Commission de la carte géologique d'Espagne, du Comité royal géologique d'Italie, de l'Observatoire impé- rial de Rio de Janeiro ; des rédactions du journal « Science » de Cam- bridge, de l'Athenseum belge et des Sociétés suivantes : d'Histoire naturelle CVIIl SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE de Colraar, Impériale des naturalistes de Moscou, Scientifique industrielle de Marseille, Géologique allemande, de Lectures et conversations scienti- fiques de Gênes, Belge de microscopie, d'Histoire naturelle de Gand, Centrale d'agriculture de Belgique, Allemande des sciences naturelles et de géographie de Tokio, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Asiatique du Bengale, Entomologique de Belgique, Malaco- zoologique allemande et du Club scientifique de Vienne, Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose pour la bibliothèque de la Société trois exem- plaires du procès- verbal de la séance du 4 août 1883, ainsi qu'un exem- plaire du tiré à part des Annales, tome XVII, 1882 : Compte-rendu de VexcuTsioii de la Société royale malacologique de Belgique les ;13 et 14 aoM 1882, par E. Delvaux, et un exemplaire du tiré à part des Bulletins, tome XVIII, 1883 : Note sur le genre Sinusigera, par A. Craven. Communications du Conseil. M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce jour, a reçu comme membres effectifs de la Société : M. Paul Janson, membre de la Chambre des représentants, à Bruxelles, présenté par MM. Denis et Lefèvre; M. Louis Raeymaekers, à Louvain, présenté par MM. Hennequin et Lefèvre. Dans cette même séance, le Conseil a accepté la démission donnée par M. É. Cauderlier. Sur la demande de M. le Président, M. le Secrétaire rend compte de la manifestation organisée par les soins de la Société géologique de Bel- gique en l'honneur de M. G. Dewalque, et il communique le texte de la lettre de félicitations dont il a donné lecture au nom de la Société : Bruxelles, le 25 août 1883. « Monsieur le Secrétaire général et cher Collègue, « Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance que la Société royale malacologique de Belg-ique a appris avec la plus grande satisfac- tion, dans sa séance du 5 août dernier, la décision prise par la Société géologique de vous offrir, à l'occasion du dixième anniversaire de sa fon- dation, à laquelle vous avez tant contribué, un témoignage public de reconnaissance et de sympathie. a S'associant à la manifestation dont vous êtes l'objet, la Société nous a chargés de vous adresser l'expression de ses plus sincères et de ses plus cordiales félicitations. BULLETIN DES SEANCES. — ANNÉE 1883 GIX tt En nous acquittant aujourd'hui de cette mission, nous nous faisons un devoir, Monsieur le Secrétaire général, de rappeler les titres que vous avez acquis à la reconnaissance de la Société malacologique. « Dès 1863, vous avez été l'un des premiers à vous joindre à feu Col- beau et à ses amis, qui venaient de fonder notre Société. « Dix ans plus tard, en 1873, vous acceptiez la présidence, qui vous était offerte, et ces fonctions difficiles, vous les avez remplies, comme toutes celles que vous exercez, avec la plus haute compétence et le plus entier dévouement. « Aussi la Société royale malacolog-ique de Belgique est-elle heureuse de la circonstance que l'initiative de la Société a fait naître, et qui lui permet de vous présenter aujourd'hui, avec l'expression de ses sentiments de profonde reconnaissance, les félicitations les plus vives et les plus sin- cères. « Veuillez agréer, M. le Secrétaire général et cher Collègue, l'assurance de notre considération la plus distinguée. « Le Secrétaire^ « Le Président^ Th. Lefèvre. » J. Crocq. » L'assemblée, sur la proposition de M. le Président, décide l'impression de cette lettre au procès-verbal de la séance. M. le Secrétaire termine en faisant part des sentiments de sincère recon- naissance exprimés par M. Dewalque envers la Société. Lecture. M. D. Raeymaekers communique la découverte suivante : SUR LA PRÉSENCE DU « CYTHEREA SPLENDIDA », MÉRIAN, A L'OUEST DE LOUVAIN, par D. RAEYMAEKERS. Nous venons VOUS faire pan de la découverte d'un fossile caractéristique faite à la sablière de la borne 17 de la chaussée de Louvain à Bruxelles, par Tervueren. En réexaminant, il y a quelques jours, la coupe de cette exploitation, nous avons constaté, à notre grande surprise, la présence de fossiles dans les sables que M. Velge comprend dans son tongrien supérieur et que MM. Cogels et le baron 0. van Ertborn ont rapportés au tongrien marin. Ces fossiles sont rares et mal conservés, mais nous avons pu recueillir un bon exemplaire du Cytlierea splendida, Mériau. Cette espèce, qui est franchement marine, n'est connue, d'après notre confrère M. G.Vincent, que dans le rupelien inférieur et dans le tongrien marin. ex SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE Nous ajouterons que nous l'avons rencontrée dans les mêmes assises, associée à d'autres coquilles, h l'est de Louvain, dans la briqueterie de M. Tops, entre la borne 28 et 29 de la chaussée de Louvain à Tirlemont. La séance est levée à 4 1/2 heures. Séance du 6 octobre 1883 Présidence de M. J. Crocq. La séance est ouverte à 4 heures. Sont présents : MM. J. Crocq, président; E. Bayet, P. Cogels, H. De- nis, P. Desguin, G. Dewalque, L. Dollo, É. Hennequin, P. Pelseneer, D. Raeymaekers, F. Roffiaen, H. Roffiaen, G. Vincent et Th. Lefèvre, secrétaire. M. Ê. Vincent assiste à la séance. M. le baron 0. van Ertborn fait excuser son absence. Le procès-verbal de la séance du P' septembre 1883 est adopté. Correspondance. M. Dewalque, empêché, lors de la dernière séance, de faire parvenir ses remerciements, au sujet de la participation de la Société à la manifesta- tion organisée récemment par les soins de la Société géologique de Bel- gique, demande la parole pour exprimer ses sentiments de sincère recon- naissance envers la Société. S'il n'a pas répondu plus tôt, c'est qu'il tenait à apporter lui-même l'expression de ses remerciements, et il ajoute qu'il conservera toujours le souvenir de la marque de sympathie dont il a été l'objet de la part de la Société. La Société des sciences naturelles et médicales de la Haute-Hesse adresse des remerciements pour la part prise par la Société à l'occasion da cinquantième anniversaire de sa fondation. Le Comité royal géologique d'Italie annonce l'envoi des fascicules qui nous manquent de ses bulletins, ainsi que la seconde partie du tome III des mémoires qu'il publie. — Remerciements. La Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cher- bourg appelle l'attention des Sociétés savantes, en relation avec elle, sur les lacunes qui existent dans sa bibliothèque. — A ce propos, M. le Secré» BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXI taire constate que cette Société possède la collection complète des annales et que nous n'avons encore reçu que les tomes XX à XXIII de ses mé- moires. — Sur sa proposition, l'assemblée décide qu'il y a lieu de prier M. le Directeur de cette Société de compléter son envoi. La Société Borda, à Dax, exprime le regret de ne pouvoir faire par- venir les cinq premières années de son bulletin, qui sont épuisées. — Pris pour notification. La rédaction de la Feuille des jeunes naturalistes de Paris annonce l'envoi des premières années de sa revue et demande en échange une série équivalente de nos publications. — Accordé. La Société académique de l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer donne avis de la remise qu'elle vient de faire, à la Commission des échanges internationaux, des volumes qui nous manquent de ses mémoires et bul- letins, et accepte l'offre de recevoir les annales à partir de la troisième série. — Remerciements. Un échange d'observations s'engage ensuite entre plusieurs membres, au sujet des échanges de publications. M. Denis voudrait limiter, dans des bornes restreintes, les nouveaux échanges portant sur la première série des annales, afin de réserver les volumes de celle-ci pour les membres de la Société qui désireraient en faire l'acquisition. M. Dësguin croit préférable d'adresser notre publication aux Sociétés et institutions étrangères qui en font la demande, plutôt que de con- server les anciennes années pour les membres. M. Lefèvre fait remarquer qu'il se présente parfois des demandes d'échange très avantageuses pour la Société, auxquelles il serait impos- sible de donner suite si la proposition de M. Denis était adoptée. M. Denis parle ensuite de conserver trois collections complètes, en plus de celles qui sont déposées aux archives, afin de permettre aux membres de les acquérir dans des conditions favorables et sans avoir recours aux ventes publiques. Invité par M. le Président à formuler ses observations, M. Deuis ne croit pas devoir faire, pour le moment, une proposition formelle et se borne à attirer lattention de la Société sur la question qu'il a soulevée. M. le Secrétaire reprend ensuite l'analyse de la correspondance. L'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, donnant suite à une demande de la Société, annonce l'envoi des fascicules du bul- exil SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE letiu et des mémoires qui font défaut dans la bibliothèque. — Remercie- ments. M. George W. Tryon fait savoir, en réponse à la demande qui lui a été adressée, sur la proposition de M. Pelseneer, que le Journal américain de conchyliologie a cessé de paraître depuis 1867. Il saisit cette occasion pour envoyer les prospectus des travaux qu'il offre en vente. La rédaction du journal Science, de Cambridge, accuse réception de publications. La Société des sciences naturelles de Schleswig-Holstein annonce l'envoi de publications. La Société malacozoologlque allemande fait parvenir son catalogue d'échanges n" 45. M. Môller, de Berlin, adresse le prix-coaraut de ses préparations micros- copiques et de ses instruments pour 1883. Dons et envois reçus. Brochures offertes par leurs auteurs : M. Saint-Lager {Quel est Vin- 'centeur de la 7wmenclature binaire); M. K. E. F. Ignatius (Le grand- duché de Finlande. Notice statistique)-, M. J. Métrai (Amélioration de la végétation des arbres d'alignement en général et principalement des Mar- ronniers de la place Bellecour, à Lyon); M. F. Brauer (Ofenes Schreihen als Antwort auf Eerrn Baron Osteii-Saclien's « Oo'itical reriew » meiner Arheit ither die N otacanthen) ; M. G. Bauer (GedàcUnissrede auf Otto Eesse gelialten in der ôfentlicTien Sitzung der K. B. Alademie der Wis- senscliaften zu Mïmclen zur Feier ihres einhundert und dre'mndzwan- zigsten Btiftung stages am 28 Màrz 1882), Publications reçues en échange de la part de l'Académie royale des Lynx de Rome, de l'Institut I.-R. géologique d'Autriche, de l'Institut national genevois, du Muséum Francisco-Carolinum de Linz, de l'Ob- servatoire de l'Université royale de Turin, de l'Académie d'Hippone, du Muséum of Comparative zoôlogy de Cambridge, de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, de l'Observatoire impérial de Rio de Janeiro, de l'Académie royale des sciences de Turin, du Comité royal géologique d'Italie, de l'Académie d'agriculture, arts et commerce de Vérone, du Musée national de Hongrie, de l'Académie I.-R. des sciences de Munich et de l'Académie Slavo-Méridionale des sciences d'Agram ; des rédactions de l'Athenœum belge, du journal « Science * de Cambridge, de la Feuille des jeunes naturalistes de Paris et des Sociétés sui- vantes : Impériale des naturalistes de Moscou, Géologique du Nord, des BULLETIN DES SÉANCES. - ANNÉE 1883 CXill Sciences naturelles du Schleswig-Holstein, Zoolog-ique de France, Scien- tifique Argentine, Ouralienne d'amateurs des sciences naturelles, des Sciences de Finlande, Centrale d'agriculture de Belgique, des Amis des sciences naturelles du Mecklembourg, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Royale belge de géographie. Géologique de France, Zoologique de Londres, Botanique de Lyon, Physique-Écono- mique de Konigsberg, d'Histoire naturelle de Groningen, Veneto- Trentina des sciences naturelles de Padoue, d'Études des sciences natu- relies de Nîmes, des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne Entomologique de Belgique, d'Histoire naturelle de Coire, d'Histoire naturelle de la Haute-Hesse, des Amis des sciences naturelles de Rouen, pour l'Instruction de Porto et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société trois exem- plaires du tome XVH (3<' série, tome H) des Annales, ainsi que trois exemplaires du procès-verbal de la séance du P-" septembre 1883. Lectures. M. Raeymaekers, ayant obtenu la parole, fait les communications suivantes : DESCRIPTION D'UNE COUPE RELEVÉE DANS LE^RUPELIEN INFÉRIEUR A ATTENRODE-WEVER, par D. RAEYMAEKERS. A Attenrode-Wever, village situé près de Glabbeek-Suerbempde et distant de Louvain de 16 kilomètres, on remarque un escarpement nommé Kleyn-Kensberghe \ où l'on voit deux carrières, dont l'une est encore ouverte. Malheureusement pour l'observateur, les travaux ont été en grande partie arrêtés, par suite du rendement peu productif pour le propriétaire. Voici, telle que nous avons pu la relever le 15 septem- bre 1882, la coupe de cette exploitation, qui de haut en bas donne les assises suivantes : A. Limon quaternaire avec cailloux à la base, épaisseur 1 mètre environ. En un endroit, on observe un dédoublement de ce gravier qui ravine légèrement les sables rupeliens marins. B. Argile de couleur verdâtre, fortement altérée, entièrement pétrie de racines décomposées et dont il ne reste que des traces. Cette couche 1 Cette localité a été mentionnée .'ans des communications de M. Van den Bro-ck ûu tongnou iiuvio-marm. CXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE a une épaisseur variable ; elle atteint en un point de la carrière 30 centi- mètres. Cette argile rupelienne supérieure est bien visible et fort peu altérée dans le talus du chemin, entre le bois et le bâtiment de l'école communale, vers le sommet de la colline. G. Sable blanc ou coloré en jaune, assez doux au toucher, quartzeux, pailleté de mica, présentant des bandes brunes à éléments grossiers. La coupe montre parfois de petits noyaux noirs, ligniteux, pulvérulents, ainsi que des linéoles d'argile verte. On observe aussi plusieurs lits graveleux de faible épaisseur et superposés avec intercalation de sable. La bande inférieure de ces graviers est la plus épaisse; elle est formée par les cailloux plats et noirs de MM. Cogels, baron van Ertborn et Van den Broeck. Dans cette carrière, il y a deux ans, ce gravier avait une épaisseur de 20 centimètres ; mais les travaux et les éboulements survenus depuis ont sensiblement réduit ce niveau caillouteux. Nous avons pu y recueillir les fossiles suivants : Poissons : Lamna elegans, Ag., dents fortement roulées, 4 exemplaires. Débris trop informes pour recevoir une détermination même générique. Crustacés : Fragments de Crabe. Mollusques : CyjjHva rotundata, Braun ', exemplaires nombreux, ■réduits à l'état de moules et bien conservés. Ces fossiles sont extrême- ment fragiles, et il faut les gommer sur place. Pectîinculus, sp.? Cylherea, sp.? Fragments de lignite et ossements appartenant probablement à des Cheloniens. D. Sable ordinairement blanc, ressemblant comme grain aux sables i chocolatés d'Heyde, de Mont-Saint-Martin, etc., meuble, très peu cohé-i rent, pailleté de mica, ne présentant aucune trace de stratification. Plus! bas, l'élément sableux devient de plus en plus grossier. On trouve ensuite] les zones graveleuses, tantôt inclinées, tantôt horizontales, avec nodules] de glaise verte, que M. Van den Broeck a décrites dans sa note du 3 sep-j tembre 1881, établissant l'horizon supérieur du tongrien fluvio-marin.j Cette assise, puissante de 4'"50 à 5 mètres, repose sur l'argile verte d'Henis,] épaisse de 20 centimètres. L'année dernière, la sablière, qui était très pro- 1 Cette espèce avait été désignée sous le nom de Ci/prina Nysti. M. Vincent nous a fait remarquer que depuis longtemps elle avait été trouvée en Allemagne par le D^ Braun,| qui la désigne sous le nom de Cyprina rotundata; Agassiz la décrivit plus tard sous le même nom, dans son travail intitulé : Iconographie des coquilles tertiaires réputées iden-^ tiques avec les espèces vivantes ou dans différents terrains de Vépoque tertiaire, p. 53^ pi. 14. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXV fonde, nous a bien fait voir ce dernier contact. Depuis lors, les gens de l'endroit nous ont affirmé l'avoir rencontré, à plusieurs reprises, dans leurs travaux. Cette marne est supérieure à des sables fins, verdâtres, très visibles à l'est du Kleyn-Kensberghe, à Bunsbeek, dans la carrière avoisinant un tilleul isolé situé tout près de la route communale de Tirle- mont à Diest. Ces sables nous ont fourni les fossiles caractéristiques de l'horizon inférieur : des Cyrena semistriata, Desh., bivalves et des Ceri- tJdum LamarcU, Brong., non roulés. Des parties argileuses, très rares et disséminées dans la masse, nous ont procuré les espèces lacustres du même horizon de Bautersem, représenté notamment à Bierbeek, Heyde, etc. Si nous donnons ce dernier détail, c'est afin de déterminer paléontologiquement les sables inférieurs aux marnes vertes de cette resrion, SUR LA PRÉSENCE DU LIMNEA GLABRA, MÙLLER, A LUBBEEK, par D. RAEYMAEKKRS. Dans une de nos excursions, nous eûmes l'occasion de trouver, à Lubbeek, le Limnea glahra, Mûll. Cette espèce fut décrite par Kickx dans son Synopsis BrahanticB jlfollicsconim, sous le nom de Limneus suhulatics. Cet ouvrage est accompagné d'une planche où l'espèce se trouve repré- sentée. D'après l'examen de cette Limnée, J, Colbeau et plusieurs mala- cologistes admirent que probablement Kicks avait pris pour une espèce particulière une forme du Limnea truncatula^ ou bien l'avait confondue avec le Limnea glahra, de MûUer.- L'illustre professeur de Gand signale, comme aire de répartition de son Limneus suhnlatus, tout le Brabant. Depuis 1830, date de la publication de cet ouvrage, malgré les recher- ches faites par un grand nombre de naturalistes, cette espèce n'a été trouvée, à notre connaissance, dans le Brabant qu'à N'otre-Dame-au-Bois et maintenant à Lubbeek. Voici, en dehors de cette province, la liste des localités où l'espèce a été observée ; Malines (Van Beneden). Kessel et Schilde (Par^^s). Anvers et Calmpthout (Colbeau). Bois de Bon-Secours (Hécart). Papignies (Fontaine). Gœgnies-Chaussée (de Malzine). Maestricht (Nyst). Genck (Colbeau). Même espèce, var. bidlmoides, Geack (Colbeau). CXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Quant aux conditions d'existence de notre Limnea glabra, nous ajoute- rons que nous l'avons trouvé à Lubbeek, dans un fossé dont le fond, qui repose sur une couche d'argile de Boom r^ très épaisse, couvert d'une vase noirâtre, est rempli de plantes aquatiques (Sagittaria sagittefolia^ BîUomus umhellatus). En tenant compte du peu de temps que nous avons consacré à cette excursion, nous pouvons dire que les mollusques sont extrêmement abondants en ce point, car le nombre d'échantillons recueillis dépasse au moins le chiffre de deux cents. Nous ajouterons encore que nous avons récolté de beaux et nombreux spécimens de Cyclas lacustns. M. Pelseneer donne lecture de la note suivante : ÉTUDES SUR LA FAUNE LITTORALE DE LA BELGIQUE. Mollusques et autres animaux inférieurs recueillis sur la côte belge en 1883, par P. PELSENEER. Bien que je n'aie fait à la côte, vers la fin de l'été, qu'un séjour de peu de durée, je me suis livré, comme les années précédentes, à quelques recherches sur la faune du littoral belge, ne m'attachant qu'aux animaux inférieurs, et spécialement aux mollusques. Dans le cours de ces recherches, j'ai pu faire diverses observations pré- sentant quelque intérêt. Je les ai réunies dans cette notice, destinée à faire suite à mes comptes rendus précédents. J'ai pu ob?erver presque tout ce que j'avais déjà signalé autrefois. Afin de ne pas m'étendre inutilement, je me bornerai' à indiquer ce qui m'a paru nouveau. La plus grande partie de mes recherches ont porté sur les environs de Blankenberghe. Pour les espèces qui ne proviennent pas de cet endroit, la localité est indiquée. §1. —Mollusques. J'ai recueilli plusieurs espèces nouvelles pour la faune belge, ainsi qu'un très grand nombre d'autres formes qui ont déjà été signalées sur notre côte, et dont voici les plus remarquables : I. — CÉPHALOPODES. SePIA OFFICINALIS,L. Un individu femelle, de taille moyenne, pris au petit chalut par un batelier qui péchait des crevettes. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXVII L'estom;ic était entièrement rempli d'articulations de pattes de crabes nageurs, et d'extrémités de pattes ambulatoires et natatoires. Comme il n'y avait aucun autre débris organique dans l'estomac de cette Seiche, j'en ai conclu qu'elle faisait sa nourriture presque exclusive des crabes nageurs et particulièrement de Plafyoniclius latipes, car tous les débris que j'ai trouvés se rapportent à cette espèce. II. — Gastropodes. EOLIS PAPILLOSA, L. Plusieurs individus, dont le plus grand avait près de quatre centi- mètres de longueur, trouvés vivants sur une pièce de bois prise dans le filet d'un pêcheur, après un assez long séj.our au fond de l'eau. Utriculus obtusus, Montg. Une coquille vide trouvée sur un tube de Terehella conchilega,. Cypr.ea EUROP.EA, Montg. J'en ai recueilli un exemplaire roulé, sur la plage de Blankenberghe. Pleurotoma turricula, Montg. Plusieurs spécimens trouvés à différentes reprises sur le sable au même endroit que l'espèce précédente. Pleurotoma (H.edropleura, Monts.) septangulare, Montg. Forme nouvelle pour notre faune littorale. Une fort belle coquille eu a été trouvée aux environs d'Ostende. Defrancia purpqrea, Montg. Autre nouvelle acquisition provenant de la môme localité que le Pleu- rotoma septangulare. Neptunea gracilis, da Costa. Abondant sur toute la côte et pris assez fréquemment en vie. Je cite cette espèce pour rectifier une erreur qui a régné longtemps à l'étranger et qui existe encore chez nous. Cette espèce a toujours été désignée, en Belgique, sous le nom de Ftisus islandims Chemn. Celui-ci possède un habitat tout à fait boréal, et tous les exemplaires qui ont été donnés à tort sous son nom se rapportent au F. gracilis. Trophon truncatus, Strôm. Autre rectification. Le TrojÂon que l'on trouve assez fréquemment sur la côte belge a toujours été nommé T. dalliratus, L., à l'exemple de Forbes et Hanley. Il v a quelques années, je m'étaisi aperçu de l'inexactitude de cette appellation. Le T. clathratus, L., qui est plus grand que notre espèce, CXVllI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE est en effet tout différent; de plus, son habitat est absolument boréal. Mais, n'ayant eu à ma disposition que des spécimens plus ou moins roulés, provenant de Blankenberghe, j'ai, en voulant redresser cette dénomination fautive, commis une nouvelle erreur en rapportant ces spécimens au T. muHcatus^ Montg., espèce commune, en Angleterre et en France, sur les côtes de l'Océan, Depuis lors, ayant eu en ma possession des échantillons frais et en parfait état, j'ai pu me convaincre que notre espèce n'est autre que le T. tmncatns, Strom, qui vit sur les côtes anglaises, mais qui manque en France. Purpura lapillus, L. J'ai trouvé, le 15 septembre, un grand nombre d'œufs frais et récem- ment pondus, appartenant à cette espèce. Tout près se trouvait un groupe d'une douzaine de Pourpres, desquelles provenaient probablement ces œufs. Le fait m'a paru d'autant plus extraordinaire que les œufs qu'on trouve en été sur notre littoral sont toujours vides, ainsi que je l'ai signalé autrefois. Cerithium perversum, L. J'en ai trouvé un spécimen fort beau sur une pierre rapportée à Blànkenberghe par des pêcheurs, qui l'avaient prise dans leur filet. Bien que cette espèce n'ait pas encore été signalée sur notre côte, M. Éd. Lanszweert l'a déjà recueillie à Ostende. Scalarfa clathratula, Adams. Pris avec le précédent. RiSSOA SEMISTRTATA, Moutg. Sur un tube de Térébelle. C'est une forme nouvelle pour notre faune, encore très pauvre en espèces de ce genre. RissoA PARVA, da Costa, et Hydrobia ventrosa-, Montg. Sur des tubes vides de Térébelles. Trociius tumidus, Montg. Sur la plage, à Heyst et à la Panne. Emarginula fissura, L. [F. reticidata, J. Sow.). Toutes les Émarginules trouvées jusqu'à ce jour sur notre littoral appartiennent à VE. rosea, Bell.; VE. fissura n'avait pas encore été signalé en Belgique. J'en possède un bel échantillon, haut de 11 milli- mètres, provenant d'Ostende, BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXIX Helcion pellucidum, L. Sur la plage, aux environs d'Ostende. Beaucoup de coquilles indiquées sous ce nom sont des Tectura [Acmcea) virginea, Miill. III. — PÉLÉCYPODES. Teredo megotara, F. et H. Ce Taret n'avait pas encore été trouvé sur la côte belge. J'en ai pris plu- sieurs individus vivants dans une pièce de bois jetée sur la plage à Ostende. Les coquilles avaient un centimètre en longueur et en largeur. Avec cette espèce, se trouvaient des T. navalls, également vivants. L'animal du T. navalis a été décrit très rarement et d'une façon tout à fait sommaire. Lorsque je me suis aperçu de cette particularité, mes exem- plaires étaient déjà depuis longtemps dans l'alcool et avaient perdu leur forme et leur couleur naturelle. VK^ovMh.(Saxicavella, Fiscb.) plicata, Montg. Apremière vue, on prendrait cette espèce pour un jeune Saxicava rugosa un peu comprimé et élargi à la partie postérieure. J'en ai trouvé une valve très fraîche sur la poutre où j'avais déjà pris des Eolis papillosa et dans laquelle étaient encore des Teredo navalis. En 1868, J. Colbeau et M. Éd. Lanszweert citaient d'Ostende, avec un signe de doute, Saxicava fragilis, Nyst. M. Lanszweert possède dans sa collection des coquilles portant ce nom et qui, de même que mon spécimen, se rapportent absolument à Panopœa plicata, figuré par Gwyn Jeffreys, pi. LI, fig. 1, et par Forbes et Hanley, pi. VI, fig. 1, 2, 3. M. Gwyn Jeffre^^s cite, avec doute, comme synonyme de P. plicaia, le Saxicava fragilis, Nyst. Ces deux espèces sont certainement différentes. Dans son ouvrage posthume, Conchyliologie du terrain pliocène scal- disien, Nyst décrit deux espèces : Mya fragilis (qu'il donne comme son Saxicava de 1843 et comme vivant dans l'océan Atlantique, où il a été pris pour le Sphœnia Bingliami) et Panopcea jplicata. Je ferai d'abord remarquer que l'espèce qu'il figure dans son dernier ouvrage sous le nom de Mya fragilis {SpMnia Binghami dans l'Atlas (1878)! n'est pas le Saxicava fragilis de 1843; il suffit, pour s'en con- vaincre, de comparer la figure de 1843 avec le spécimen qui a servi de modèle à la figure de 1878. Je crois que le ^fl^^cam/r«^^7^5 est devenu, dans la conchyliologie du scaldisien, le Panopm plicata. Et pourtant ie spécimen figuré en 1878 CXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE ne correspond pas plus au P. plicata, Montg., que le Myafragilis, Njst, 1881, au S'pJmnia Bingliami, Turt. J'en conclus quele J/y«/ra^î7«>,Ny3t, 1881,etleP«^io;;^«^//c«^«,Nyst, 1881 (= Saxicam fragilis, Nyst, 1843), n'ont pas leur correspondant vivant dans l'Océan européen et que l'espèce citée par Colbeau et M. Lauszweert sous le nom de « Saxicava fragilis, Nyst, » est bien le Panopmplicata, Montg. Quant à la question de savoir dans quel genre il faut placer cette espèce, je ne me permets pas de la trancher.' Montagu l'a décrite comme un Mya; Jeffre.ys y voit une espèce de Panopm, et enfin Fischer la place dans un genre nouveau, Saxicavella, intermédiaire entre les Mya et les Saxicava. LUTRARIA ELLIPTICA, Lam. Débris sur la plage. Tapes virgineus, L. Un jeune individu vivant, pris sur une pierre. Modiolarîa marmorata, Forbes. Espèce nouvelle pour la côte belge. J'en ai pris de nombreux individus vivants dans le manteau d'Ascidies simples fixées sur des pierres. Je crois que la plupart des MoUolaria discors signalés sur la côte belge sont des M. marmorata. Pecten pes-lutr^, L. Dans notre pays, on a toujours indiqué sous le nom de P. Ugrinus, MûlL, ou ohsoleUis, Pennant, un Pecten qui n'a pas droit à ce nomj c'est le P. pes-lutr(B. L. Herklots {Natunrlijke historié van Nederlancl) le donne aussi comme P. ohsoUtus, alors que cette espèce n'a pas encore été trouvée en Hollande. Sur notre littoral, le véritable P. tigrinus {ou obsoletiis) est rare; je n'en connais qu'un exemplaire bivalve, dans la collection de M. Lanszweert. ^ Quant au P.pes-hùtra.hcdinsQàQ la profondeur assez grande à laquelle vit cet animal, il est rare d'en avoir des spécimens complets ; mais les valves séparées en sont assez abondantes sur toute l'étendue de la côte, et l'on en trouve parfois d'assez fraîches. § 2. — Crustacés, Vers et Écliinoderiïies. Caprella linearis, L. ^ J'ai trouvé plusieurs fois ce singulier petit Crustacé, aux mouvements si bizarres, sur des colonies de Tuhilaria larynx, dont il m'a paru faire sa nourriture. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXXl PoLYNOE (Jepidonotus) squamata, L. Plusieurs grands individus sur une poutre où j'avais dt^jà trouvé quelques espèces de mollusques. ASTEEACANTHION RUBENS, L. Outre le mode ordinaire de déplacement que cet animal emploie lors- qu'il rampe sur le fond, j'ai observé une véritable natation à quelque distance au-dessus du fond, et dans laquelle les pieds ambulatoires constituaient de véritables rames natatoires. La séance est levée à 5 heures. Séance du 3 novembre 1883. Présidence de M. J. Crocq. La séance est ouverte à 4 heures. Sont présents : MM. J. Crocq, président ; P. Cogels, F.-L. Cornet, P. Desguin, L. Dollo, J. De la Fontaine, D. Eaeymaekers, F. Roffiaen et Th. Lefèvre, secrétaire. Font excuser leur absence : MM. E. Bayet, comte A. de Limburg- Stirum, É. Hennequin, J.-D. Stevens et baron 0. van Ertborn. M. É. Vincent assiste à la séance. Le procès- verbal de la séance du 6 octobre 1883 est adopté. Correspondance. M. le Ministre de l'intérieur, par dépêche en date du 26 octobre 1883, annonce que le subside relatif au tome XVII des Annales est accordé. — Remerciements. M. le Commissaire de Belgique auprès de l'Exposition internationale de pêcherie informe la Société du prochain retour, par les soins de M. le Consul de Belgique à Londres, des publications qui ont figuré à cette exhibition. M. E. Bayet propose l'envoi des Annales, à partir de la seconde série, à la Société scientifique de Bruxelles, en échange de la collection complète de ses travaux. — Adopté. CXXII SOGiÉTÊ ROYALE MÂLACOLOGIQUE DE BELGIQUE M. Adrien Dollfus, au nom de la rédaction de la Feuille des jeunes naturalistes, adresse des remerciements au sujet de la décision prise dans la dernière séance. M. 0. de Lacolonge, archiviste de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, donnant suite à une demande de la Société, annonce l'envoi de plusieurs des volumes des Actes de l'Académie, qui manquent à la bibliothèque. — Remerciements. M. le Secrétaire perpétuel de l'Institut de France a le regret d'annon- cer que la commission administrative de l'Académie des sciences se trouve dans l'impossibilité de donner satisfaction au vœu exprimé par la Société, qui désirerait compléter la collection des comptes rendus qu'elle possède et à laquelle manquent plusieurs années. — L'assemblée émet l'avis qu'il serait hautement désirable de recevoir à l'avenir, par voie d'échange, cet important recueil, et charge M. le Secrétaire d'adresser une nouvelle demande relative à cet objet. M. Zezi, secrétaire du Comité royal géologique d'Italie, donne avis de l'envoi prochain des derniers mémoires publiés par les soins de ce Comité. — Remerciements. La Société d'émulation d'Abbeville et la Société des sciences de l'Yonne informent qu'elles nous font parvenir celles de leurs publications dont elles peuvent encore disposer. — Remerciements. M. J. de Guerne annonce l'envoi prochain de la seconde partie de son article sur le Varangerfjord. Le Muséum Francisco-Carolinum, de Linz, invite la Société à se faire représenter à la fête jubilaire qui aura lieu le 19 novembre prochain, à l'occasion du 50° anniversaire de sa fondation. — L'assemblée, regrettant de ne pouvoir déléguer l'un de ses membres, charge M. le Secrétaire d'adresser une lettre de félicitations. M. C. Tapparone Canefri, en annonçant l'envoi d'un exemplaire de son travail sur la faune malacologique de la Nouvelle-Guinée, fait part de son changement d'adresse. La Société d'histoire naturelle de Zwickau prie les Sociétés scienti- fiques allemandes de s'associer à la manifestation qu'elle prépare en l'hon- neur de M. le professeur W. Wub-'r. La Société archéologique du Luxembourg et l'Académie des sciences et belles-lettres d'Ang'ers annoncent l'envoi de la collection complète de leurs travaux en échange des Annales. — Adopté. La Suciélé des sciences, des arts et des lettres du Hainaut informe qu'elle fêtera, le 28 de ce mois, le 50'' anniversaire de sa fondation, et elle BULLETIN DES SÉANCES. — ANNEE 1883 GXXlli prie les Sociétés en relations avec elle de se faire représenter à la séance publique qu'elle tiendra h cette occasion. — M. le Secrétaire fait part à l'assemblée de l'accueil sympathique qui a été fait aux nombreux délégués qui ont assisté à cette cérémonie, et dépose une médaille offerte à la Société en souvenir de la fête. Sur la proposition de M. le Président, l'assemblée vote ensuite l'envoi d'une lettre de remerciements à la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, et à son honorable Prési- dent, M. E. de Puydt. La Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles annonce l'envoi de ses publications destinées à la Société Linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud. — A ce sujet, M. le Secrétaire fait savoir que l'envoi collectif destiné à cette société se fera prochainement. M. Éd. Morren, secrétaire général delà Fédération des Sociétés d'horti- culture de Belgique, fait parvenir les bulletins qui lui ont été réclamés. — Remerciements. La Société des amis des sciences naturelles du Mecklembourg prie la Société de lui adresser à l'avenir ses publications à Gûstrow au lieu de Biitzow. — Pris pour notification. La Société académique de Boulogne-sur-Mer adresse le programme de ses concours pour 1884. Le Musée royal d'histoire naturelle de Belgique et la Société royale de Londres accusent réception de publications. M. le D' G. Haller, de Zurich, adresse le catalogue des coléoptères d'Europe qu'il offre eu vente. — M. Robert Neumann, à Erfurt, fait par- venir son catalogue de mollusques. La librairie Ambroise Lefèvre, de Paris, envoie son catalogue de livres. Dons et envois reçus. Médaille offerte par la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut. Brochures offertes parleurs auteurs : M. C. Tapparone Canefri {Fcmna malacologica délia Nuova Ouineae délie Isole adiacenli; parte I, molhis- clii estramarini)\ M. G. Dewalque (Compte rendu des séances de la com- mission internationale de nomenclature géologique et du coviité de la carte géologique de VE^irope, tenues à Zuricli en août 1883); M. le baron A. de Loë \Le trou Sandron ou Vahri-sous-roche de Huccorgne); M. E. Delvaux {Carte géologique et texte explicatif de la pjlancliette d' Anelglierri)\ M. P. Albrecht (1. Sur le crâne remarquahle d'une idiote de 21 ans. CXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 2. Sur les quatre os intermaxillaires, le hec de lièvre et la valeur mor- phologique des dents incisives supérieures de l'Iiomme. 3. Sur la valeur mnrpJwlogique de l'articulation mandibulaire, du cartilage de Meclel et des osselets de l'ouïe). Publications reçues en échange de la part de l'Académie royale des sciences de Belgique, de l'Observatoire royal de Bruxelles, de l'Académie royale des Lynx ; des rédactions du journal Science de Cambridge, du Bulletin scientifique du département du Nord, de la Feuille des jeunes naturalistes, de l'Athenœum belg-e et des Sociétés suivantes : des Sciences naturelles deGand, Royale de Londres, Royale des sciences de Drontheim, d'Émulation d'Abbeville, des Sciences naturelles et de philosophie de Belfast, Entomologique italienne. Centrale d'agriculture de Belgique, Royale linnéeune de Bruxelles, de Lectures et conversations scientifiques de Gênes, Scientifique Argentine, Borda à Dax, Malacologique italienne, d'Histoire naturelle de Cincinnati, d'Étude des sciences naturelles de Nîmes, Eutoraologique de Belgique, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Belge de microscopie et du Club scientifique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose, pour la bibliothèque de la Société, trois exem- plaires du procès-verbal de la séance du 6 octobre 1883, Communications des membres. M. Cogels fait, au nom de M. le baron 0. van Ertborn et au sien, la communication suivante : A la suite de la découverte d'un gisement se rapportant à l'étage anver- sien, faite par notre confrère M. D. Raeymaekers, dans une briqueterie à Ramsel (planchette de Boisschot), nous avons fait, avec l'auteur de cette découverte, une excursion dans la localité précitée. Nous y avons observé, au-dessus de l'argile rupelienne, une couche de sable glauconifère, très foncée, fossilifère, d'âge anversien, dans la briqueterie la plus septentrio- nale et située à l'ouest du chemin de fer. M. Raeymaekers et nous avons recueilli : Triton Tarbellicmion, Grat. CanccUaria Bellardii, Micli. Ficnla condita, Bcong. l'^iisus sc-'Cuslatiis, Geyr. A^asua Facki, von Koeuon. Ringicida buccinca, Br. Cassidaria bicatenata/ J. Sow. Ancillaria obsolela, Br. Pleitrotoma turbida, Brander. — obeliscuSy Desm. — ponvcta, Wood. — Udekemi, Nyst, BULLETIN DES SEANCES, ANNEE 1883 cxxv Rimjicula Slcinvorlhi, Senip. Natica helicina, Cr. — varians? Duj. — brevispira, Bosq, Nùso ehurnea, Hisso. Turrilelia incrassata, J. Sow. Dentalhun costatum, Sow. Bnlla lignaria, L. Pecten Bmmmeli, Nyst. ^rm diliivii, Lamk. Pectunciilits pilosus, L. Limopsis. Nucula Haesmdoncki, Nyst. Plcnrotoma lœvigala, J . Sow. Leda pryinœa, v. Munst. Cardium sublia'gidum, d'Orb. Aslarte concenlrica, Goldf. — radiata, Nyst et West. Liicina borealis, L. Isocardia lumdata, Nyst. Cardita orbictdaris, J. Sow. r«f//5 vuihilaniella, Lamk. — Nysti, d'Orb. Corbiila slriala, Wiilk. Panopœa Menardi, Desh. Il J avait, en outre, des valves de balanes, des lunulites et, à la base de la couche, des dents de poissons, desgraviers et des morceaux deseptaria. La présence du Pecten Brummeli nous engag-e, dans l'état actuel de nos connaissances sur la répartition des espèces dans les assises de l'étage anversien, à rapporter le gisement de Ramsel à l'assise supérieure de l'étage, c'est-à-dire à celle des sables Pedunculus pilosus. Le sable anversien fait défaut dans les autres briqueteries que nous avons explorées à nouveau et où nous n'avons rencontré comme affleurant en sous-sol que l'argile r-. Toutefois, par suite d'une erreur de tracé, la limite méridionale de l'argile, à la traverse du chemin de fer, doit être reportée légèrement vers le sud. Nous prions notre confrère M. Raey- maekers, qui nous a mis à même de redresser une inexactitude de nos levés géologiques, de recevoir tous nos remerciements. Nous communiquerons encore à la Société les résultats d'un sondage exécuté à Hamme, localité située sur le territoire de la planchette de Saint-Nicolas, également comprise dans nos levés. Le sondage a atteint au delà de cinquante mètres. Il a permis de consta- ter que le cara{3inien repose directement sur une puissante assise sableuse tertiaire, que nous avons rapportée, à l'époque où nous travaillions à nos levés géologiques, à l'éocène supérieur. Ce sondage met hors de doute l'absence de l'argile rupelienne sur la rive droite de la Durme, sur le ter- ritoire de la planchette précitée, et corrobore les constatations faites aux sondages artésiens de Tamise, de Boom, de Breendonck , de Malines et d'Aerschot, relatives à l'existence dans cette région d'une formation sableuse tertiaire marine au sud de l'afHeu rement de l'argile rupelienne. Cette couche sableuse se relève vers l'ouest dans la direction de Gand, et doit, nous semble-t-il, être le prolongement de couches sableuses obser- vées, à la colline de la citadelle, par notre confrère M. Delvaux et rap- portées par lui à Téocène supérieur. CXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE M. Raeymaekùrs fait la communication suivante : SUR L'ABLATION DES PREMIERS TOURS DE SPIRE CHEZ LE PALUDINA CONTEXTA, muller, par D. RAEYMAEKER8. Dans une de nos excursions à Gelrorle, village situé au sud-est d'Aer- schot, et à trois quarts de lieue de cette ville, il nous fut donné, il y a quelque temps, de faire une observation intéressante. Nous avons pu constater, dans une mare, la présence de centaines de P alu- ^/?z«co«i!6J'^fl:,Mûll., qui toutes avaient leurs premiers tours rong-és. Lorsque nous eûmes l'occasion de présenter ces difformités à la Société, l'un de nos collègues, M. F. Roffiaen, crut pouvoir donner une explication de ce phénomène en admettant que la vie abandonnant les premiers tours de la spire, ceux-ci, n'ayant plus leur raison d'être, se détruiraient d'eux-mêmes. Ne se contentant pas de l'examen à l'œil nu, M. Cornet en observa plu- sieurs à la loupe et constata qu'au fond de la cicatrice il existait un petit orifice. De ce fait, il semblerait résulter que des animaux aquatiques, mollusques ou insectes, troueraient les coquilles et pénétreraient dans la substance même de l'animal pour y vivre en parasites. Pour le moment, nous ne voulons défendre ni l'une ni l'autre de ces deux ] manières de voir, et nous formulerons seulement les observations sui- vantes : a) Les détériorations sont particulières à cette mare ; dans toutes les autres, et elles sont nombreuses en ces parages, nous n'avons constaté * aucune trace de cette anomalie, qui est par conséquent locale; i) Les insectes y sont très communs, car chaque coup de filet nous en amenait des quantités innombrables. c) Nous n'avons constaté ces érosions que sur les Gastéropodes opercu- lés, tels que les Valvata piscinalis et les Bytlilnia tentaculata, c'est-à- dire chez des mollusques garantis par un bouclier contre les atteintes de leurs ennemis. Il est peut-être bon de faire remarquer que les Nayadés et ticuîièrement les Unio de nos cours d'eau semblent présenter une cer- taine prédisposition pour ces altérations du test de la coquille. Il est un fait bien connu, que les Unio pictorîim, U. hatavns, et surtout les U. onargaritifer^ offrent souvent des parties corrodées dans la région avoisinant les crochets. Peut-être que du fait signalé tantôt et de celui-ci, on pourrait déduire une seule et môme cause de déformation. Pour résoudre cette question, il serait intéressant de placer ces mollusques dans un endroit con- BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXXYII venable, suffisamment aéré, dont l'eau ne contiendrait aucune trace de calcaire, n'entretiendrait la vie d'aucun insecte et dont le fond présente- rait les conditions normales nécessaires à l'existence de ces mollusques. Avant de terminer cette note, nous devons signaler la découverte, eu ce point, d'un exemplaire du Planorbis contorlus, dont les tours sont dis- loqués, et d'un jeune Planorbis corrieus, chez lequel une partie du dernier tour s'écarte du reste de la coquille. L'intervalle formé par cette sépara- tion se trouve comblé par une matière ferrugineuse assez dure, éliminable à l'aiguille. Enfin, nous mentionnerons encore, comuie particulièrement abondants à Gelrode, les mollusques fluviatiles suivants : Cyclas cornea, var. micleus, L. — ïaaistris, Mûll. — calijculata. Drap. Pîsidiiim-ohtiisale, Pfeiff. La séance est levée à 5 heures. Séance du 1" décembre 1883. Présidence de M. J. Crocq. La séance est ouverte à 4 heures. Sont présents : MM. J. Crocq, président; E.Bayet,A. Briart, P. Cogels, F.-L. Cornet, H. de Cort, J. De la Fontaine, baron A. de Loë, P. Des- guin, L. Dollo, D. Raeymaekers, A. Rutot, E. Van den Broeck, baron 0. van Ertboru et Th. Lefèvre, secrétaire. M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 3 no- vembre 1883, qui est adopté. Correspondance. M. H. Crosse, donnant suite à la demande qui lui a été adressée, annonce l'envoi des cinq premiers volumes du journal qu'il publie et rappelle, en même temps, sa promesse d'un article sur la faune malaco- logique des grands lacs africains, qu'il destine à la Société, mais que ses CXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE nombreuses occupations ne lui permettent pas de terminer en ce moment. — Remerciements. M. F.-V. Haydeu, géologue, à Philadelphie, annonce qu'il espère pou- voir faire compléter la collection des publications du Service géologique et géographique des territoires, aujourd'hui supprimé. — Remercie- ments. M. J. Carbonnelle, secrétaire de la Société scientifique de Bruxelles, informe que l'échange de publications est accepté. M. A. Dollfus, au nom de la rédaction de la Feuille des jeunes natura- listes de Paris, remercie la Société pour son récent envoi. M. le Directeur du Comité géologique russe fait parvenir les numéros parus des bulletins publiés par ce Comité ; il annonce l'envoi des mémoires et demande l'échange de publications. — Accordé. Le Comité du Muséum Franci3CO-Carolinum,de Linz, annonce le décès de son président, M. le chevalier M. von Az, et la famille Barrande annonce la perte qu'elle vient de faire en la personne de M. Joachim Barrande, le savant paléontologue auquel la science est redevable d'importants travaux sur le système silurien de la Bohême. — L'assemblée décide l'envoi de lettres de condoléances. M. A. Gasté, secrétaire de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen; M. E. Beltremieux, président de l'Académie des belles-lettres, sciences et arts de la Rochelle; M. le D' E.-L. Trouessart, secrétaire de la Société d'études scientifiques d'Angers; M. A. Le Jolis, directeur de la Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg; M. A. Six, secrétaire, pour l'extérieur, de la Société géo- logique du Nord; M. J.-L. Canaval, conservateur du Musée national d'histoire naturelle de la Carinthie, et M. le D^ P.-P.-C. Hoek, bibliothé- caire de la Société néerlandaise de zoologie, donnant suite aux demandes adressées au nom de la Société et relatives aux échanges Je publications, annoncent des envois et demandent à recevoir, en retour, les volumes qui manquent dans leurs bibliothèques. L'assemblée charge M. le Secrétaire de donner à ces échanges la suite qu'ils comportent. L'Académie des sciences naturelles de Philadelphie regrette de ne pou- voir disposer d'un exemplaire du journal américain de conchyliologie, qui n'est pas sa propriété. La Ligue de l'enseignement adresse le compte rendu de sa dernière assemblée générale et annonce qu'elle reprend ses travaux. — Pris pour notification. BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXXIX M. le D' C.-H. Knoblaucli, président de l'Académie impériale alle- mande Léopoldine-Caroline des Naturalistes, de Halle, accuse réception de notre dernier envoi et annonce l'expédition de nombreuses monogra- phies destinées à la Société. — Remerciements. M. Ed. André, ingénieur, boulevard Bretonnière, 21, à Beaune (Côte- d'Or), France, annonce qu'il a institué chez lui un dépôt général de tous les travaux d'histoire naturelle, mis à la disposition des amateurs par voie de vente ou d'échange, au moyen de catalogues périodiques, et demande à recevoir ses tirés à part de travaux publiés. La Société des sciences naturelles de Chemnitz annonce l'envoi de publications. La Société hollandaise des sciences, à Harlem, et le Musée Teyler accu- sent réception de publications. La Société royale des sciences d'Upsal annonce l'envoi et accuse récep- tion de publications. La Société malacologique allemande fait parvenir son 46* catalogue d'échange. M. le Secrétaire dépose deux numéros du journal La Chronique, du 18 novembre et du 20 du même mois, adressés à la Société, et propose le dépôt de ces journaux aux archives. — Adopté. Dons et envois reçus. M. le D"" F. Ressmann fait parvenir un envoi de coquilles terrestres et fluviatiles. Brochures offertes par leurs auteurs : M. P. Albrecht {Note sur le pel- Distermcm des É dentés); M. A. von Koenen {Beitrag zur Kenntniss der Placodermen des Norddeutsclien Oberdevons) . Publications reçues en échange de la part de la Comînission de la carte géologique de l'Espagne, du Musée royal d'histoire naturelle de Belgi- que, de l'Observatoire impérial de Rio de Janeiro, du Comité géologique de l'empire russe; des rédactions du journal Science de Cambridge, du Journal de conchyliologie de Leeds, de l'AthencTeum belge, de la Feuille des jeunes naturalistes de Paris, de la Feuille de zoologie de Leip- zig, de la Ligue de l'enseignement, de la Revue des sociétés de botanique Irmischia, et des Sociétés suivantes : Scientifique de Bruxelles, Lin- néenne de la Nouvelle-Galles du Sud, Impériale des naturalistes de Moscou, Atheneo ds Brescia, d'Histoire naturelle de Glasgow, Géologique de Londres, des Sciences et arts de l'Ile de la Réunion, Scientifique Argen- tine, Scientifique industrielle de Marseille, Zoologique de Londres, 9 CXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE d'Histoire naturelle de Gand, Centrale d'agriculture de Belgique, d'Études des sciences naturelles de Nîmes, Toscane des sciences naturelles, Belge de microscopie, des Sciences naturelles de Chemnitz, Malacozoologique alle- mande, Royale des sciences d'Upsal, des Sciences naturelles de NeucMtel, Royale des sciences et belles-lettres de Gotembourg, Géologique de Nor- wicb, Royale de botanique de Belgique, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, Entoraologique de Belgique et du Club scienti- fique de Vienne. Des remerciements sont votés aux donateurs. M. le Secrétaire dépose pour la bibliothèque de la Société un exemplaire du tiré à part suivant des Annales (tome XVII, 1882) : Rohert Lawley,sa me et ses traxaux, par Th. Lefèvre, ainsi qu'un exemplaire des tirés à part suivants des Bulletins (tome XVIII, 1883) : Mollusques terrestres et Jlumatiles des environs de Maestriclit, par C. Ubaghs, et Observations de MM. 0. van Friiorn et P. Cogels sur les travaux de MM. Van den Broeck et Rutot, relatifs à leurs levés géologiques. Communications du Conseil. M. le Président annonce que le Conseil, dans sa séance de ce jour, a reçu comme membres effectifs de la Société M. Charles Renson, pharma- cien à Louvain, présenté par MM. E. Pergens et Th. Lefèvre; M.Armand Roussel, architecte à Bruxelles, et M. le marquis Antoine de Gregorio, docteur en sciences naturelles, à Palerme, présentés par MM. J. Crocq et Th. Lefèvre. Dans cette môme séance, le Conseil a rétabli le nom de M. le D"" F. Ress- raann sur la liste des membres correspondants, et jl a accepté la démission donnée par M. J. Faly. Présentation de travaux pour les Annales. M. le Secrétaire dépose, de la part de M. le marquis A. de Gregorio, deux notes manuscrites, accompagnées de planches, intitulées : Descrip- tion de quelques Pectens nouveaux des terrains tertiaires de l'Italie et Note sur le Triton nodiferum, Ll. var. inflectilabrum, de Greg. — Sont désignés comme rapporteurs pour le premier travail, MM. Cogels et Dewalque, et pour le second, MM. Dautzenberg et Pelseneer. Communications des membres. M. Van den Broeck fait passer sous les yeux de l'assemblée un certain nombre de fossiles crétacés, jurassiques et carbonifères provenant des BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXXXI gravières de Genck, et à ce sujet il entre dans des développements assez étendus sur les résultats de ses dernières courses en Campine. Donnant suite à la décision prise par l'assemblée, M. Van den Broeck a fait parvenir la rédaction suivante : M. Van den Broeck a retrouvé dans les gravières de Genck tous les caractères physiques et chimiques d'un diluvium quaternaire fluvial, tel, par exemple, que celui de la Seine. Les éléments constitutifs du dépôt proviennent tous indistinctement de la vallée de la Meuse, les roches car- bonifères, devoniennes et siluriennes s'y trouvent en abondance et s'éten- dent, en s amoindrissant en volume, plus au nord-ouest de Maestncht; ils représentent ainsi dans la Campine limbourgeoise un ancien lit de la Meuse, contemporain des débuts de la période quaternaire. D'après M. Van den Broeck, les sables campiniens de cette région ne peuvent être sépares des cailloux, avec lesquels les premiers alternent d'ailleurs; et le tout a été déposé par l'alluvionnement fluvial de la Meuse pendant la période quaternaire inférieure. On voit qu'il faudrait, d'après ceci, revenir à l'opinion de d'Omalius et d'autres géologues, d'après les- quels le campinien serait antérieur au limon hesbayen. Le campinien, d'ailleurs, d'après les nouvelles observations de M. Van den Broeck, est loin d'être le dépôt homogène, dans son origine comme dans sa compo- sition, tel qu'on l'entend généralement. Il est formé, sur une étendue con- sidérable, par le sommet sableux d'alluvions quaternaires ou parfois même modernes, par des lavages et par des remaniements de sables tertiaires ; enfin, il représente encore des dépôts de transport aérien et donne ainsi lieu à des superpositions factices pouvant induire en erreur l'observateur non prévenu. L'action du vent sur l'extension et sur les déplacements des dépôts meu- bles de la Campine est — ou du moins a été — plus générale qu'on ne le pense communément; comme contribution à l'étude de cette question, M. Van den Broeck a réuni de nombreux faits, qui seront exposés plus tard, sur l'origine et sur la marche des dunes terrestres. M. Van den Broeck donne quelques détails sur les grands blocs de roches de l'Ardenne, etc., que l'on observe souvent dans les sables de la Campine limbourgeoise, c'est-à-dire à l'intérieur de l'aire formée par les dépôts de sables et de cailloux représentant l'alluvionnement de la Meuse quater- naire. La présence de ces blocs s'explique par les phénomènes de trans- port dus aux glaçons que charriait le fleuve après les débâcles qui sui- vaient les rigoureux hivers de la période quaternaire. Mais dans la partie la plus septentrionale du territoire belge, d'autres influences se faisaient sentir, car dans la zone restreinte de l'aire campinienne, qui peut rester CXXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE considérée comme d'origine réellement marine, on trouve les traces d'un9 action glaciaire différente, dénotant un transport venant du nord. M. Van den Broeck a, en effet, découvert dans la bruyère de Wortel, au nord de la colonie de bienfaisance d'Hoogstraeten, un bloc erratique, d'orio-ine Scandinave, formé d'une roclie granitique mesurant 0^80 de long, O^r^S de large et O^ôO de haut. D'après l'examen qu'en a fait M. A. Renard, ce granité provient incon- testablement du nord ; il renferme les feldspaths plagioclase et orthose, du quartz, de l'apatite et du mica en petite quantité, comme les granités types de la Scandinavie. Un échantillon de cette roche est mis sous les yeux des membres présents. Rappelant les observations déjà réunies par plusieurs géologues, sur la présence en Belgique, et surtout en Campine, de fragments ou cailloux granitiques, M. Van den Broeck fait remarquer que le bloc erratique Scandinave de la bruyère de Wortel a, au point de vue de la géogénie quaternaire en Belgique, une portée tout autre que celle que l'on pouvait attribuer aux fragments granitiques, avellanaires ou pugillaires qui ont été signalés jusqu'ici. La roche de Wortel confirme définitivement le tracé de certaines cartes d'extension glacière qui faisaient — sans preuves ■ sérieuses jusqu'ici — passer par le nord du territoire belge la limite méri- dionale de l'aire de dispersion des blocs erratiques d'origine Scandinave, L'étude du sous sol, très difiScilement accessible, de la Campine îim- bourgeoise a toutefois permis à M. Van den Broeck de constater que le diestien est beaucoup plus étendu vers l'est que ne l'indique la carte de Dumont, tandis que le sous-sol bolderien devra sans doute se restreindre à une zone relativement étroite, bordant au sud Taire diestienne. D'impor- tantes modifications seront apportées dans la configuration du sous-sol tertiaire de la Campine limbourgeoise, lorsque les levés détaillés de la carte géologique de cette région viendront à être publiés.- Pour tous renseignements plus complets sur les points qu'il vient d'aborder et que la présente note résume très succinctement, M. Van den Broeck renvoie à la communication plus étendue qu'il a présentée à l'une des dernières séances de la Société géologique du Nord, à Lille. M. Rutot, ayant demandé la parole, dit qu'il a longuement exploré les Flandres, et surtout la Flandre occidentale, et qu'il est arrivé, en ce qui concerne le campinien, aux mêmes résultats que ceux signalés par M. Van den Broeck. En effet, lorsqu'on parcourt la contrée la sonde à la main, le sol, que l'on aurait pu croire uniformément sableux, change à une petite distance BULLETIN DES SÉANCES. — ANNÉE 1883 CXXXIII de la surface, et, suivant les endroits, le campinien devient soit le sommet sableux de l'alluvion ancienne, en place ou soufflée à la surface d'allu- vions modernes, soit enfio le sommet altéré de sables tertiaires dont la glauconie disparaît peu à peu. Pendant ses courses dans la Flandre occidentale, M. Rutot a également eu la bonne fortune de rencontrer, au N.-O. de Thourout et au S.-E. de LicLtervelde, des gîtes de psammites paniseliens fossilifères plus riches que tout ce que l'on connaissait jusqu'ici. Les gîtes du N.-O. de Thourout sont situés à la partie supérieure de l'assise inférieure du paniselien, c'est-à-dire dans les sables avec psam- mites durs et lustrés. On y trouve une faune particulièrement intéressante en ce sens qu'elle renferme plus spécialement des lamellibranches de la famille des Solen, Sanguinolaria, Cultellus, etc. Les gîtes du S.-E. de Lichtervelde sont, au contraire, situés dans les psammites tendres et argileux voisins de la base de l'étage paniselien. Ils fournissent en abondance de magnifiques moules, extrêmement rets, d'es- pèces très variées, et principalement de gastropodes. On y remarque surtout des variétés nombreupes de Volutes, de Pleurotomes, de Fuseaux, de Cônes, de Bulles, etc. Il s'y trouve aussi des Oursins, entre autres un Cidaris, genre encore inconnu dans le paniselien. Enfin, M. Rutot annonce à ses collègues de la Société que l'un des crocodiles trouvés à Bernissart (Goniopholis sim'us, Owen)est entière- ment monté dans l'attitude de la vie et exposé actuellement dans la cage vitrée de l'Iguanodon, située dans la cour du Musée royal d'histoire naturelle, La séance est levée à 5 1/2 heures. II BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE LISTE DES OUVRAGES DEPOSES A LA BIBLIOTHÈOrE DE LA SOCIÉTÉ PENDANT L'ANNÉE 1883. (Les ouvrages dont le format n'est pas indiqué sont in 8'.) ♦ '•'♦ Académie de Maçon, Société des Scie: cfs, Arts, EEi.LES-LETTr.ES et d'Agricultire. — Annales. 2« série, tome IV. Mâcon, 4883. Académie des Telles -Lettres, eciENCES et Arts de La Rochelle. — Section des sciences naturelles de la Charente-Inférieure. — Annales. ■1881, n» 48 et 1882, n° 19. La Rochelle, 1882-1883, planches et atlas. A CADFMIE DES Sciences, Arts et Telles-Lettres de Dijon. — Mémoires. 3^ série, ton^e VII année 1881-1882. Dijon, 1882. Académie d'Hippone. — Bulletin. N°17. Bône, 1882. — Comptes-rendus des séances. Bône, 1883. Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersrourg, — Bulletin. Tome XXVIII n08 2-3. Saint-Pétersbourg, 1882, in-4o, planches et figures. — Mémoires. Tomes XIII à XXX. Saint-Pétersbourg, 1869-1882. Tome XXXI, n«' 5 à 7. Saint-Pétersbourg, 1883, in-4«>, planches. Académie Nationale des Sciences, Arts et Telles-Lettres de Bordeaux. — Actes. 3« série, 39« à 43^ année, 1877-1881. Paris-Bordeaux, 1879-1881. — Tables historiques et méthodiques des travaux et publications de l'Académie (1712-1875), pari, de Gères. Bordeaux, 1877. Académie Nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen. ~ Mémoires 1882* Caen, 1882. ' . Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. — Bulletins fil« année, 3e série, lome IV, n» 12. Bruxelles, 1882. Idem. S2'^ année, 3« série, tome V, n^» 1 à 6. Bruxelles, 1883, tome VI, nos 7 à 11. Bruxelles, 1883, planches. , — Annuaire. 1883, 49^ année. Bruxelles, 1883, portraits. iO CXXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Académie Ro\ale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de Belgique. — Catalogue des livres de la bibliolhèquo de l'Académie. Seconde partie. Ouvrages non pério 'iqucs. Sciences. Bruxelles, iS^S. . — Tables généiales du Recueil des bulletins de l'Acr^démie. 2*^ série, tomes XXI à L (i8G7-i880). Bruxelles. 1883. AcADEMY OF Natural SCIENCES OF Philadelphia. — Procecdings. 1881, part. 1, 2, 3. Idem. 1883, part. 1. Philadolphia, 188!-1883, planches et figures. Academy OF ^'ATURAL SCIENCES OF Saint-Louis. — Transactions. Vol. IV,' n» 2. Saint-Louis, 1882, planches et figures. AccADEMiA d'Agricoltura, Arti e Commercio di Verona. — - ftlemorie. Vol. LIX délia Série lîl, Fasc. 1, 2. Verona, 1882. Albrecht,P.— DieEpiphyscnunddieÂmpiiiomfihalie der Saugelhieivvirbelkôrper. I.Wirbel- kôrperupiphyson bei Monoiiemen. II. Die Wirbelkôrpcrepiphysen des Theiio- delphen. Vorlaufige Miitheilung. Mit II Holzschnitlen. Extrait du Zoologischer Anzeiger, 1879. IJeber den morphologiscben Werth der Sehuerven und der Relina. Vortrag gehallen in der Pliysicalisch-oconomischcn Gescllschafl zu Kônigsberg i/Pr. am S'*^^" October î.'^BO. Extrait du Sitzungsbericht der pliysikalisch-bltonomischen GeseUschaft zu Kônigsberg, 1880. — Ueber cinrn Processus odonloides des Atlas bei den urodelen Amphibif^n. — Ueber das zwischen dem Basioccipitale und dem Basipostsphenoiil liegende Eaiîioticum. Vorlaufige Mittheilung. Extraits du Centralblatt fur den medicinischen Wissenschaflen, 1878. — Ueber den Siammbaum der Nageihiere. Vortrag, gehallen in der Physicalisch- ôconomischcn Gevellschatt zu Kônigsberg i/Pr. am 4''^°Juni 1880. Ueber den Stammbaum der Raubtliicre. Vorlrag, gehalten in der Sitzung der Physicalisch-ôconomischen GeseUschaft zu Kônigsberg i/Pr. am 2'*° Mai 1879. Extrait du Sitzungsbericht der physicalisch-ôkonomischen GeseUschaft zu Kônigsberg, 1879. Beitrfig zur Tosionstheorie des Humérus imd zur morphologiscben Stellung der I aiella in der Reihe der Wirbellhiere. Mit 4 Tabellen, 37 in den Text gedruck- ten Holzschnitten und i Tafel. Medicinische Inaugural-Dissertation. Kiel, Univorsilals-Bucl.hanJlung, 187S. Beitrag zur Morphologie des M. omo-hyoides und der ventralen inneren Inter- brancbialmusculalur in d'r Rcihe der Wirbelthiere. Mit 2 Tabellen und 17 Tafeln. Pbilosopbische Inaugural-Dissertation. Kiel, Universitats-Buchhand- luDg, 1876. Nebst einem Nachtrage. Note sur un sixième costoïde cervical chez un jeune Hippopotamus amphibius, L. Avec 1 gravure cl I planche. Extrait du Bulletin du Musée royal d'Histoire naturelle de Belgique. Tome 1, 1882. Noie sur une hémivertèbre gauche surnuinéraire de Python SebîE, Dum., et sur la présence d'épiphyscs terminales sur le corps des vertèbres d'un exem- plaire de Manatus americanus, Desm. Avec 1 planche. Idem. Tome II, 1S83. — Notes sur le basioccipilal des Batraciens anoures. Avec 1 planche et 6 gravures inle.'calé 'S dans le texte. Idem. Tome II, 1833. — Mémoire sur le basiotique, un nouvel os de la base du crâne, situé entre l'occi- pital et le sphénoïde. Présenté à la Société d'Analo.nie pathologique de iJrux?ile^, Avoc 9 gravu es intercnée"! '^'ans le ti^xip. Brux^llos, Mayol -z, 1883, BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE CXXXIX Albrecht, p. — Note sur la présence d*tin rudiment de proatlas sur un exemplaire de Hal- teria punclata, Gray. Avec 1 planche et 9 gravures intercalées dans i(> texte. Extrait du Bulletin du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique. Tome II. — Sur le crâne remarquable d'une idiote de 21 ans, avec des ' bsevations sur le basiotique, le squamosal, le quadratum, le quadrato-juga!, le jugal, le post- frontal postérieur et le postfrontal antérieur d) l'homme. Communication faite à la Société d'Anthropologie de Bruxelles dans la séance du 26 février 4883. Avec 2 planches et 8 gravures intecalées dans le texte. — Sur les 4 os inteimaxillaires, le bec-de-lièvic et la valeur morphologique des dents incisives supérieures de l'homme. Communication faite à la Soc^éié d'Anthropologie de Biuxelies dans la séance du 2S oclobie 1882, Avec i planche et 5 gravures intercalées dans le texte. — Sur la valeur morphologique de l'articulation mandibulaire, du cartilage de Meckel et des osselets de l'ouïe, avec essai de prouver que l'écailIe du tem- poral des mammifères est composée primitivement d'un squamosal et d'un quadratum . Avec i gravure. Extraits des Bulletins de la Société d'Anthropologie de BruxeUes, 1883. — Sur le pelvisternum des édentés (avec des observations morphologiques sur l'appareil sternal des animaux vertébrés). Présenté à rAcadémie\-oyale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Avec 10 gravures inter- calées dans le texte. Extrait du Bulletin Ce l'Académie royale de Belgique. Tome VI. Bruxelles, 1883. ■— Épip!^yses osseuses sur les apophyses épin^'uses des vertèbres d'un reptile (Hatleria punctala,Grayj. Avec 2 gravures intercalées dans le texte. — Sur la fente maxillaire double sous-muqueuse et les 4 os intermaxillaires de l'ornithorynque adulte normal. Avec une firavuie dans le texte. — Sur le Copulse intercostoïdales et les hémisternoïdes du sacrum des mammi- fères. Avec 18 gravures intercalées dans le texte. Extraits des Bulletins de la Société Anatomo-pathologique de Bruxelles. BruxeUes, 1883. A^ONYME. — La botanique de l'avenir. Extrait de la Flore des serres et jardins de l'Europe. Vol. XXIII, 18S3. AsiATic Society OF Bengal. — Piocecding,^, 1865-1881. Calcutta, 1 8(55-1, '^.81. Idem. 1882, n°« 7-10. Calcutta, 1882. Idem. 1883, n"" 1-6. Calcutta, 1883. — Journal. New séries, part II, physical science, vol. XXXI-L, 1862-1881. Calcutta, 1862-81. Idem. Vol. LI, 1882, n"» 2-4. Calcutta, 1882. — Journal. Extra number : catalogue of reptils in the muséum of ihc society (Theobaldj. 18b8. Idem. Catalogue of Mammals and birds of Burma (E. Blyth), 1875. 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Idem. 11^ année, tome XI, 1883, livraisons 1-3. Bruxelles, 1883. Société Royale Malacologique de Belgique. ■— Annales. (3« série.) Tome XVII, 1882. Bruxelles, 1883, planches. (3 exemplaires.) — Procès-verbaux des séances. Année 1882. Bruxelles. (3 exemplaires.) Société Scientifique de Bruxelles. — Annales. Tomes I à VII, 1873-1883. Bruxelles, 1877-1883. Société Scientifique industrielle de Marseille. — Bulletin. Année 1881, 2«-i« trimestres. Marseille, 1881. Idem. Année 1882, 1" trimestre. Marseille, 1882, planches et figures. Société Vaudoise des Sciences naturelles. — Bulletin. 2« série, volume XVIII (n° 88). Lausanne, 1882, planches. Société Zoologique de France. — Bulletin. 7« année, 1882, parties 2-6. Paris, 1882 Idem. 8« année, 1883, parties 1-4. Paris, 1883, planches et figures. Tapparone Canefri, C. — Fauna malacologica délia Nuova Guinea e délie isole adiacenti ; Parte I, Molluschi estramarini. Extrait des Annali del Museo civieo. Vol. XIX (1883). Genova. Teyler's Stichting. — Archives. Série II, troisième partie. Haarlcm, 1882. Thùringischer Botanischer Verein « Irmischia w zu Sondershausen. — Correspondenz blatt. III. Jahrgang, n"^ 1-10. Sondershausen, 1883. Ubaghs, C. — Mollusques ter.estics et fluvialiles des environs de Maestricht. Extrait des Annales de la Société royale Malacologique de Belgique, Tome XVIII, 1883. United States of America. Department of Agriculture. — Annual Report of the Commis- sion of agriculture for the year 1880, Washington, 1881, planches et figures. Van den Broeck, E. — Mélanges géologiques. Fascicule I. Extrait des Bulletins de la Société royale Malacologique de Belgique, Tome XVII, 1882. — ( Vide : Rutot, A.) VAN Ertborn, 0, et Cogels, p. — Observations de MM, 0. van Ertborn et P. Cogels sur le travail de MM. E, Van den Broeck et A. Rutot relatif à leurs levés géolo- giques. Extrait des Annales de la Société royale Malacologique de Belgique, Tome XVIII, 1883. Vblge, g. — Tongrien et Wcmmelien. Extrait des Bulletins de la Société royale Malacologique de Belgique. Tome XVII, 1882* BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE CLt Velge, g, — Coupe de la bruyrre do Caslrn. Extrait des Bulletins de la Société royale Malacologique de Belgique. Tome XVII, 1882. Verein der Freunde der Naturgeschichte in Mecklenburg. — Archiv. 36. Jahr. 1882» Neubrandoiiburi:, -1883. Verein der Naturfreunde m Reichenberg. — Wittheilungcn. Vierzohntcr Jahrgang. Roichenberg, 4883, planches. Verein fur Naturkunde in Càssel. — Biriclit XXIX und XXX. Cassel, 1883. Verein fur Naturkunde in Zwickau. — Jahrcsbericht, 4882. Zwickau. 4883. Verein fur Vaterl.endische Naturkunde in Wurtemberg. — Jahreshefie. Neununddreis- sigster Jahrgang. StuUgarl, 1883, planches. VON Koenen, a. — Beitrag zur Kenntniss der Placodeimen des norddcutschon oberdevon's. Extrait des Abhandlungen der Kôniglichen Gesellschaft der "Wissenschaften zu Gôttingen. Gôttingen, 1883. — Ueber das Aller der Eisensleine bei Hohenkirchen. — Herr von Koenen an Herrn W. Dames. Nordischen Glacialbildungen bei Seesen und Gandershei:r.. Gôttingen, 4883. — Herr von Koenen an Herrn W. Daires. Ueber Anoplophora. Gôttingen, 4883. — Nachliag zu A. von Koenen. Beitrag zur K'^nnlniss dor Placodermen. Westf^lischer Provinzial-Verein fur Wissenschaft und Kunst. — Jahresbericht pro 4881. Munster, 4882. Idem. Pro 4882. Munster, 4883, planches et figures, Whitaker, w. — On things in gênerai and the red chalk of Norfolk in particular. Extrait des Proceedings of the Norwieh geological Society. Norwich, 1883. Wissenschaftlicher Club in Wien. — Monatsblatter. Jahrgang IV, n"^ 4-42. Wien, 4883. Idem. V, n^M-S. Wion, 1883. — Ausserordentliche Beilage zu den Monatsblaltern. Wien, 1883. — J3hrcs-be:ichl, 4882-1883. Wien, 1883. YoRKijHffiE Naturalist's Union. — Transactions. Pari. V, issued lo the subscsibers for the year 1880. London, 1883. Idem. Part. VI, issued to the subscribeis for the year !881. Lon.ion, 1883. Zoological Society of London, — Proceedings of ihe scienlific meetings of the Zoological Society of London for the year 4882, part. 4. London, 4883. Idem, for ihe year 1883, pari. 4-3. LonJon, 1883, planches et figures. — List of the Feilows and honorary Menibers. London, 1883. — List of the vertebrated in thegardens. Eight Edition. London, 1883, figures. ZOOLOGISCHER Anzeiger, herausgegeben von Prof J. Victor Carcs in Leipzig.— VI. Jahrgang, n" 15 i. Leipzig, 1883. Zoologisch-Mineralogischer Verein in Regensburg. — Correspondenz-Blalt. Sechsund- dreissigst.^r Jahrgang. Regensburg, 1882. III COLLECTIONS MALAC0L06IQUES i\ DONS REÇUS POUR LES COLLECTIONS MALAC0L0GIQUE8 DE LA SOCIÉTÉ PENDANT L'ANNÉE 1883 Les envois enregistrés comprennent : Coquilles terrestres et fluviatiles de la Carinthie; Don de M. le D»" F. Ressmann. Coquilles vivantes de Turquie ; Don de M. Elle Gaucher. Coquilles vivantes de diverses provenances; Don de M. Cari Jenssen, IV INSTITUTIONS CORRESPONDANTES LISTE DES ACADÉMIES, INSTITUTS, SOCIÉTÉS SAVANTES, MUSÉES, REVUES ET JOURNAUX, ETC. EN REUTION D'ÉCHANGE DE PUBLICATIONS AVEC LA SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE AU 31 DÉCEMBRE 1883 (L'astérisque indique les institutions dont des publications ont été reçues pendant l'année.] AFRIQUE. Algérie. * Alger. — Société des Sciences physiques, natarelles et clitnatologiqucs d'Alger. * BôNE. — Académie d'Hippone. Egypte. * Le Caire. — Institut égyptien. Ile de la Réunton. ' Saint-Denis. — Société des Sciences et Arts de l'île de la Réunion. Ile Maurice. Port-Louis. — Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius. AMÉRIQUE. Argentine (République). * Buenos-Ayres. — Sociedad Cientifica Argentina. CoRDOBA. — Academia nacionalde Ciencias. Drésil. Rio DE Janeiro. — Comniissao GeolOjÇica do Brazil. Id. — Museu Nacional do Rio de Janeiro. Id. — Observatoire In^périal de Rio de Janeiro. CLX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Canada. Cap-Rouge. — Le Naturaliste Canadien. Montréal. — Geological and Natural History Survey of Canada. * S'.JOHN. — Natural history Society of New-Brunswick . États-Unis. Boston, Mass. — Boston Society of Natural History. 1d. — Commonweallh of Massachusetts. * Id. — Science record. * BuFFALO, N. Y, — Buffalo Society of Natural Sciences. * Cambridge, Mass. — Muséum of Comparative Zoôlogy at Harvard Collège. " Cambridge. — Science. Chicago, III. — Academy of Sciences of Chicago. * Cincinnati, Ohio. — Natural History Society of Cincinnati. Détroit, Mich. — Geological Survey of Michigan. Frankfort, Kent. — Geological Survey of Kentucky. * Indianapolis . — Geological Survey of Indiana . Milwaukee, Wisc. — Naturhistorischer Verein von Wisçonsin in Milvvaukee. MoNTGOMERY. — Geological Survey of Alabama. New-Haven, Conn. — Connecticut Academy of Arts and Sciences. New- York, N. Y. — Lyceum of Natural History. * Philadelphia, Pens. — Academy of Natural Sciences of Philadelphia. Id. — Geological Survey of Pennsylvania . Id. — The American Naturalists' Journal. PoRTLAND, Maine. — Portland Society of Natural History. * Saint-Louis, Miss. — Academy of Natural Sciences of Saint-Louis. Id. — Geological Survey of Ihe State of Missouri. * Salem, Mass. — Essex Institute. Id. — Peabody Academy of Sciences. San Francisco, Cal. — California Academy of Natural Sciences. Id. — Geological Survey of California. Tuscaloosa, Alab. — Geological Survey of Alabama. * Washington, D. C. — Smithsonian Institution. Id. — United States of America. Department of Agriculture. Id. — United States of America. Department of the Intèrior. Geological and Geographical Survey of the Territories. Id. — United States of America. Geological Survey. Id. — United States of America. War Department. Guatemala. Guatemala. — Sociedad economica de los Amigos dcl Pais. Mexique. Mexico. — Museo Nacional de Mexico. ASIE. Inde anglaise. * Calcutta. — Asiatic Society of Bengal. Id. — Geological Survey of India. Ip, — Indian Muséum . INSTITUTIONS CORRESPONDANTES CLXI «lapon. * ToKïO. — Deutsche Gesellschaft fur Natur- und Volkerkunde Ost-Asiens. EUROPE. i%.IIemagne. AuGSBOURG. — Naturhistorischer Vorein in Augsburg. Berlin. — Kônigliche Preussische Akademie der Wissenschaften zu Berlin. Id. — Deutsche geologische Gesellschaft. Bonn. — Archiv fur Naturgeschichte. ' Brème. — Naturwissenschaftlicher Verein zu Bremen. * Breslau. — Schlesische Gesellschaft fur vaterlândische Cultur. Brunswick. — Verein fur Naturwissenschaft zu Braunschweig. * Cassel. — Verein fiir Naturkunde. * Chemnitz. — Naturwissenschaftliche Gesellschaft zu Chemnitz. " Colmar. — Société d'Histoire Naturelle de Colmar. * Dresde. — Naturwissenschaftliche Gesellschaft Isis in Dresden. Elberfeld. — Naturwissenschaftlicher Verein in Elbeifeld. * Francfort-sur-le-Mein. — Deutsche Malakozoologische Gesellschaft. * Giessen. — Oberhessische Gesellschaft fiir Natur- und Heilkunde. * GUESTROW. — Verein der Freunde der Naturgeschichte in Meklenburg. * Halle. — Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische deutsche Akademie der Naturforscher. Hambourg. — Muséum Godeffroy. Id. — Verein fiir Naturwissenschaftliche Unterhaltung. Hanau. — Wetterauische Gesellschaft fur die gesammte Naturkunde zu Hanau . * Heidelberg. — Naturhistorisch-Medizinischer Verein. "Karlsruhe. — Naturwissenschaftlicher Verein in Karlsruhe. * KiEL. — Naturwissenschaftlicher Verein fur Schleswig-Holstein. * KOnigsberg. — Kônigliche Physikalisch-OEkonomische Gesellschaft. * Leipzig. — Zoologischer Anzeiger. Metz. — Académie des Lettres, Sciences, Arts et Agriculture de Metz. * Id. — Société d'Histoire Naturelle de la MoseUe. * Munich. — Kaiserlich-Bayerische Akademie der Wissenschaften zu Miinchen. * Munster. — Westfâlischcr Provinzial-Veiein fur Wissenschaft und Kunst. Nuremberg. — Naturhistorische Gesellschaft zu Niirnberg. * Offenbâch-sur-le-Mein. — Offenbacher Verein fur Naturkunde. * Ratisbonne. — Zoologisch-mincralogischer Verein zu Regensburg. * Sondershâuskn. — Botanischer Verein « h-mischia » fiir das nôrdliche Thiiringen. * Stuttgart. — Verein fiir vaterlândische Naturkunde in Wurttemberg. * WiESBADE. — Nassauischer Verein fiir Naturkunde. * ZwiCKAU. — Verein fiir Naturkunde. Angleterre. * Belfast. — Natural History and Philosophical Society. * Croydon . — Croydon Microscopical and Natural History Club . * Glasgow. — Natural History Society of Glasgow. * Leeds. — The quarterly Journal of Gonchology. Id, — Yorkshire Naturalists' Union. * Londres. — Geological Society of London. Id. — Lirinean Society of London. Id. — Royal Microscopical Society. CLXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE * Londres. — Royal Society of London. Id. — Zoological Society of London. Manchester. — Manchester Geologicai Society. Newcastle-upon-Tyne. — Natural Hislory Society of Northumberland and Durham. NoRWicH. — Norfolk and Noiwich Naturalists' Society. Id. — Norvvich Geologicai Society. " Penzance. — Royal Geologicai Society of Cornwall, Autriche-Hongrie. * Agram. — Jugoslavenska Akademija Znanosti i Uinjetnosti. * BiSTRiTZ. — Gewerbeschule. * Brunn. — Nalurforschender Verein in Briinn. Budapest. — Kirâlyi Magyar Természettudomanyi Târsulat. Id. — Magyar Kirâlyi Fôldtani intezet igazgalôsûga. Id. — Magyar Nemzeti Muséum. Id. — Magyarhoni Foldtani Târsulat. * Gratz. — Naturwissenschaftlicher Verein fiir Steiermark. Hermannstadt. — Siebenburgischer Verein fiir Naturwissenschaften. Klagenfurt. — Naturhistorisches Landes Muséum von Kârnthen. * LiNZ. — Muséum Francisco-Carolinum. * Refchenberg. — Verein der Naturfreunde in Reichenberg. Trieste. — Società Adriatica di Scienze Naturali. * Vienne. — Kaiserliche Akademie der Wissenschaften. * Id. — Kaiserlich-Kônigliche Geologische Reichsanstalt. * Id. — Kaiserliche-Kônigliche Zoologisch-Botanische Gesellschaft in Wien. Id. — Verein zur Verbreitung Naturwissenschaftlicher Kenntnisse in Wien. Id, — Wissenschaftlicher Club. Oelgique. Ari.on. — Institut Archéologique du Luxembourg. * Bruxelles. — Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de Belgique. Id. — Athen;eum belge. Journal universel de la Littérature, des Sciences et des Arts. Id. — Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles. Id. — Ligue de l'Enseignement. Id. — Moniteur Industriel. Id. — Musée royal d'Histoire naturelle de Belgique. Id. — Observatoii'e Royal. Id. — Société royale belge de Géographie. Id. — Société belge de Microscopic. Id. — Société centrale d'Agriculture de Belgique. Id. — Société Entomologiquc de Belgique. Id. — Société royale de Botanique de Belgique. Id. — Société royale de Pharmacie. * Id. — Société royale des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles. Id. — Société royale Linnéennc de Bruxelles. Id. — Service de la Carte géologique de la Belgique. Id. — Société scientifique de Bruxelles. Id. — Université libre de Bruxelles. INSTITUTIONS CORRESPONDANTES CLXIII Charleroi. — Société Paléontologique et Archéologique de l'arrondissement judiciaire de Charleroi. 'Dînant. — Société des Naturalistes dinantais. *Gand. — Natuurwetenschappelijk Genootschap van Cent. * Hasselt. — Société chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt. Liège. — Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. Id. — Société Géologique de Belgique. Id. — Société libre d'Émulation de Liège. Id. — Société Médico-chirurgicale de Liège. Id. — Société royale des Sciences de Liège. MoNS. — Société des Sciences, des Lettres et des Arts du Hainaut. Namur. — Société Archéologique de Namur. TONGRES. — Société scientifique et littéraire du Limbourg. Oanetnark. " Copenhague. — Naturhistorisk Forcning i Kjôbenhavn. ISspagne. * Madrid. — Comision del Mapa geolôgico de Espafîa. Id. — Sociedad Espaîiola de Historia Natural. France. 'Abbeville. — Société d'Émulation d'Abbeville. * Amiens. — Société Linnéenne du Nord de la France. * Angers. — Société d'Études scientifiques d'Angers. Id. — Académie des Sciences et Belles-Lettres d'Angers. * Auxerre. — Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne. Bayonne. — Société des Sciences et Arts de Bayonne. Besançon. — • Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon. * Bordeaux. — Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts. Id. — Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. Id. — Société Linnéenne de Bordeaux. * Boulogne. — Société Académique de l'arrondissement de Boulogne. * Caen. — Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres - Id. — Société Linnéenne de Normandie. * Chalons-sur-Marne. — Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne. * Cherbourg. — Société nationale des Sciences naturelles de Cherbourg. * Dax. — Société de Borda. * Dijon. — Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. * Draguignan. — Société d'Agriculture, de Commerce et d'Industrie du département du Var. * La Rochelle. — Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle. * Lille. — Bulletin Scientifique, Historique et Littéraire du département du Nord et des pays voisins. Id. — Société des Sciences, des Arts et de l'Agriculture de Lille. Id. — Société Géologique du Nord. Lyon. — Association Lyonnaise des Amis des Sciences. * Id. — Société d'Agriculture, Histoire naturelle et Arts utiles de Lyon. CLXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE * LVON. — Société Botanique de Lyon. * Id. — Société Linnéenne de Lyon. " Mâcon. — Académie de Mâcon. Société des Sciences, Arts, Belles-Lettres et d'Agriculture. ' Marseille. — Société Scientifique Industrielle. Montpellier. — Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault. Nancy. — Académie de Stanislas. ^ " Nîmes. — Société d'Étude des Sciences naturelles de Nîmes. ' Orléans. — Société d'Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts d'Orléans. * Paris. — Feuille des Jeunes Naturalistes. Id. — Institut de France. Académie des sciences. Id. — Journal de Conchyliologie. Id. — Société d'Études scientifiques de Paris. * Id. — Société Géologique de France. Id. — Société Zoologique de France. * Perpignan. — Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. * Rouen. — Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. * Saint-Brieuc. — Société d'Émulation des côtes du Nord. Semur. — Société des Sciences historiques et naturelles de Semur. 'SoissoNS. — Société Archéologique, Historique et Scientifique. Toulon. — Société Académique du Var. "Toulouse. — Société Académique Franoo-Hispano-Portugaise. * Tours. — Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département d'Indre- et-Loire. Verdun. — Société Philomatique de Verdun. Italie. * Brescia. — Ateneo di Brescia. Catane. — Accademia Gioenia di Scienze Naturali in Catania. * Florence. — Società Entomologica Italiana. * GÊNES. — Società di Letture e Conversazioni scientifiche. Id. — Museo Civico di Storia Naturale. * Milan. — Società Italiana di Scienze Naturali. * Modène. — Società dei Naturalisti in Modena. Naples. — Zoologische Station. Id. — Società di Scienze fisiche e naturale di Napoli. * Padoue. — Società Veneto-Trentina di Scienze naturali. Palerme. — Accademia Palermitana di Scienze, Lettere ed Arti. Id. — Il Naturalista Siciliano. Id. — Società di Acclimazione e di Agricoltura in Sicilia. * PiSE. — Società Malacologica Italiana. * Id. — Società Toscana di Scienze Naturali. * Rome. — Reale Accademia dei Lincei. Id. — Reale Comitato Geologico Italiano. Sienne. — Reale Accademia dei Fisiocritici di Siena. Id. — Società Geologica Italiana. * Turin. — Reale Accademia délie Scienze di Torino. * Venise. — Reale Istituto Veneto di Scienze, Lettere cd Arti. * Vérone. — Accademia d' Agricoltura, Arti e Commercio di Verona. Liuxembourg. Luxembourg, — Institut Royal Grand-Ducal de Luxembourg. INSTITUTIONS CORRESPONDANTES CLXV IVéerlande. ' Amsterdam. — Koninklijke Akademie van Wetenschappen U Amsterdam. Id. — Koninklijk Zoologisch Genootschap Natura Artis Magistra. Groningue. — Academia Groningana. Id. — Natuurkundig Genootschap te Groningen. Harlem. — Hollandsche Maatschappij dcr Wetenschappen te Haarlem. Id. — Teyler's Stichling. Leide. — Academia Lugduno-Batava. Id. — Nederlandschc Dierkimdige Vereeniging. IVopvège. * Christiania. — Den Norske Nordhavs-Expedition 1876-1878. Id. — Kongelig Norsk Fredcricks-Universitet. Id. ~ Videnskabs Selskab i Christiania. ' Drontheim. — Kongelig Norsk Videnskabs Selskab i Throndhjem. Portugal. Lisbonne. — Commissao Geologica do Portugal. ' Porto. — Sociedade de Instrucçâo do Porto. Russie. * Dorpat. — Dorpater Naturforscher Gesellschaft. * Ekatherinenbourg. — Société Ouralienne d'amateurs des sciences naturelles. * Helsingfors. — Finska Vetenskaps Societetcn. Id. — Societas pro Fauna et Flora Fennica. * MiTAU. — Kurlândische Gesellschaft fiir Literatur und Kunst. Moscou. — Société impériale des Artiis des Sciences naturelles, d'Anthropologie et d'Ethnographie. * Id. — Société impériale des Naturalistes de Moscou. * Riga. — Naturforschender Verein zu Riga. * Saint-Pétersbourg. — Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg. Id. — Comité géologique russe. Id. — Kaiserlisch-Russische mineralogische Gesellschaft. Suède. ' Gothembourg. — Kongliga Vetenskaps och Vitterhets Samhâllet i Gôteborg. Lund. — Kongliga Fysiografiska Sâllskapet i Lund. Id. — Universitas Carolina Lundensis, Stockholm. — Konglig Swensk Vetenskaps Akademie. * Upsal. — Kongliga Vetenskaps Societeten, Suisse. ÂARAU. — Argauische Naturforschende Gesellschaft zu Aarau» Bale. — Naturforschende Gesellschaft zu Basel. * Berne. — Naturforschende Gesellschaft in Bern. * CoiRE. — Naturforschende Gesellschaft Graubiinden's zu Chur, CLXVl SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE ' Genève. — Institut national Genevois. * Lausanne. — Société Vaudoise des Sciences naturelles. * Neuchatel. — Société des Sciences naturelles de Neuchâtel. * Saint-Gall. — S'-Gallische Nalurwissenschaftliche Gesellschaft. ScHAFFHOUSE. — Schwcizerischc Entomologische Gesellschaft. * Schweizerische Naturforschende Gesellschaft. OCÉANIE. IVouvelle-GalIes du Sud« * Sydney. — Auslralian Muséum of Sydney. Id. — Department of Mines. * Id. — Linnean Society of New South Wales. Id. — Royal Society of New South Wales. IVouvelle-Zélande. AuKLAND. — New Zealand Institute. " Wellington. — Colonial Muséum and Geological Survey Department. T'asmanie, " HOBART-TOWN. — Royal Society of Tasmania. Souscripteurs aux annales de la Société. Bruxelles. — Département de l'intérieur. Id. — Département de l'instruction publique. Ensefgnement primaire. Id. — Id. id. id. Enseignement moyen. Id. — Commission belge des échanges internationaux, Id. — Institut cartographique militaire. Id. — Librairie Manceaux. GôTTiNGUE . — Université Royale de Gottingue. Londres. — British Muséum. ^=— — ■s-s.S^^g:,.^^ V LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ TABLEAU INDICATIF DES PRÉSIDENTS DE LA SOCIÉTÉ DEPUIS SA FONDATION (L'astérisque indique les Présidents décédés.) 1863-1865. MM.* H. LAMBOTTE. 1865-1867. H. ADAN. 1867-1869. * le comte M. DE ROBIANO. 1869-1871. *J. COLBEAU. 1871-1873. *H. NYST. 1873-1875. G. DEWALQUE. 1875-1877. J. CROCQ. 1877-1879. A. BRIART. 1879-1881. J. CROCQ 1881-1882. F. ROFFIAEN. 1882-1884. J. CROCQ. 12 LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE AU 31 DÉCEMBRE 1888 (Le nom des membres fondateurs est précédé d'un astérisque.) Membres honoraires. 4877. Bellardi, professeur Luigi. — Turin (Italie). 1880. Crosse, Hippolyte, directeur du journaJ de Conchyliologie. - Rue Tronchet 25 Paris. ' ' 1875. Davidson, Thomas, membre de la Société Royale et de la Société Géoloî^ique de Londres, etc. - Salisbury Road, 9, Brighton. W. (Angleterre). [MMusams Brachiopodes.) 1880. Fischer, D^ Paul, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle. - Rue Cuvier, 57, Paris. (Conchyliologie.) (1863)-1881. *FoLOGNE, Égide, architecte, trésorier de la Société Entomologique de Belgique. — Rue de Namur, 12, Bruxelles. 1863. FuNCK, N., directeur du Jardin Zoologique de Cologne, membre de diverses Sociétés savantes. — Cologne (Allemagne). 1870. Hammelrath, D^ Gustave, ancien directeur du Jardin Zoologique de Bruxelles. — Paris. 1878. Hayden, F.-V., géologue des États-Unis — Washington D. C. 1876. Jeffreys, Gwyn, membre de la Société Royale de Londres, etc. — The Terrace, 1, Kensington, Londres. (1867)-1881. Miller, Henry, J., membre de la Société belge de Microscopie et de la Société royale de Botanique deBelgique. — Place de l'Industrie, 39, Bruxelles, {Observations microscopiques ; Foraminifères vivants et fossiles.) CLXXU SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 1878 . Selwyn, Alfred, R.-C, directeur de la Commission géologique du Canada. — Saint- Gabriel Street, 76, Montréal (Canada). 1864)-1872. Senoner, D"- Adolf, membre de diverses Académies et Sociétés savantes. — Landstrassc, Kieglergasse, 14, Vienne (Autriche). 1867. SowERBY, G.-B. — Great Russell Street, 45, Bloomsbury, Londres. (1867)-1870. Staes, Célestin, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Louvain. 1881. WooDWARD, Df Henry, conservateur de la section de géologie du Briiish Muséum, membre de la Société Royale. — Cromwell Road, South Kensington, S. W. Londres. Membres correspondants. 1867. BiELZ, E.-Alb., inspecteur royal de l'enseignement, membre de diverses Sociétés savantes. — Hermannstadt, Transylvanie (Autriche). 1867. Brusina, Spiridione, conservateur du Musée national de zoologie, professeur à l'Université d'Agram, membre de diverses Sociétés savantes. — Agram, Croatie (Autriche). 1864. Canofari de Santa Vittoria, comte J. — Sora, Terra di Lavoro (Italie). 1864. Charlier, Alexandre, capitaine au long cours dans la marine belge.— Place Saint- Joseph, 15, Ostende. 1868. Chevrand, Antonio, D^ en médecine, etc. — Cantagallo (Brésil). 1864. D'Ancona, Cesare, D'' en sciences, aide-naturaliste au Musée royal d'histoire natu- relle, etc. — Florence (Italie). 1866. Dubrueil, E., membre de diverses Sociétés savantes. — Rue du Carré du Roi, 1, Montpellier, Hérault (France). 1869. Erjavec, Francesco, professeur d'Histoire naturelle à l'École supérieure. — Gorz (Autriche). 1878. FoRESTi, D'- LoDOYico. — Hors la Porta Saragozza, n» 140-141, Bologne (Italie). 1876. Gaucher, Élie. — Rue Belliard, 123, Bruxelles. (1868)-1880. Gentiluomo, D^ Cammillo, conservateur du Musée royal d'histoire naturelle. — Via S. Francesco, 23, Pise (Italie). 1867. GOBANZ, \)' JosEF, professeur d'Histoire naturelle à l'École supérieure. — Klagenfurt, Carinthie (Autriche). 1872. Heynemann, D. -F., membre de la Société Malacozoologique allemande, etc. — Schifferstrasse, 53, Sachsenhausen, près de Francfort-sur-le-Mein (Allemagne). 1868. Hidalgo, D^ J. Gonzalez. — Huertas, 7 Duplicado, 2o derecha, Madrid (Espagne). 1874. Issel, D"" Arturo, professeur. — Gênes (Italie). 1865. Jajirach, Ch., naturaliste. — S»-George Street, 180, East, Londres. 1873-(1882). Jones, T. Rupert, professeur k l'Université, membre de la Société Royale.— 10, Uverdale Road, King's Road, Chelsea, Londres, S. W. LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CLXXIIl 1872. KoBELT, D'' W., membre de la Société Malacozoologique allemande, etc. — Schwan- heim-sur-le-Mein (Allemagne). 4864. Lallemam, Charles, pharmacien, membre de diverses Sociétés savantes. — L'Arba, près d'Alger (Algérie). 1872. Lancia di Brolo, duc Frederico, membre de l'Académie royale des Sciences de Palerme, etc. — Palerme (Sicile). 1866. Manfredgnia, commandeur Giuseppe, D"" en médecine, professeur, membre de diverses Académies et Sociétés savantes. — Via Sapienza, 51, Naples (Italie). 1872. Matthew, g. -F., membre de diverses Sociétés savantes. — Lcustones, dcpart- ment S'-John, Nouveau-Brunswick (Canada). 1866. MoRiÈRE, J., doyen de la faculté des sciences, membre de diverses Sociétés savantes. — Rue de Bayeux, 40, Caen, Calvados (France). 1869, Paullxci, M"»* la marquise Marianna. — Villa Novoli, Florence (Italie). {Coquilles vivantes.) 1882. Renard, D' Charles, conseiller privé, vice-président de la Société impériale des Naturalistes de Moscou. — Miloutinskoï Péréoulok, maison Askarkhanoff, Moscou (Russie). 1876. Ressmann, D' Fr. — Malborgeth (Auiriche). 1868. Rodriguez, Juan, directeur du Musée d'histoire naturelle. ~ Guatemala. 1867. Rothe, Tyge, directeur du Jardin royal de Rosenborg. — Copenhague (Danemark). 1867. ScHMiDT, D'' Oscar, professeur à l'Université do Strasbourg. — Strasbourg, Alsace (Allemagne). 1868. Sciuto-Patti, Carmelo, ingénieur, membre de l'Académie des Sciences naturelles de Catane et de diverses Sociétés savantes. — Cataue (Sicile). 1864. Stossich, Adolf, professeur, membre de diverses Sociétés savantes. — Trieste, Islrie (Autriche). 1878. Tapparone-Canefri, chevalier Cesare. — Via Sant'Ugo, 8 (interne 4) Gênes (Italie). 1882. Von Koenen, D' Adolphe, prof-sseur à l'Université royale de Gôttinge. — Gôitinge (Allemagne) . 1872. Westerlund, D' Carl, Agardh. — Ronneby (Suède). 1865. Westerman, G.-F., directeur du Jardin zoologique d'Amsterdam, membre de diverses Sociétés savantes. — Amsterdam (Néerlande). 1867. Wiechmann, D'- C.-M., membre de diverses Sociétés savantes. — Kadow, près de Goldberg, Mecklembourg (Allemagne). 1873. Winkler, T.-C, D'- en sciences naturelles, conservateur au Musée Teyler, membre de diverses Sociétés savantes. — Harlem (Néerlande). Mcnibre effectif à vie. 1872. BuBics, S.-G.-O., chambellan de Sa Sainteté, etc. — Palais des princes Esterhazy, Wallnerstrasse, 4, Vienne (Autriche). CLXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Membres efTectifs. 1883. Albrecut, D' Paul. — Rue d'Isabelle, 38, Bruxelles. 1882. Ballion, Jean, membre de la Société Géologique de Belgique. — Place de la Calandre, 8-9, Gand. (Collection de mollusques vivants et fossiles.) 4872. Balston, William-Ed., membre de la Société Géologique de Londres, etc. — Bearsted House, Maidslone, Kent (Angleterre). (Fossiles crétacés.) 4874. Barrois, Charles, licencié en sciences naturelles, préparateur de géologie à la Faculté des sciences. — Rue Rousselle, il, faubourg Saint -Maurice, Lille (France). (Spongiaires.) 1870. Bauwens, L.-M., receveur des contributions, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue Ganshoren, 15, Koekelberg-Bruxelles. 1880. BA'i'ET, Ernest, étudiant en droit. — Rue Joseph II, K8, Bruxelles. 1879. Beine, Victor, adjoint à la station de Karéma (cote orientale d'Afrique). 1879. Bell, A. — Grafton Street, 5, Fitzroy Square, Londres. 1872. Berchem, François, ingénieur principal des mines. — Rue Pépin, 32, Namur. 1873. Bouyet, Alfred, colonel du corps d'état-major. — Rue du Méridien, 100, Saint-Josse- ten-Noode-BruxellPS . 1864. Briart, Alphonse, ingénieur en chef des charbonnages de Marieront et Bascoup, membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique. — Morlanwelz, Hainaut. 1872. Bricourt, C, avocat. — Avenue Louise, 182, Bruxelles. 1877. Brot, D'' Aug. — Malagnon, 6, Genève. 1882. Bûlter, Charles. — Rue d'Assaut, 20, Bruxelles. 1879. Carez, L.-L.-H., membre de la Société Géologique de France. — Avenue Hoche, 36, Paris. 1863. * Charlier, Eugène, D»' en médecine, etc., membre de diverses Sociétés savantes. — Rue Faubourg-Saint-Gillcs, 19, Liège. 1880. Cluysenaar, D'' Gusta'^^, professeur de Sciences naturelles à l'École normale de Huy . — Huy (Statte). 1863. * Cocheteux, Charles, général major en retraite. — Rue Fabry, 25, Liège et Embourg-lez-Chênée. 1870. Cogels, Paul, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Château de Boecken- berg, Deurne, près Anvers. (Géologie et paléontologie des environs d'Anvers.) 1873. Colbeau, Emile, membre de la Société royale Linnéenne de Bruxelles. — Chaussée deLouvain, 301, Saint-Josse-ten-Noode-Bruxelles. 1864. Cornet, François-Léopold, ingénieur, directeur de la Société anonyme des phos- phatos de Mesvin-Ciply, membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique. — Boulevard Dolez, 28, Mons. (Fossiles crétacés.) 1874. Cornet, J.-F., membre de la Société belge de Microscopie. — Chaussée de Wavre, 259, Ixelles-Bruxelles. 1874. Cotteau, Gustave, juge honoraire, membre de la Société Géologique de France, etc. — Auxcrre, département de l'Yonne (France). (Échinodermes.) 1869. Craa'en, Alfred-E., membre de diverses Sociétés savantes. — S' George 's Road, 65, S.W., Londres. 1876. Crépin, François, directeur du Jardin botanique de l'État, membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique, secrétaire de la Société royale de Botanique. — Rue de l'Esplanade, 8, Ixelles-Bruxelles. 1873. Crocq, D^ Jean, sénateur, professeur à l'Université libre de Bruxelles, membre de l'Académie royale de médecine de Belgique, etc. — Rue Royale, 110, Bruxelles. LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CLXXV 1879. Da Silva BffiEiRO, D'Abel. — Aldeia Gallega, près de Lisbonne (Portugal). 1866. Dautzenberg, Philippe. - Rue de l'Université, 213, Paris. {Coquilles marines d'Europe.) 1873. Davreux, Paul, ingénieur, inspecteur adjoint de l'enseignement professionnel, secré- taire de la commission du Musée royal de l'industrie. — Rue Lefrancq, 14 Schaerbeek-Bruxelles. 1871. De Bullemont, Emmanuel, membre de plusieurs Sociétés savantes. —Rue d'Orléans, 32, Ixelles-Bruxelles. 1874. Deby, Julien, ingénieur, membre de diverses Sociétés savantes. — HoUand Road, 75, Kensington, Londres. {Observations miavscopiques .) 1880. De Cort, Hugo, étudiant. — Rue de l'Arbre-Bénit, 79, Ixelles-Bruxelles. 187'i. De Cossigny, J. Charpentier, ingénieur, membre de la Société Géologique de France, etc. — Courcelle, près Saint-Parres-les-Vaudes, département de l'Aube (France). 1880. De Dorlodot, l'abbé Henry. — Au château de Floreffe. 1883. DE Gregorio, marquis Antonio, docteur en sciences naturelles. — Palerme. 1874 De Guerne, Jules, licencié es sciences, membre de la commission d'histoire naturelle du Musée de Douai. - Rue Solferino, 181, Lille, département du ^'ord (France). {Nudibranches .) 1876 Dejaer, Ernest, ingénieur au corps des mines. - Rue de la Chaussée, 22, Mons. 1869. De JONGHE, vicomte Baudouin. - Rue du Trône, 60, Quartier-Léopold, Bruxelles. 1875. Delacre, Ambroise, pharmacien. — Montagne de la Cour, 80, Bruxelles. 1879. De Ladrière, Prudent. — Rue Belliard, 126, Bruxelles. 1874. De la Fontaine, Jules, conservateur des collections de l'Université, membre de plu- sieurs Sociétés savantes. — Gand. 1880. De Limburg-Stirum, comte Adolphe, étudiant. - Rue du Lux-^mbourg, 30, BruxeUes, et Château de Lumay, près Hougaerde. 1883. De Loë, baron Alfred. - Château de Beugnics, Harmignies, près Mons, et boulevard de Waterloo, 64, Bruxelles. 1871 De Looz-Corswarem, comte Georges, membre de plusieurs Sociétés savantes. -- Château d'Avin, par .Avenues, province de Liège, et Boulevard de Waterloo, 6*, Bruxelles. 1880. Delvaux, Emile, capitaine de cavalerie.- Avenue Brugmann, 456, à Uccle-lez- Bruxelles. {Géologie tertiaire.) 1872. Denis, Hector, avocat, professeur à l'Université libre de Bruxelles. - Rue de la Croix, 42, Ixelles-Bruxelles. 1863 *De Selys-Longchamps, baron Edmond, président du Sénat, membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique etc. - Quai de la Sauvenière, 34, Liège, et Château de Longchamps, près de Waremme. 1871 Desguin, Pierre, ingénieur. — Rue des Croisades, 32, Bruxelles. 1880. Determe, Stanislas, étudiant. - Chaussée de Wavre, 19, Ixelles-Bruxelles. 1882 Devos, André, conservateur du Musée scolaire de l'État.-Rue du Nord, 46, BruxeUes. 1863. *Dewalque, D'- Gustave, professeur à FUniversité de Liège, membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique, etc. — Rue de la Paix, 17, Liège. 1872. Dollfus, Gustave, membre de la Société Géologique de France.etc. -Rue de Cha- brol, 45, Paris. CLXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 4880. DOLLO Lons, aide-naluralistc au Kuséc royal d'histoire naturelle- Rue delà Tou- relie, 44, Elterbeek-Bruxclles. 1882. Dupont, Victor, industriel. - Rue de Saint-Sauveur, à Renaix. l«bi. Eben, Guillaume, instituteur. — Délie, près de Vellhem i876. EcK, André pharmacien, membre de plusieurs Sociétés savantes. - Rue du Bourg-libourg, 4, Paris. 4882. Fastbender, Robert, professeur à l'École supérieure de Maastricht. - Maastricht (Limbourg néerlandais). Maastricht '1872. Flemlng, S.-R. - Boulevard du Régent, i5, Bruxelles 4865. Fo.TAiNE, César, membre de plusieurs Sociétés savantes. ~ Papignies Hainaut 4879 FORIR HE>R, ingénieur des mines, répéliteur de minéralogie et de"! rÉcole des mmes, conservateur des collections de minéralogie et de géologie de l'Uni- versité. ~ Rue Haut-Laveu, 75, Liège. « "Cium 4874. Frirens abbé A., professeur au petit Séminaire,membredediversesSociétés savantes. z7w"' ' ''™" ^^'''""'S-'^- (^---^^ *' li^s et de l'oolUe 4881. Garbner, JOHN Starkie, membre de la Société géologique de Londres. - Park ^ «7A r r^ ^^'^" ' ^''^ ^''^^ ^^"^'■^^- (Paléontologie végétale.) 4 874. GiARD, Alfred, professeur de zoologie à la Faculté des Sciences, etc. --Lille (France) 4874. GossELET, Jules, professeur de géologie à la Faculté des Sciences, membre de diverses Sociétés savantes. - Rue d'Antin, d8, Lille (France). 4880. Hausler, D^ Rudolf, membre de la Société Géologique de Londres. - Brugg canton d'Argovie (Suisse). ^^' 4872. «^^^^;^^A™'>i^e, capitaine adjudant-major. - Rue de Livourne, 42, Saint-Gilles- 4880. Hennequin, Emile, major du corps d'état-major, directeur de l'Institut cartogra- phique militaire. - La Cambre, Ixelles-Bruxelles 4873. HouzEAU DE Lehaie, Auguste, membre de la Chambre des représentants, de la Société des Sciences du Hainaut, etc. - Hyon, près de Mons. 4883. Janson, Paul, avocat, membre de la Chambre des représentants. - Place du Petit- Sablon, 18, Bruxelles. 4879. JOLY, A professeur à l'Université libre de Bruxelles. -Rue du Parnasse, 38 Ixelles-Bruxelles. ' 4875. JoRissENNE, D^ Gustave, membre de la Société Géologique de Belgique, etc. - Boulevard de la Sauvenière, 130, Liège. 4873. Lambotte EUE, étudiant en médecine. - Rue GiUon. 2, Schaerbeek. Bruxelles (Mollusques vivants et fossiles de Belgique ) 4867. Lanszweert, EDOUARD, pharmacien. -Rue de la Chapelle, 85, Ostende. IMollus. ques marins de Belgique). t- > » ^^. ^ivioaus 18B6. Le Comte, Théophile, membre de diverses Sociétés savantes. - Lessines (Mol- lusqucs d'Europe.) ^ 1872. LEFÈVRE, Théodore, membre de diverses Sociétés savantes. - Rue du Pont-Neuf, 10 Bruxelles. {Paléontologie tertiaire.) i'«tiui,iu, 1879. LiÉNARD, Valère. - Rempart de la Byloke, 284, Gand. 1871. Malaise, Constantin, D^ en sciences, professeur à l'Institut agricole de l'État m!tX 7 ''ff 7'^' '" '"'^"^^^ '' ^''^'^^'' '''- - Gembloux {leuam silurien et fossiles qu'il renferme.) LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CLXXVII 1882. Mallien, Célestin, instituteur à l'École primaire supérieure de l'État. ■— Rue de l'Ètuve, 71, Bruxelles. 1873. Mazé, h., ordonnateur de la Guadeloupe. — Basse-Terre (Guadeloupe). ■1875. MiCHELET, Gustave, ingénieur, membre de la Société belge de Microscopie. — Rue de Pascale, 6, Quartier-Léopold-Bruxelles. 1882. MoENS, Jean, avocat. — Lede, près Alost. 1879. MoNTHiERS, Maurice, ingénieur des mines, membre de la Société Géologique de France. — Iluc d'Amsterdam, 70, Paris. 1877. Mors, Emile, étudiant. —• Rue Solferino, 4, Paris. 1872. Ortlieb, J., chimiste, membre de diverses Sociétés savantes. — Croix-lez-Roubaix, département du Nord (France). {Géologie générale du bassin tertiaire anglo- flamand.) 1880. Pelseneer, Paul, docteur en sciences naturelles. — Rue du Gentilhomme, 17, Bruxelles. 1882. Pergens, Ed. — Rue de la Station, 93, Louvain. {Mollusques teirestres et fluviatiles de la Belgique. Fossiles maastrichtiens .) 1881. PiGNEUR, Léopold, candidat en sciences naturelles. — Rue Vonck, 58, Schaerbeek- Bruxelles. 1870. Pire, Louis, professeur honoraire de l'Athénée royal de Bruxelles, membre de diverses Sociétés savantes. — Rue de Keyenveld, 111, Ixelles-Bruxelles. 1879. Piret, Adolphe, Comptoir belge de Minéralogie et de Paléontologie. — Quai de l'Arsenal , Tournai. 1873. Potier, Alfred, ingénieur des mines, membre de la Société géologique de France, — Rue de Boulogne, 1, Paris. 1881. Prevot, D'' Honoré, Albert, médecin de l'Hôtel-Dieu. — • Alençon, département de l'Orme (France). 1870. PuRVEs, J.-C, attaché au Musée royal d'histoire naturelle. — Chaussée de Charle- roi, 191, Saint-Gilles-Bruxelles. 1882. Raeymaekers, Désiré, étudiant en médecine. — Rue de la Station, 164, Louvaiu. {Coquilles marines, terrestres et fluviatiles; fossiles tertiaires.) 1883. Raeymackers, Louis. — Rue Royale-Sainte-Marie, 17, Schaerbeek -Bruxelles. 1883, Renson, Charles, pharmacien. — Rue de Tirlemont, 52, Louvain. 1880. ROBiE, François, instituteur. — Au Chant des Grenouilles, Forest-lez-Bruxelles . 1863, *RoFFiAEN, François, artiste peintre, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue Godecharle, 16, Ixelles-Bruxelles. {Collection des espèces terrestres, principale- ment du genre Hélix.) 1880. RoFFiAEN, Hector, sous-lieutenant du génie. — Avenue Isabelle, 10, Anvers. 1881. RoMBAUT, Eugène, inspecteur de l'industrie et de l'enseignement professionnel. — Rue Guimard, 7, Quartier-Léopold-Bruxelles. 1883. Roussel, Armand, architecte, — Rue des Sablons, 4, I^ruxelles. 1879. RucQUOY, Alfred. — Rue du Pont-Neuf, 28, Bruxelles. 1872. RuTOT, Aimé, ingénieur honoraire des mines, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, membre de la Société géologique de Belgique. — Rue du Chemin de fer, 31, Saint-Josse-ten-Noode-Bruxelles. 1882. Sacré, J., étudiant. — Rue Notre-Dame, 10, Louvain, 1879. Saintenoy, Paul. — Rue des Palais, 63, Schaerbeck-Bruxelles. CLXXVIII SOCIETE ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 1874. ScHEPMAN, M. -M., naturaliste. — Rhoon, près de Rotterdam (Néerlande). ■1H81. Smith, George. — Londres. 4880. Shrubsole, W.-H., membre de la Société Géologique de LonJ.es. — High Street, 62, Slieerness-on-Sea, comté de Kent (Angleterre). 4880. Steel, Thomas. — Condong Sugar mill. Tweed River (Nouvelle-Galles du Sud). 4879. Stevens, J.-D. — Boulevard de Waterloo, 99, BiUxelLs. {Fossiles tertiaires de Belgique.) 4878. Stevens, Jean, ingénieur. — Rue Médori, 98, Laeken, près Bruxelles. 4878. TiBERi, D' NicOLO. — Résina, près de Naples. (Mollusques vivants.) 4879. TiLLiER, Achille, architecte. — Pâturages. '872. Ubâghs, Casimir, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue des Blanchisseurs, Maastricht (Liiiibourg néerlandais). 4869. Van den Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, membre de plusieurs Sociétés savantes. — Rue de Terre-Neuve, 424, Bruxelles. {Fora- minifères. Distribution géographique des Mollusques. Collection spéciale des Mollusques belges.) 4882. Vandendaele, Henri. — Rue des Prêtres, 136, Renaix. (Fossiles tertiaires.) 4873. Van Ertbohn, baron Octave. — Château de Solhof, Aertselaer, et rue des Lits, 44, Anvers. (Géologie tertiaire.) 4880. Van Mossevelde, Jules, industriel. — Differdange (grand-duché de Luxembourg). 4880. Velge, Gustave, ingénieur civil. — Lennicii-Saint-Quenlin. (Géologie tertiaire.) 4869. Vincent, Gérard, contrôleur des recherches paléontologiques du Musée royal d'his- toire naturelle. — Chaussée d'Auderghem, 97, Etterbeek-Bruxelles. (Fossiles des terrains éocènes de Belgique.) 4873. Weinmann, Rodolphe, chimiste, membre de la Société Entomologique de Bel- gique, etc. — Rue Berkmans, 36, Saint-Gilles-Bruxclles. 4876. Weissenbruch, Paul, imprimeur du Roi. — Rue du Poinçon, 45, Bruxelles. 4863. "Weyers, Joseph -Léopold, membre de diverses Socfétés savantes. — Rue du Grand-Hospice, 29, Bruxelles. 4882. Woot de Trixhe, Jos., pharmacien. — Namur. 4874. Wright, Bryce, membre de la Société royale d'Histoire de Londres. — Hesket House, Guildfort Street, Russell Square, Londres. 4879. YsEUX, Emile, D"" en-médecine, recteur de l'Université libre de Bruxelles. — Avenue du Midi, 97, Bruxelles. TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME XVIII, 1883 DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE Annales de la Société Royale Malacologique de Belgique, tome XVIII, 1883. . i Assemblée £î(^nérale annuelle du l*' juillet 1883 XCV Bulletin bibliographique CXXXV Bulletins de la Sociélé Royale Malacologique de Belgique, tome XVIII, 1883 . I Collections malacologiques CLIII Compte-rendu de l'excursion annuelle faite aux environs de Louvain, les 5 et 6 août 1883. par D. Raeymaekers et 0. van Ertborn . . .... 22 Description d'une nouvelle Huître wemmclienne suivie d'un coup d'oeil sur la constitution géologique de la colline Saint-Pierre et sur les alluvions qui forment le substratum de la ville de Gand, par É. Delvaux (pi. I et II) . . i Institutions correspondantes CLVII Liste générale des membres d.^ la Société Royale Malacologique de Belgique au 31 décembre 1 883 CLXVII Mémoires de la Société Royale Malacologique de Belgique, tome XVIII, 1883 , iij Note sur les crochets remarquables de certaines coquilles de lamellibranches, par L. Dollo (pi. III) 14 Séances de la Société : 7 janvier 1883 V Note sur un cas de monstruosité scalaire du planorbis rotundatus, Poiret, par Jules de Guerne. VIII Nomenclature critique du Trophon fl7î^tçwi/5[Neptunea antiqua, L. sp. (Murey)], par Gustave F. Dollfus. XI 4 février 1883 XX Note sur l'histoire naturelle des régions arctiques de l'Europe. — Le Va ranger fjord, par Jules de Guerne XXIÏ Note sur le gpnreiSnn/s/^ém, par A. Craven XXV Note sur des coquilles terrestrf^s et fluvialiles recueillies à Aeltre, par P. Pelseneer XXVII CLXXX TABLE DES MATIERES. 4 mars 1883 XXX Observations de MM. 0. van Erlborn et P. Cogels sur le travail de MM. E. Van deu Broeck et A. Rutot, relatif à leurs levés géolo- giques XXXIII Réponse aux observations faites par MM. van Erlborn et Cogels îi ma note sur leurs levés géologiques, par E. Van den Broeck . . . LXVII 7 avril 1883 LXXIII Encore un mot de réponse aux observations de M. Van don Broeck, par 0. van Erlborn et P. Cogels LXXVll 5 mai 1883 LXXX Mollusques terrestres et fluviaiiles des environs de Maastricht, par C. Ubaghs LXXXIIl 2 juin 1883 LXXXVIIl Excursion de la Société Géologique du Nord à Dunkerque, par P. Cogels LXXXIX Compte-rendu d'une excursion géologique faile à Gand, par A. de Lim- burg-Stirum XCII 1« juillet 1883 (assemblée générale annuelle) ' XCV Rapport du Président. Budget. Fixation des jours et heures des assemblées di la Société. Choix de la localité et de l'époque de l'excursion annuelle de la Société. Proposition du Conseil. Élections. 5 août 1883 XCIX Note sur un gisement boldérien fossilifère à Pellenberg, par D. Raeymaekers CIH 1« septembre 1883 CVI Sur la présence du Ctjtherea spleniida, Mérian, à l'ouest de Louvain, par D. Raeymaekers . CIX 6 octobre 1883 CX Description d'une coupe relevée dans le rupelien inférieur k Atlenrodo- Wever, par D. Rarymaekers CXIII Sur la présence à\xLimnea glabra, MuUer, à Lubbeck, par D. Raey- maekers cxv Études sur la faune littorale de la Belgique. — Mollusques et autres animaux inférieurs recueillis sur la côte belge en 1883, par P. Pelseneer CXVI TABLE DES MATIÈRES CLXXXI 3 novembre 1883 CXXI Sur l'ablation des premiers tours de spire chez le Paludina conlexta, Mûller, par D. Raeymaekers CXXVI 1« décembre 1883 CXXVII Tableau indicatif dos Présidents de la Société depuis sa fondation . . . CLXIX Table générale des matières contenues dans le tome XVIII des Annales de la Société Royale Malacologique de Belgique GLXXIX PLANCHES DU TOME XVm, 1883 DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L06IQUE DE BELGIQUE Planche I. Description d'une huître wemmelienne,suivie d'un coup d'oeil sur la constitu- tion géologique de la colline de Saint-Pierre et sur les alluvions qui forment le substratum de la ville de Gand, par É. Delvaux. — II. Idem. — III. Note sur les crochets remarquables de certaines coquilles de lamellibranches, par L. Dollo. — IV. Observations de MM. 0. van Ertborn et P. Cogels sur le travail de MM. E. Van den Broeck et A. Rutot, relatif à leurs levées géologiques. PLANCHE I. Fig. 1. OsTREA BLANDiNENSis, É. Delvaux, p. 2. Spécimen adulte, des sables wemmeliens h Nummulites ivemmelensis, de la colline Saint-Pierre, à Gand ; bivalve, vu du côté de la valve dorsale, un peu oblique- ment. La figure est au 7/9 de la grandeur naturelle. A? m fie la S'ûc Jioy. A fa lac de Belffi^ue. 7ô/N^.JlWf/SSoj PU m/ z Bdvazzx otel. ZuA. G S'everei^Tis PLANCHE II. Fig, i. OsTREA BLANDINENSIS, É. Delvaux, p. 2, Spécimen adulte, des sables wemmellens à Nummulites wemmelensis, de la colline de Saint-Pierre, h Gand; valve ventrale, vue de profil. La figure est au 7/9 de la grandeur naturelle. 2. Le même, tissu celluleux interlamellaire, grossissement : 20 diamètres. S. Le même, le même tissu, sous un fort grossissement : environ 800 diamètres. Aft/t fk /" Soc. lioi/. Malar r/e /^e/z/u^n ronLeAr//7